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Garamba retrouve ses géants : 24 rhinocéros blancs réintroduits en RDC grâce à Barrick Goldmine
De la parole aux actes, Barrick Mining Corporation vient de poser un geste fort en lançant la deuxième phase de réintroduction des rhinocéros blancs dans le Parc national de la Garamba, situé dans la province du Haut-Uélé. Une avancée majeure dans la restauration d’un écosystème longtemps meurtri par les conflits et le braconnage.

La journée du mardi 9 décembre 2025 restera gravée dans les mémoires. Dès les premières heures, un ballet inhabituel d’avions a animé le ciel de Garamba. À leur bord, des rhinocéros venus d’Afrique du Sud, solidement installés dans des caissons en bois spécialement conçus pour garantir leur confort et leur sécurité durant le vol.
À l’atterrissage sur la piste de Nagero, site touristique et quartier général du Parc, l’émotion était palpable. Les équipes techniques, les écogardes, les partenaires internationaux et plusieurs témoins privilégiés ont assisté à l’acheminement de ces imposants pachydermes vers leur enclos d’accueil, situé non loin du camp principal.

Dans un moment chargé d’espoir, les cages ont été ouvertes. Les rhinocéros, d’abord prudents, ont retrouvé la liberté et humé pour la première fois depuis longtemps l’air frais de la RDC. Une scène symbolique qui matérialise l’exécution à pas de géant de l’agenda environnemental de Barrick dans le pays.
Au total, 24 rhinocéros blancs ont été réintroduits avec succès. Une renaissance pour Garamba, un parc qui fut, pendant des années, la cible d’opérations de braconnage orchestrées par des groupes armés opérant depuis la Centrafrique et le Soudan.

Avec ce programme ambitieux, Barrick contribue à restaurer un pan essentiel du patrimoine naturel congolais et à redonner espoir à une espèce presque disparue du territoire. Cette initiative redore également le blason touristique de la RDC, autrefois réputée pour la richesse de sa mégafaune, dont le majestueux rhinocéros blanc constituait l’un des symboles les plus admirés.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
