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HCR-RDC: Les journalistes sensibilisés sur la lutte contre l’apatridie
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés a tenu son deuxième Déjeuner de presse de l’année, ce mercredi 04 mai au Pullman Hôtel, à Kinshasa. Plusieurs journalistes oeuvrant à partir de la capitale ont été conviés à cette activité.
Avec la collaboration du Comité technique interinstitutionnel de lutte contre l’apatridie (CTLA), le HCR a sensibilisé les journalistes sur la lutte contre l’apatridie.
D’entrée de jeu, l’assistant au chargé de relations publiques du HCR, Simon Lubuku Engelbert, modérateur de l’atelier, a rappelé que le déjeuner de presse a été institué en vue d’informer la presse sur l’action ou le mandat du HCR et conçu pour la mise à niveau des journalistes et des médias avec lesquels il travaille sur terrain.
Deux exposés ont été donnés. Le premier, par Deo Bitakuya Kamanda, chargé de protection au HCR. Il a entretenu les professionnels des médias des généralités sur l’apatridie et le mandat du HCR en République démocratique du Congo. Il a notamment fait savoir que « le HCR accompagne les Etats dans le cadre de l’identification, la prévention, la réduction de l’apatridie et la protection des apatrides ». Il a fait remarquer que l’administration officielle de la RDC n’accorde pas assez d’attention à la gestion de l’identité des citoyens, ce qui expose les Congolais aux risques d’apatridie.
Dans son exposé intitulé « lutte contre l’apatridie en RDC », Chritian Makambu, expert du ministère de la Justice et chargé des opérations et protection au sein du CTLA, a renseigné les journalistes des notions sur la nationalité et la problématique de l’identité des Congolais. Se fondant sur la loi n°04/024 du 12 novembre 2004 relative à la nationalité congolaise, il a dit que « la nationalité est le droit d’avoir des droits ». En long, « c’est un lien unissant un individu à un Etat et sur lequel se fondent des obligations ».
L’expert du CTLA a surtout parlé des péripéties que connaît l’identité (nationalité) congolaise depuis l’époque leopoldienne (inscription au registre) jusqu’en 2021, la carte d’identité du citoyen congolais a connu des variations (1917-1935, livret d’identité ; 1960-1995: certificat d’identité et attestation d’immatriculation puis carte pour citoyen zaïrois ; 2006: carte d’électeur tenant lieu de carte d’identité provisoire…) au point qu’à partir de 2021 donc, chaque Congolais a son document d’identité (pour prouver leur identité congolaise, certains exhibent la carte d’électeur de 2017, les autres présentent le passeport, d’autres encore se déplacent avec le permis de conduire).
Heureusement donc, le HCR aide l’État à l’amélioration des connaissances sur les questions d’apatridie et fournit les conseils techniques à l’Etat dans l’élaboration des lois sur la nationalité.
Ce déjeuner de presse a été l’occasion pour les journalistes d’accompagner désormais les institutions officielles, en vue d’aider les Congolais à adopter un nouveau comportement sur l’identité pour éviter au maximum de s’exposer à l’apatridie.
Emile YIMBU/CONGOPROFOND.NET
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Micheline Ombae Kalama en première ligne : Offensive immédiate contre les VBG au Kasaï-Central
À peine arrivée ce lundi 20 avril à Kananga, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, n’a accordé aucun répit à son agenda. Animée par une détermination manifeste, elle s’est rendue directement au Centre de formation des policiers et policières pour lancer une action forte de sensibilisation contre les Violences Basées sur le Genre (VBG).
Ce choix stratégique, loin d’être anodin, traduit sa volonté de placer les forces de l’ordre au cœur du dispositif de lutte et de protection des victimes.

Une campagne d’envergure soutenue par la coopération internationale
Cette descente de terrain s’inscrit dans une vaste campagne communautaire visant à prévenir les VBG, renforcer la protection des survivants et améliorer leur accès aux services de prise en charge. Ce programme bénéficie de l’appui financier de KOICA, témoignant de l’engagement des partenaires internationaux aux côtés de la RDC.
À travers cette initiative, la ministre entend non seulement sensibiliser, mais aussi provoquer un changement de comportement durable au sein des communautés.
Un appel ferme à une réponse coordonnée

Face à un auditoire composé d’hommes et de femmes en uniforme, Micheline Ombae Kalama a insisté sur l’urgence d’une mobilisation collective. Elle a rappelé que la lutte contre les VBG exige une réponse coordonnée impliquant tous les acteurs de la chaîne de protection.
Son message est clair : briser le silence, renforcer les mécanismes de dénonciation et garantir une prise en charge efficace des victimes.
Les CISM, piliers de la prise en charge des survivants

La ministre a particulièrement mis en lumière le rôle central des Centres Intégrés de Services Multi-sectoriels (CISM), véritables socles de la stratégie nationale. Ces structures offrent gratuitement une prise en charge holistique aux survivants, incluant :
– des soins médicaux d’urgence,
– un accompagnement psychologique,
– une assistance juridique,
– et des mesures de réinsertion socio-économique.
Pour la ministre, la vulgarisation de ces services est essentielle afin que chaque victime sache où trouver aide et protection.
Les forces de l’ordre, maillon clé de la protection

En choisissant le centre de formation de la police comme point de départ, Micheline Ombae Kalama envoie un signal fort : les policiers et policières doivent être les premiers remparts contre les VBG.
« La lutte contre les VBG ne peut réussir sans une implication totale de ceux qui portent l’uniforme. Vous devez être le rempart des vulnérables et les premiers guides vers les CISM », a-t-elle déclaré.
Le Kasaï-Central au cœur des priorités gouvernementales

Cette mission marque le lancement d’une série d’activités intensives dans le Kasaï-Central, une province où les enjeux liés aux droits des femmes et des enfants restent particulièrement préoccupants.
Par cette action rapide et ciblée, Micheline Ombae Kalama affirme son leadership et sa volonté d’inscrire la lutte contre les VBG parmi les priorités urgentes du gouvernement.
Tyson Mukendi/CONGOPROFOND.NET
