Actualité
Genre : domestication de la résolution 1325 et des ODD 5 et 16, le mouvement RSLF et députés nationaux peaufinent des stratégies
Le mouvement «Rien Sans Les Femmes» (RSLF), a organisé, le mardi 28 décembre 2021, à l’hôtel Memling à Kinshasa, une réunion de dialogue impliquant une trentaine des députés nationaux et autres membres des organisations de la société civile congolaise (OSC). Tenue dans le cadre du projet «Tufaulu Pamoja », cette réunion a eu pour but de mettre en place des stratégies idoines afin de suivre et influencer la domestication des engagements de la République démocratique du Congo (RDC) autour de la Résolution 1325 (R1325) du Conseil de sécurité des Nations Unies et des Objectifs du développent durable (ODD) 5 et 16.
Selon Faïda Mwangilua, consultante en Genre et modératrice de la réunion, l’activité a visé plusieurs objectifs, entre autres, contribuer à accroitre la participation des femmes dans les instances de prise de décision et à consolider la paix durable en RDC.
Trois expertes en Genre ont présenté aux participants la vue d’ensemble de la R1325 et ses résolutions connexes, les ODD 5 et 16 et le rapprochement entre les deux instruments juridiques internationaux et la connaissance de la R1325, des ODD 5 et 16 pour bien peaufiner les stratégies.
Annie Kenda, consultante en Genre et responsable du secrétariat technique de la R1325 au ministère du Genre, Famille et Enfant, a ouvert et clôturé l’activité. Elle a représenté la secrétaire général du ministère du Genre empêchée. Elle a fait savoir que la R1325 a été adoptée en octobre 2000 par 193 pays membres de l’ONU et a connu l’adhésion de la RDC en 2002.

Selon elle, la R1325 contient quatre piliers, à savoir, la prévention, la protection, la participation et la reconstruction. De manière succincte, le pilier prévention, renferme le mécanisme d’intervention pour éviter en amont des conflits, la protection met l’accent sur les textes qui doivent être connus par tous pour permettre une porte de sortie en cas de problème, la participation renvoie à la représentation des femmes dans les instances de prise de décision et la reconstruction ou rétablissement du travail sur la cause de la paix.
Pour ce qui est des ODD 5 et 16, l’experte en Genre, Madeleine Andeka, a commencé par brosser l’historique de tous les 17 ODD adoptés par l’Assemblée générale de l’ONU. Elle a informé que la RDC est co-auteur des ODD pour avoir versé dans le lot, 14 objectifs. Et ces objectifs renforcent la paix, favorisent la prospérité ou encore prévoient d’éradiquer la pauvreté ou de lutter contre les inégalités.

Spécifiquement, l’ODD 5 se focalise sur l’égalité de sexe, l’autonomisation des femmes et jeunes filles, la participation des femmes dans les instances de prise de décision. Et l’ODD 16 fait la promotion d’une société pacifique, de l’État de droit et de l’accès à la justice. Pour elle, appliquer les ODD 5 et 16, est une manière forte de déconstruire le modèle d’une société inégalitaire.
Interrogée au sortir de la réunion, Dominique Munongo, députée nationale élue de Lubudi dans le Lualaba et membre de la commission Genre à l’Assemblée nationale, a souligné que la vulgarisation ou la restitution de la R1325 et des ODD 5 et 16, doit d’abord commencer par la commission Genre de la chambre basse du Parlement pour une vraie appropriation et mobilisation. Et elle a par la suite proposé aux différents services des ministères concernés d’identifier correctement les besoins réels qu’il faut pour que l’autorité budgétaire dote les ministères du Genre, Famille et Enfant, et du Plan, des moyens conséquents pour leur permettre de passer à la vitesse supérieure dans l’applicabilité de la R1325 et les ODD 5 et 16.
Cette réunion de dialogue national a connu aussi la participation de la représentante de la ministre près le président de la République, et des différents points focaux du mouvement RSLF venus des provinces du Tanganyika, Lualaba, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Katanga, et naturellement de la ville province de Kinshasa.
Petit Ben Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Vidéo de violences à Kinshasa : une affaire liée à la chanteuse Rebo Tchulo pousse la Justice à ouvrir une enquête
Une enquête judiciaire a été ouverte en République démocratique du Congo après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant des actes présumés de violences perpétrés par des individus, dont certains en uniforme, dans la commune de Ngaliema, à Kinshasa, selon un communiqué du ministère de la Justice consulté lundi.
D’après ce document, le Ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a été saisi le 19 avril par un lanceur d’alerte ayant transmis une vidéo des faits. Ces violences se seraient produites dans la nuit du 18 au 19 avril, aux environs de 4 heures du matin, au quartier Pigeon.
Cette séquence, largement relayée en ligne, est au cœur d’une controverse impliquant la chanteuse congolaise Rebo Tchulo, bien qu’aucune implication officielle n’ait été confirmée à ce stade. Plusieurs versions circulent quant aux circonstances de l’incident. Certaines sources évoquent un présumé vol d’argent, tandis que d’autres parlent d’un différend lié à des biens de valeur. Ces allégations restent, pour l’heure, non vérifiées.

Sans préjuger des responsabilités, le communiqué souligne que, si les faits sont établis, ils pourraient constituer des infractions d’une particulière gravité, notamment des actes de torture, des coups et blessures volontaires, ainsi que des incitations de militaires à commettre des actes contraires à la loi.
Le ministère rappelle également que de tels agissements constitueraient une violation des principes consacrés par la Constitution de la République démocratique du Congo, en particulier ceux relatifs au respect de la dignité humaine, à l’intégrité physique et à l’interdiction absolue de la torture, ainsi que des engagements internationaux du pays, notamment la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
En conséquence, le Ministre d’État a donné injonction à l’Auditeur général des Forces armées de la RDC (FARDC) d’ouvrir une enquête en vue d’établir les faits, d’identifier les auteurs et de les traduire devant les juridictions compétentes.
Dorcas Ntumba
