Mémoire
Hommage au Professeur Manda Tchebwa : la RTNC célèbre 75 ans de vie et 55 ans de carrière d’un pilier de la culture congolaise
La Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC) a honoré, le lundi 4 août 2025, le Professeur Antoine Manda Tchebwa, figure emblématique de la culture congolaise, à l’occasion de ses 75 ans et de ses 55 ans de carrière. Cette célébration a réuni d’éminentes personnalités du monde culturel congolais, soulignant l’impact durable de son œuvre.
Un pionnier de la télévision culturelle
Créateur de l’émission culte « Karibu Variétés », lancée en 1972, le Professeur Manda Tchebwa a marqué des générations de téléspectateurs congolais. Cette émission dominicale, devenue une institution, a été un vecteur majeur de la promotion de la musique congolaise, en particulier de la rumba. Aujourd’hui, elle est brillamment animée par Mamie Ilela, qui perpétue l’héritage de son fondateur.
Un engagement pour la préservation du patrimoine
Au-delà de la télévision, le Professeur Manda Tchebwa est un auteur prolifique, avec des ouvrages de référence tels que « Terre de la chanson » et « Rumba Lingala ». Son engagement a été déterminant dans l’inscription de la rumba congolaise au patrimoine immatériel de l’UNESCO. En reconnaissance de ses contributions, il a été élevé au rang de Chevalier dans l’Ordre des Héros Nationaux par le Président Joseph Kabila Kabange.
Une célébration mémorable
L’émission spéciale « Karibu Variétés » du 7 août 2025 promet d’être un moment fort, avec des témoignages et des performances musicales en hommage au Professeur Manda Tchebwa. Parmi les invités attendus figurent Jean-Pierre Eale, General Manager d’African Talent Live, Tino Mwampongo, représentant du CICIBA, et Herman Bangi Bayo, président intérimaire de la Commission Nationale de la Rumba Congolaise.
Cette célébration souligne l’importance de reconnaître et de valoriser les figures qui ont façonné l’identité culturelle de la République Démocratique du Congo.
Barca Horly Fibilulu Mpia/Congoprofond.net
Mémoire
Disparition de Catherine Nzuzi wa Mbombo : une pionnière de la politique congolaise s’en va
La scène politique de la République démocratique du Congo est en deuil. Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est éteinte ce mercredi 18 mars 2026 à Kinshasa, à l’âge de 81 ans. Sa disparition met fin à une vie marquée par un engagement constant au service de l’État, ainsi que par une remarquable carrière politique.
Son ascension au sein de l’appareil d’État zaïrois illustre une carrière construite avec rigueur et ambition. Dès 1967, elle est nommée bourgmestre de la commune de Gombe, cœur administratif et politique de la capitale. Elle occupera par la suite des fonctions de premier plan, notamment comme vice-gouverneure de Kinshasa, avant d’en devenir gouverneure. En 1972, elle est appelée à diriger la province du Kongo-Central, alors connue sous le nom de Bas-Zaïre.
Au fil des années, elle a également participé à l’action gouvernementale, contribuant à la mise en œuvre des politiques publiques à une période charnière de l’histoire nationale.
Née en 1944 à Tshumbe, Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est imposée très tôt comme une figure montante dans les sphères du pouvoir. Dans un contexte politique dominé par les hommes, elle a su tracer son chemin avec détermination, devenant l’une des rares femmes à accéder à de hautes responsabilités sous le régime de Mobutu Sese Seko.
Au-delà de ses fonctions, Catherine Nzuzi wa Mbombo restera dans les mémoires comme une femme de caractère, issue d’une lignée engagée et résolument tournée vers l’action publique. Dans un environnement souvent peu favorable à l’ascension des femmes, elle a su s’imposer avec autorité, ouvrant ainsi la voie à une plus grande participation féminine dans les hautes sphères de décision.
Mère de famille, elle a su conjuguer vie familiale et responsabilités publiques, incarnant un modèle de leadership pour plusieurs générations de Congolaises.
Parallèlement à sa carrière politique, elle s’est distinguée dans le monde des affaires. Elle fait partie de cette génération de femmes congolaises qui ont su allier engagement politique et initiatives économiques, contribuant à redéfinir le rôle de la femme dans la société congolaise moderne.
La disparition de Catherine Nzuzi wa Mbombo est un événement considérable dans la mémoire collective et politique du pays. Elle restera comme l’une des figures emblématiques de son époque, une pionnière dont le parcours continue d’inspirer.
En ce moment de recueillement, la nation congolaise rend hommage à une femme d’exception, dont l’empreinte dans les institutions publiques et dans l’histoire politique nationale demeurera indélébile.
Régis NGUDIE/Congoprofond.net
