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Mémoire

Appel au respect des dernières volontés de l’abbé Onésime Muyembe : les intellectuels Teke interpellent l’église catholique

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Les Intellectuels Teke, soutenus par plusieurs populations originaires des provinces du Kwilu, du Maï-Ndombe et de Kinshasa, en appellent à l’Église catholique en particulier au diocèse de Kenge pour que soient respectées les dernières volontés de feu Monsieur l’abbé Onésime Muyembe Muzi , décédé le 5 août 2025 au Foyer Saint-François, à Namur (Belgique).

Par la voix de M. Tubudi, qui se présente comme « procureur général près la Cour de la Population », les membres de cette communauté demandent que le défunt soit inhumé dans sa terre natale de Bandundu, dans la province du Kwilu, et non à Kenge, comme l’envisagerait actuellement le diocèse.

Une volonté claire du défunt

Né à Famondo en mars 1957, l’abbé Onésime MUYEMBE a consacré sa vie au service de l’Église catholique, notamment au sein du diocèse de Kenge, où il occupa d’importantes fonctions pastorales. En 2014, il fut envoyé en mission fidei donum dans le diocèse de Namur (Belgique), où il servit fidèlement jusqu’à son décès à l’âge de 67 ans.

Selon M. Tubudi, le défunt aurait clairement exprimé son souhait d’être enterré à Bandundu, une volonté consignée dans ses dispositions personnelles. Ne pas en tenir compte constituerait, selon lui, une faute grave, tant sur le plan humain que pastoral, surtout dans un contexte déjà empreint de tensions.

Un contexte ethnique sensible

Cet appel des Intellectuels Teke intervient dans un climat marqué par des tensions interethniques persistantes entre les communautés Teke et Yaka dans certaines zones du Maï-Ndombe, du Plateau de Kinshasa et du Kwilu. Organiser les obsèques de l’abbé MUYEMBE à Kenge pourrait, selon les signataires, raviver les divisions et compromettre la paix sociale.

« Au-delà des considérations religieuses, il s’agit de respecter la dignité d’un homme, son attachement à ses racines, et de préserver l’harmonie au sein de notre peuple », a déclaré M. Tubudi.

Les révélations d’un membre de la famille

Un proche du défunt s’est également exprimé en ces termes :

«  Je suis son neveu. Au nom de la famille, je vous informe que, de son vivant, il a clairement indiqué qu’il devait être enterré à Bandundu, sa terre natale, et non dans une terre qu’il considérait comme hostile. Certes, il a été prêtre, mais il reste Teke et ne peut être inhumé ailleurs. Il nous a interdit d’y aller ; son corps non plus ne doit y être conduit. La famille mettra tout en œuvre pour empêcher cette supercherie. Toute la communauté de Bandundu doit savoir que ce programme a été élaboré à l’insu de la famille. Nous sommes surpris et considérons cela comme un acte de trahison. »

Un appel solennel à l’Église catholique

Par la voix retentissante de M. Tubudi, les Intellectuels Teke lancent un appel solennel à Monseigneur Jean-Pierre Kwambamba, évêque du diocèse de Kenge, afin qu’il reconsidère le lieu initialement prévu pour les funérailles, dans un esprit de respect et de justice.

Ils sollicitent également l’intervention du Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, afin de favoriser un dénouement pacifique et respectueux de la mémoire de l’abbé MUYEMBE.

En définitive, les signataires de cet appel estiment que le respect des dernières volontés du défunt doit prévaloir sur toute autre considération institutionnelle ou ecclésiale. Pour eux, honorer l’abbé Onésime MUYEMBE, c’est respecter sa parole, jusqu’au bout.

Barca Horly Fibilulu Mpia/Congoprofond.net

Mémoire

Disparition de Catherine Nzuzi wa Mbombo : une pionnière de la politique congolaise s’en va

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La scène politique de la République démocratique du Congo est en deuil. Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est éteinte ce mercredi 18 mars 2026 à Kinshasa, à l’âge de 81 ans. Sa disparition met fin à une vie marquée par un engagement constant au service de l’État, ainsi que par une remarquable carrière politique.

Son ascension au sein de l’appareil d’État zaïrois illustre une carrière construite avec rigueur et ambition. Dès 1967, elle est nommée bourgmestre de la commune de Gombe, cœur administratif et politique de la capitale. Elle occupera par la suite des fonctions de premier plan, notamment comme vice-gouverneure de Kinshasa, avant d’en devenir gouverneure. En 1972, elle est appelée à diriger la province du Kongo-Central, alors connue sous le nom de Bas-Zaïre.

Au fil des années, elle a également participé à l’action gouvernementale, contribuant à la mise en œuvre des politiques publiques à une période charnière de l’histoire nationale.

Née en 1944 à Tshumbe, Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est imposée très tôt comme une figure montante dans les sphères du pouvoir. Dans un contexte politique dominé par les hommes, elle a su tracer son chemin avec détermination, devenant l’une des rares femmes à accéder à de hautes responsabilités sous le régime de Mobutu Sese Seko.

Au-delà de ses fonctions, Catherine Nzuzi wa Mbombo restera dans les mémoires comme une femme de caractère, issue d’une lignée engagée et résolument tournée vers l’action publique. Dans un environnement souvent peu favorable à l’ascension des femmes, elle a su s’imposer avec autorité, ouvrant ainsi la voie à une plus grande participation féminine dans les hautes sphères de décision.

Mère de famille, elle a su conjuguer vie familiale et responsabilités publiques, incarnant un modèle de leadership pour plusieurs générations de Congolaises.

Parallèlement à sa carrière politique, elle s’est distinguée dans le monde des affaires. Elle fait partie de cette génération de femmes congolaises qui ont su allier engagement politique et initiatives économiques, contribuant à redéfinir le rôle de la femme dans la société congolaise moderne.

La disparition de Catherine Nzuzi wa Mbombo est un événement considérable dans la mémoire collective et politique du pays. Elle restera comme l’une des figures emblématiques de son époque, une pionnière dont le parcours continue d’inspirer.

En ce moment de recueillement, la nation congolaise rend hommage à une femme d’exception, dont l’empreinte dans les institutions publiques et dans l’histoire politique nationale demeurera indélébile.

Régis NGUDIE/Congoprofond.net

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