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Gestion de l’environnement à Kinshasa : Avec l’accompagnement de la BRACONGO, ETEC lance l’appli ECOKI
L’asbl Etec (Entre Terre et Ciel) a procédé, ce vendredi 10 juin au lancement d’une application mobile dénommée « Ecoki ». C’était à l’occasion d’un atelier d’échange et de réflexion que son département Environnement a organisé en marge de la célébration de la journée de l’environnement.
Ce nom, ayant une connotation lingala, est plutôt un acronyme de Écologie Kinshasa.

Selon mademoiselle Bonita Nginamau, chef de projet Etec-environnement qui a procédé à sa présentation, « Ecoki » est un outil de gestion conçu pour assister les utilisateurs dans la gestion des déchets et ayant pour vocation la transformation des ordures en de l’or dur. Ecoki, à titre d’exemple, permet d’identifier les collecteurs agréés, les recycleurs, etc. Il va sans dire que les collecteurs des ordures habituels qui ramassent les déchets auprès des ménages de Kinshasa les jettent dans les rues et ces ordures reviennent encore dans les ménages. « Avec cette appli, les utilisateurs disposent désormais d’une base des données de collecteurs officiels qui ont une destination reconnue… », a commenté Bonita.
Etec-environnement bénéficie d’un appui considérable de la BRACONGO pour réaliser son rêve.

Selon Joseph Sekabo, chargé de communication interne, institutionnelle et RSE de BRACONGO, l’accompagnement de son entreprise s’inscrit dans le cadre de sa politique de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) axée sur la protection de l’environnement. Cela, au regard de l’importance d’assurer une vie durable aux habitants de Kinshasa, que revêt la problématique de la gestion des déchets dans cette mégapole.
Joseph Sekabo a aussi confié à CONGOPROFOND.NET que Bracongo reste ouverte à toutes les initiatives ou des solutions innovantes visant à contribuer à l’assainissement de la ville de Kinshasa.
Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
