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Politique

Expédition des affaires courantes par le gouvernement démissionnaire : Maître Nico Meyengele demande la démission de Tshisekedi pour « haute trahison »

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Dans une tribune politico-juridique percutante, Maître Nico Mayengele critique vivement la décision du Président Félix Tshisekedi d’autoriser le Premier Ministre SAMA et les membres de son gouvernement démissionnaire à expédier les affaires courantes en République démocratique du Congo (RDC). Selon lui, cette décision constitue une violation délibérée de la Constitution et une ignorance flagrante de l’histoire politique du pays.

Maître Mayengele met en avant l’arrêt R.Const. 2139 de la Cour constitutionnelle qui traite des incompatibilités entre la fonction exécutive et le mandat électif. Il souligne que cette décision de la Cour constitutionnelle, ainsi que les articles 110 al. 2 et 3, 97 de la Constitution et les articles 77 et 78 de la Loi électorale, interdisent clairement aux membres du gouvernement démissionnaire d’exercer simultanément un mandat électif.

L’avocat rappelle un précédent en 2012 lors de la guerre du M23, où le Premier Ministre démissionnaire Muzito avait été remplacé par Louis-Alphonse KOYAGIALO en tant que 1er Ministre intérimaire pour expédier les affaires courantes. Dans ce cas, les membres du gouvernement démissionnaire avaient renoncé à leur mandat électif. Maître Mayengele souligne que les mêmes causes devraient produire les mêmes effets sous l’administration de Félix Tshisekedi.

En critiquant l’attitude du Président Tshisekedi, Maître Mayengele le compare au Roi Louis XIV qui se déclarait « L’État c’est moi ». Selon l’avocat, en violant délibérément la Constitution, le Président Tshisekedi commet un crime de haute trahison. Il estime que la démission du Président est impérative pour permettre des poursuites pénales conformément à la Constitution.

En conclusion, Maître Nico Mayengele affirme que les ministres cumulards doivent renoncer à leur mandat électif, conformément à la Loi électorale. Sa tribune politico-juridique met en lumière les préoccupations entourant la décision du gouvernement démissionnaire d’expédier les affaires courantes et appelle à des actions pour préserver l’État de droit en République démocratique du Congo.

Désiré Rex Owamba /CONGOPROFOND.NET

À la Une

RDC : Entre corps abandonnés et nouvelles alertes des ADF, Mambasa s’enfonce dans la crise

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Alors que 17 corps découverts depuis le 23 mai dans le territoire de Mambasa n’ont toujours pas été inhumés, de nouvelles alertes sécuritaires alimentent la psychose au sein de la population.

 L’ONGDH Protection Plus dénonce une détérioration continue de la situation et appelle les autorités à agir face à la menace persistante des rebelles ADF.

Le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, continue de faire face à une crise sécuritaire et humanitaire préoccupante. Entre les attaques répétées attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), les déplacements de populations et le sort réservé aux victimes, les inquiétudes grandissent au sein des communautés locales.

L’Organisation non gouvernementale de défense des droits humains (ONGDH) Protection Plus a exprimé sa vive indignation face à la situation de dix-sept corps découverts le 23 mai 2026 au village Kidini, dans la cellule Mongalyema, groupement Andifele, en chefferie des Walese-Karo. Plus de 2 semaines après leur découverte, ces dépouilles n’ont toujours pas été inhumées.

Selon l’organisation, ce retard constitue une atteinte grave à la dignité humaine et reflète l’ampleur de la crise qui frappe cette partie de l’Ituri. Les victimes auraient perdu la vie lors d’une attaque attribuée aux ADF.

Pour Protection Plus, l’absence de sépulture prolonge la souffrance des familles endeuillées et accentue le traumatisme d’une population déjà durement affectée par les violences armées.

« Toute personne décédée, quelles que soient les circonstances de sa mort, a droit à une inhumation digne, respectueuse et sécurisée, conformément aux principes fondamentaux des droits humains. Le respect des morts est un devoir fondamental de toute société civilisée », a déclaré Maître John Vuleveryo Musombolwa, responsable de l’organisation.

L’ONG appelle les autorités compétentes à organiser sans délai des funérailles dignes et sécurisées pour les victimes, tout en assurant la protection des sites concernés afin de préserver l’intégrité des dépouilles.

Cette situation intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des violences dans le territoire de Mambasa. Il y a quelques jours, des éléments présumés ADF ont attaqué le village Makwangi, situé dans le groupement Bayaku, en chefferie des Babila-Bakwanga. Selon des sources locales relayées par Protection Plus, quatre personnes ont été tuées lors de cette attaque.

Plusieurs boutiques ont été pillées et des habitants enlevés par les assaillants.

Face à cette nouvelle tragédie, l’organisation a dénoncé un regain d’insécurité qui plonge la population dans la peur. Elle appelle à un renforcement des opérations militaires afin d’assurer une protection durable des civils.

Comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle alerte a été signalée dans la soirée du mardi 9 juin 2026. Dans une communication adressée à la rédaction de CongoProfond.net à 19h12, Protection Plus a fait état de plusieurs coups de feu entendus au village Babungwe, dans le groupement et la chefferie des Babila-Bakwanga, au PK 38 sur la Route nationale numéro 44 reliant Mambasa à Bunia.

Selon l’organisation, ces détonations ont provoqué une vive panique au sein de la population, occasionnant des déplacements de plusieurs familles au cours de la nuit. Bien qu’aucune attaque n’ait été officiellement confirmée au moment de l’alerte, la population redoute une nouvelle incursion des combattants ADF dans cette zone.

« Il y a seulement deux jours, nous dénoncions déjà une attaque dans le village Makwangi sur le même axe routier. Aujourd’hui encore, des coups de feu sont signalés à seulement 38 kilomètres de Mambasa. Cette situation est extrêmement préoccupante », a alerté John Vuleveryo Musombolwa.

Pour le défenseur des droits humains, la multiplication de ces incidents démontre l’urgence d’une réponse efficace des autorités sécuritaires. Il estime que la présence des ADF dans cette région constitue une menace permanente pour les populations civiles.

Protection Plus appelle ainsi les autorités administratives, militaires et sécuritaires à prendre des mesures urgentes afin de sécuriser l’axe Mambasa-Bunia et les localités environnantes. L’organisation rappelle que les habitants de Mambasa ne peuvent continuer à subir simultanément les massacres, les enlèvements, les déplacements forcés et l’abandon des victimes.

Pour l’ONG, seule une action rapide et coordonnée permettra de restaurer la sécurité, préserver la dignité humaine et redonner espoir à des populations confrontées depuis plusieurs années aux conséquences des violences armées.

Junior Kasamba/Congoprofond.net

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