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Insécurité à Bunia : Des militaires impliqués dans un meurtre, la justice appelée à sévir
La ville de Bunia demeure profondément marquée par le meurtre d’un motard survenu dans la nuit du dimanche 11 janvier dernier, au quartier Bankoko, dans la commune de Mbunya. Ce drame, d’une rare violence, a ravivé le sentiment d’insécurité au sein de la population, déjà éprouvée par une recrudescence des actes criminels durant la période des fêtes de fin d’année.
Une vague d’arrestations après le drame
Quelques jours après les faits, les services de sécurité ont annoncé l’arrestation d’une dizaine de personnes soupçonnées d’être impliquées, de près ou de loin, dans ce meurtre. Une avancée notable dans l’enquête, saluée avec prudence par les habitants, encore sous le choc.
Des militaires parmi les principaux suspects
Selon le commissaire supérieur Abeli Mwangu, commandant urbain de la Police nationale congolaise (PNC), quatre des personnes interpellées seraient directement impliquées dans l’assassinat. Fait particulièrement troublant, trois d’entre elles sont des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Cette révélation a provoqué une onde d’indignation et de vive inquiétude au sein de l’opinion publique locale.
Recel et complicité : 6 autres suspects interpellés
Parallèlement, six autres personnes ont été arrêtées pour recel dans le cadre de cette même affaire. La police précise que ces interpellations sont le fruit d’opérations de bouclage et de patrouilles ciblées, menées de manière intensive à travers la ville afin de démanteler les réseaux criminels actifs.
Zéro tolérance, quel que soit le statut
Les autorités policières se veulent fermes : les enquêtes se poursuivent afin d’identifier tous les auteurs et complices, sans exception. Pour la PNC, aucune tolérance ne sera accordée, indépendamment du statut social ou professionnel des personnes mises en cause. Tous devront répondre de leurs actes devant la justice.
Un appel à la vigilance citoyenne
Dans ce contexte tendu, le commissaire Abeli Mwangu a lancé un appel pressant à la population de Bunia, l’exhortant à collaborer étroitement avec les forces de l’ordre. La transmission d’informations fiables et utiles est, selon lui, un levier essentiel pour renforcer la sécurité et restaurer durablement la quiétude publique dans la ville.
Verite Johnson
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
