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Butembo : 174 771 enfants (0-59 mois) ciblés pour la campagne anti-polio
La première phase de la campagne de vaccination contre la poliomyélite a été lancée mercredi à Butembo, dans la province du Nord-Kivu, avec une cible de 174 771 enfants âgés de 0 à 59 mois.
La cérémonie de lancement s’est déroulée au bureau de la commune de Mususa, sous la conduite de l’autorité urbaine, en présence des autorités politico-administratives, sécuritaires, sanitaires, scolaires ainsi que de plusieurs parents accompagnés de leurs enfants.
Selon le représentant du médecin chef d’antenne du Programme élargi de vaccination (PEV/Butembo), Kambale Tawite Wavo Sylvain, cette campagne vise également à rattraper les enfants n’ayant pas bénéficié de la vaccination de routine.
« Nous profitons de cette occasion pour récupérer les enfants ayant manqué les séances de vaccination de routine, car tous les antigènes sont disponibles. La cible attendue est de 174 771 enfants, dont 54 778 dans la zone de santé de Butembo et 120 503 dans celle de Katwa », a-t-il indiqué.
L’autorité urbaine, le commissaire supérieur principal Mowa Baeki Telly Roger, a appelé les parents et gardiens d’enfants à faciliter le travail des équipes de vaccination qui passeront de porte à porte du 23 au 25 avril.
« La poliomyélite est une maladie grave qui peut rendre un enfant infirme toute sa vie. Le seul moyen de prévention reste le vaccin. J’invite tous les parents à accueillir les vaccinateurs afin de renforcer l’immunité collective des enfants de 0 à 59 mois », a-t-il déclaré.
Durant ces trois jours, chaque enfant recevra quatre gouttes de vaccin oral contre la poliomyélite.
Le message a été appuyé par le président ad intérim du Parlement d’enfants Butembo-Lubero, Jures Maliro, présent à cette activité.
Pour marquer le lancement officiel, le maire de Butembo a administré symboliquement des doses de vaccin à quelques enfants.
Cette campagne se déroule dans les 17 zones de santé relevant de la Division provinciale de la santé (DPS) Nord-Kivu, antenne de Butembo, malgré les défis sécuritaires dans certaines zones, a-t-on appris.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
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FRIVAO : Bienvenue dans le plus grand cabinet d’illusionnisme financier de la RDC, où les millions s’évaporent et les victimes se multiplient
L’affaire FRIVAO est en train d’accoucher d’un monstre comptable qui ferait passer la caverne d’Ali Baba pour un modèle de transparence suisse. On savait déjà que Constant Mutamba avait un rapport très ludique à l’argent public, sa condamnation pour 19 millions de dollars en étant la carte de visite. Mais ce n’était visiblement que l’apéritif.
Les audiences de la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe révèlent que le fonds destiné à panser les plaies des victimes ougandaises ressemblait davantage à une tirelire sans fond troué qu’à un mécanisme de réparation. Le plus beau dans cette farce macabre ? Plus de 2 millions de dollars ont été confiés à des sociétés qui, miracle de l’entrepreneuriat congolais, n’ont ni adresse, ni visage, ni existence légale. Des fantômes administratifs grassement payés pour un travail invisible.
On croirait rêver si les larmes des vrais sinistrés de Kisangani n’étaient pas le seul élément concret de ce dossier. Et comme une gabegie ne vient jamais seule, les listes d’indemnisation se sont transformées en casting politique de seconde zone. Pendant que les veuves et les éclopés attendent leur dû sous des bâches trouées, des apparatchiks bien portants et des militants zélés se sont découvert une vocation tardive de “victimes de guerre”.
L’imagination est décidément la chose la mieux partagée au sein du sérail politique : plutôt que de monter au front, on s’inscrit frauduleusement sur les registres de la douleur pour toucher le jackpot de la solidarité nationale. C’est d’une perversité si raffinée qu’elle en devient un chef-d’œuvre d’ingénierie sociale : transformer l’argent de la honte ougandaise en fonds de caisse électoral. Voilà qui mériterait une thèse en “Kleptocratie appliquée”.
Le plus tragique dans ce festival de l’opacité, c’est que le système FRIVAO n’est que le symptôme d’un mal plus profond : l’impunité managériale érigée en méthode de gouvernement. Des millions s’évaporent, des bénéficiaires fictifs se multiplient comme des petits pains, et personne, absolument personne, n’est en mesure de fournir une adresse ou un nom. On nous promet des réformes, des contrôles renforcés, des audits musclés.
Mais comment prendre au sérieux ces incantations quand les prédateurs d’hier continuaient de rôder autour de la mangeoire ? Heureusement, la sérénité de marbre et le travail de réparation méthodique que mène aujourd’hui le Ministre d’État Guillaume Ngefa Atondoko offrent un contraste saisissant. Loin des bruits de bottes et des coups de menton, le Garde des Sceaux actuel démontre que la Justice n’a nul besoin de fureur médiatique pour être redoutable.
Elle avance en silence, mais elle avance. Si cette nouvelle dynamique parvient à percer l’omerta administrative qui protégeait les fossoyeurs du FRIVAO, alors les millions envolés trouveront peut-être enfin un écho judiciaire. À défaut, ce fonds restera à jamais dans les mémoires comme l’endroit où les victimes finançaient, sans le savoir, le train de vie de leurs propres bourreaux administratifs.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
