Politique
Hervé Diakese critique vivement la décision du Président Tshisekedi de maintenir le gouvernement démissionnaire en République démocratique du Congo
Réaction d’Hervé Diakese le 21 février concernant la demande du président relative à la poursuite des affaires courantes malgré la situation sécuritaire actuelle en République démocratique du Congo : « Félix Tshisekedi a intentionnellement violé la constitution en exigeant du gouvernement démissionnaire d’expédier les affaires courantes. »
Dans une déclaration publique, Hervé Diakese, le porte-parole d’Ensemble pour la République, a vivement critiqué la décision du président Félix Tshisekedi de maintenir le gouvernement démissionnaire en poste afin d’assurer la continuité des affaires courantes malgré la situation sécuritaire précaire en République démocratique du Congo. Selon Diakese, cette décision constitue une violation flagrante de la constitution et soulève des questions sur l’intégrité de la République.
« Le Président de la République vient de violer intentionnellement la constitution. Il n’a pas le droit, dans le cadre de ses prérogatives, de maintenir dans l’exécutif des personnes qui sont en situation d’incompatibilité et qui cumulent des fonctions », a déclaré Diakese. « La seule chose qu’il aurait dû faire, c’est prendre acte de leur démission et permettre à ces ministres d’exercer leurs fonctions de députés. C’est une grave erreur qui jette l’opprobre sur la République. »
Diakese a également remis en question le raisonnement du président Tshisekedi en ce qui concerne la situation exceptionnelle en cours dans certaines parties du pays, notamment dans la région de l’Est, où l’état de siège est en vigueur. Selon lui, si la situation est réellement exceptionnelle, pourquoi les ministres concernés se sont-ils engagés dans des activités de campagne électorale au lieu de se consacrer à leurs responsabilités gouvernementales ? Diakese a souligné que ces ministres ne devraient pas être les seules personnes aptes à occuper des fonctions exécutives dans le pays.
« Ce raisonnement ne tient pas debout. En cas de situations exceptionnelles, la Constitution prévoit déjà des mécanismes tels que l’état de siège ou l’état d’urgence. Dans la partie Est du pays, nous sommes actuellement en état de siège. Si cette situation était exceptionnelle, pourquoi ces ministres sont-ils partis en campagne électorale pour se faire élire ? Cela signifie-t-il que seules ces personnes sont aptes à exercer des fonctions exécutives dans ce pays ? Et si elles venaient à décéder, irons-nous les ressusciter ?« , a-t-il ajouté.
La déclaration d’Hervé Diakese met en évidence les tensions politiques croissantes en République démocratique du Congo, alors que le président Tshisekedi cherche à maintenir la stabilité politique tout en faisant face à des défis sécuritaires majeurs. Les critiques de Diakese soulignent les préoccupations concernant le respect de la constitution et l’intégrité des institutions démocratiques du pays.
Monica Mubanji/CONGOPROFOND.NET
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
