Actualité
Gouvernement Suminwa 2 : Ève Bazaiba quitte l’Environnement, Marie Nyange Ndambo prend les rênes (Portrait)
Après près de quatre ans à la tête du ministère de l’Environnement et Développement durable, Ève Bazaiba Masudi cède sa place à la professeure Marie Nyange Ndambo. Selon l’ordonnance présidentielle lue sur la RTNC dans la nuit du jeudi au vendredi 8 août 2025, Ève Bazaiba est nommée Ministre d’État, ministre des Affaires sociales et Solidarité nationale.
Si le portefeuille, désormais baptisé Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, n’a plus le rang de vice-primature ou de ministère d’État, il s’enrichit néanmoins de nouvelles prérogatives. À ce poste stratégique, Marie Nyange Ndambo sera épaulée par l’ex-sénatrice et présidente de la commission Environnement, Développement durable, Ressources naturelles et Tourisme du Sénat.
Quatre ans après avoir siégé au Conseil d’administration de la Banque Centrale du Congo (BCC), cette experte en économie et foresterie prend les commandes d’un secteur crucial, avec pour mission de concrétiser les ambitions écologiques du pays et de répondre aux attentes pressantes de la société civile environnementale. Transparence, rigueur, justice climatique et respect des droits des communautés locales figurent parmi les priorités qui l’attendent.
Qui est Marie Nyange Ndambo ?
Titulaire d’un doctorat en économie (Université de Kinshasa) et en foresterie (Université Laval, Canada), Marie Nyange Ndambo est professeure à l’Université de Kinshasa et chercheuse affiliée à l’Université Laval. Auteure de nombreux travaux scientifiques, elle est membre de plusieurs réseaux de recherche internationaux et a travaillé comme experte auprès de l’OIT, d’Enabel et de la Coopération canadienne. Forte de plus de 20 ans d’expérience, elle s’est imposée comme une référence en matière de développement économique, agricole et forestier en Afrique centrale.
En route pour la COP30
Sous son mandat, Marie Nyange Ndambo conduira la délégation congolaise à la COP30, prévue du 10 au 21 novembre 2025 à Belém, au Brésil. Elle héritera de la feuille de route tracée par Ève Bazaiba, dont l’axe majeur reste la création à Kinshasa du Centre régional d’excellence du marché carbone, une initiative phare visant à positionner la RDC comme leader en Afrique centrale sur la réduction des émissions et l’accès aux financements climatiques.
Avec ce passage de témoin, le ministère entre dans une nouvelle ère où les enjeux climatiques et économiques devront se conjuguer pour servir à la fois la planète et les communautés congolaises.
Dorcas Mwavita/Congoprofond.net
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
