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Guerre d’agression : 90 jours d’occupation de Goma, Véranda Mutsanga appelle à une marche de soutien ce samedi à Butembo
La Véranda Mutsanga prévoit une marche pacifique ce samedi 26 avril 2025 à Butembo, à l’occasion des 90 jours d’occupation de la ville de Goma, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. C’est Tembos Yotama, leader de ce groupe de pression, qui l’a annoncé ce mercredi 23 avril 2025 lors d’un point de presse. Selon lui, cette manifestation vise à dénoncer la prise de la ville touristique par les ennemis de la paix et à pousser le gouvernement à la reconquérir, ainsi que toutes les autres zones occupées, pour épargner la population du calvaire qu’elle endure.
« Nous organisons une manifestation pour le samedi 26 avril 2025. On se souviendra que c’est le 26 janvier 2025 que la ville de Goma est tombée entre les griffes des agresseurs, des occupants rwandais sous la casquette du M23. À ce titre, nous appelons à une mobilisation populaire, une marche pacifique dont l’objectif est de dire que les populations de Goma, Bukavu et d’ailleurs, sous occupation du M23/AFC-RDF, ne méritent pas cette souffrance qu’elles endurent jour et nuit (…). Cela fera 90 jours ce 26 avril que la population de Goma traverse un calvaire indescriptible », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, cet ancien député national a indiqué qu’à travers cette activité citoyenne, les manifestants souhaitent obtenir :
- Le retour de la sécurité à Goma et dans les autres zones affectées ;
- La libération, par grâce présidentielle, de tous les Congolais arrêtés, y compris par l’ancien gouvernement, notamment les Maï-Maï dans les régions de Beni-Butembo, accusés de complicité avec les rebelles, afin qu’ils puissent rejoindre les forces loyalistes sur la ligne de front ;
- Et enfin, que seuls les Congolais défendent leur territoire. On ne peut continuer à dépendre des armées étrangères comme l’UPDF, même si elle a contribué à freiner l’avancée du M23 vers le Grand Nord. Jusqu’à quand ? Il est temps de redynamiser le programme de formation de la Réserve de la Défense Armée (RAD).
Tembos Yotama précise que toutes les personnes de bonne volonté sont invitées à se joindre aux membres de la Véranda Mutsanga, du COVSMAE et d’autres structures pour cette marche. Les activités socio-économiques se dérouleront normalement à Butembo : il ne s’agit pas d’une journée ville morte. Le rendez-vous est fixé à 8h au rond-point Njiapanda (sortie sud de la ville), point de départ de la marche qui se dirigera vers la mairie pour la lecture et le dépôt d’un mémorandum. La marche s’achèvera au bureau du Collectif des Victimes Survivantes des Massacres de l’Est (COVSMAE), apprend-on.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND
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Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »
Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.
À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.
« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».
Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.
Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
