Mémoire
Hommage à William Mutakyamirwa Feruzi : Ce Tanzanien qui a marqué l’architecture congolaise
Lors de la 14e édition du Congrès des Architectes d’Afrique tenue à Kinshasa, l’architecte Claudien Mulimilwa a rendu un vibrant hommage à une figure peu connue mais essentielle dans le développement de l’architecture en République Démocratique du Congo : William Mutakyamirwa Feruzi, un Tanzanien d’origine, formé au Soudan.
Arrivé en RDC en 1997 alors qu’il était encore étudiant, il découvre le travail des jeunes architectes congolais et décide de s’y investir pleinement. Il fonde alors le premier bureau d’architecture privé à une époque où la majorité des étudiants congolais travaillaient comme assistants dans des structures étrangères telles que Archiplan. Par son engagement, il a soutenu et financé personnellement la formation de plusieurs architectes congolais, dont certains ont poursuivi leurs études jusqu’au niveau de master.
Avec la collaboration de figures locales comme Nicolas Nzila, il a œuvré pour renforcer les capacités de l’enseignement de l’architecture en RDC. Grâce à cette initiative, le pays, qui ne comptait aucun docteur en architecture après la période coloniale, en compte aujourd’hui 22.
Son fils, Fidelis, était présent pour recevoir cet hommage au nom de la famille. Un appel a également été lancé pour qu’un musée soit érigé en mémoire de cette contribution marquante à l’architecture congolaise.
« Il y a des gestes qui marquent l’histoire au-delà de l’argent, du sang ou des discours. William Mutakyamirwa Feruzi a posé l’un de ces actes. »
Désiré Rex Owamba/CONGOPROFOND.NET
Mémoire
Disparition de Catherine Nzuzi wa Mbombo : une pionnière de la politique congolaise s’en va
La scène politique de la République démocratique du Congo est en deuil. Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est éteinte ce mercredi 18 mars 2026 à Kinshasa, à l’âge de 81 ans. Sa disparition met fin à une vie marquée par un engagement constant au service de l’État, ainsi que par une remarquable carrière politique.
Son ascension au sein de l’appareil d’État zaïrois illustre une carrière construite avec rigueur et ambition. Dès 1967, elle est nommée bourgmestre de la commune de Gombe, cœur administratif et politique de la capitale. Elle occupera par la suite des fonctions de premier plan, notamment comme vice-gouverneure de Kinshasa, avant d’en devenir gouverneure. En 1972, elle est appelée à diriger la province du Kongo-Central, alors connue sous le nom de Bas-Zaïre.
Au fil des années, elle a également participé à l’action gouvernementale, contribuant à la mise en œuvre des politiques publiques à une période charnière de l’histoire nationale.
Née en 1944 à Tshumbe, Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est imposée très tôt comme une figure montante dans les sphères du pouvoir. Dans un contexte politique dominé par les hommes, elle a su tracer son chemin avec détermination, devenant l’une des rares femmes à accéder à de hautes responsabilités sous le régime de Mobutu Sese Seko.
Au-delà de ses fonctions, Catherine Nzuzi wa Mbombo restera dans les mémoires comme une femme de caractère, issue d’une lignée engagée et résolument tournée vers l’action publique. Dans un environnement souvent peu favorable à l’ascension des femmes, elle a su s’imposer avec autorité, ouvrant ainsi la voie à une plus grande participation féminine dans les hautes sphères de décision.
Mère de famille, elle a su conjuguer vie familiale et responsabilités publiques, incarnant un modèle de leadership pour plusieurs générations de Congolaises.
Parallèlement à sa carrière politique, elle s’est distinguée dans le monde des affaires. Elle fait partie de cette génération de femmes congolaises qui ont su allier engagement politique et initiatives économiques, contribuant à redéfinir le rôle de la femme dans la société congolaise moderne.
La disparition de Catherine Nzuzi wa Mbombo est un événement considérable dans la mémoire collective et politique du pays. Elle restera comme l’une des figures emblématiques de son époque, une pionnière dont le parcours continue d’inspirer.
En ce moment de recueillement, la nation congolaise rend hommage à une femme d’exception, dont l’empreinte dans les institutions publiques et dans l’histoire politique nationale demeurera indélébile.
Régis NGUDIE/Congoprofond.net
