Sports
Football : TP Mazembe Féminin décline l’invitation hypocrite de Tshisekedi
Le TP Mazembe Dame de Lubumbashi (RD Congo) a décliné l’invitation du ministre des Sports, Didier Budimbu, à l’occasion d’une cérémonie prévue à la présidence de la République.
Prévue pour fin janvier 2025, cette réception du TP Mazembe Féminin par Félix Tshisekedi, avait pour but d’honorer le sacre en Ligue des champions féminine de la CAF.
Dans un communiqué publié sur ses réseaux, lundi 23 décembre dernier, Mazembe rejette l’invitation et dénonce en même temps ce qu’il qualifie comme une tentative de récupération politique.
« Après le sacre de nos filles à El Jadida au Maroc, l’équipe est passée par Kinshasa avant de rejoindre Lubumbashi. Annoncer avec pompe une cérémonie à l’honneur de nos filles est une vaste blague et propagande vulgaire. Le football congolais, le TPM continuera à le défendre pendant le règne de ceux qui invitent le club pour un honneur teinté de récupération politicienne. Le TPM rendra toujours honneur à la RDC ».
Ensuite, Mazembe a réaffirmé son intention de défendre ses droits. « Nos droits, nous le réclamerons à la République de l’annonceur de cette fameuse réception », indiquent les Corbeaux Lushois.
Dans une récente émission sur Top Congo FM, Didier Budimbu, ministre des Sports et Loisirs de la RDC, a exprimé son souhait que Moïse Katumbi, président du club de football TP Mazembe, accompagne les joueuses de l’équipe lors de leur réception par le président Félix Tshisekedi à la fin du mois.
Cette rencontre vise, selon lui, à célébrer les performances exceptionnelles des joueuses du club, qui ont su briller sur la scène nationale et internationale à la Coupe d’Afrique des Nations 2024.
Pour mémoire, les Corbeaux Dames du FCF TP Mazembe ont remporté leur premier titre de la Ligue des Champions féminine de la CAF, samedi 23 novembre, à El Jadida au Maroc, en s’imposant (1-0) face à l’AS FAR sur son terrain.
Cedrick Sadiki Mbala/CONGOPROFOND.NET
Actualité
MMA en RDC : Des champions sans soutien à la veille d’un rendez-vous continental
À l’approche du championnat IMMAF Africa prévu en Angola, la situation de la Team RDC de MMA amateur suscite inquiétude et indignation. Dans une interview sans détour, le manager et acteur sportif congolais Didon Kibuka dénonce l’absence de soutien dont sont victimes les athlètes appelés à représenter le pays.
« On défend le drapeau, mais on nous laisse seuls », résume-t-il, exprimant frustration et tristesse face à une réalité qui, selon lui, se répète année après année. Malgré leur engagement et leurs performances, les combattants congolais doivent encore se débrouiller par leurs propres moyens pour participer à cette compétition continentale.

Un exploit continental resté sans suite
Pourtant, les résultats récents plaident largement en faveur de ces athlètes. Lors de la précédente édition de l’IMMAF Africa, la RDC avait réalisé une performance remarquable en décrochant 10 médailles : 6 en or, 2 en argent et 2 en bronze.
Cette moisson avait hissé le pays parmi les meilleures nations africaines de MMA amateur, confirmant le potentiel et la détermination des combattants congolais. « C’était un exploit », rappelle Didon Kibuka, insistant sur le fait que ces résultats ont été obtenus malgré des moyens limités.
Des promesses non tenues après les honneurs

À leur retour au pays, les athlètes avaient été reçus par les autorités, suscitant espoir et reconnaissance. Des promesses de soutien avaient notamment été évoquées en vue de leur participation au championnat du monde.
Mais selon Kibuka, ces engagements n’ont jamais été concrétisés. Faute de financement, la Team RDC avait été contrainte de renoncer à cette échéance internationale majeure, illustrant un décalage persistant entre les discours officiels et les actes.
Des athlètes contraints de tout financer eux-mêmes

À quelques jours de l’édition angolaise, la situation reste préoccupante. Les combattants amateurs doivent assumer eux-mêmes l’ensemble des frais liés à leur participation : licences, billets d’avion, hébergement, restauration et frais d’inscription.
Une réalité difficile pour ces sportifs non professionnels, souvent sans revenus fixes. « On leur demande de porter seuls tout le poids financier de la représentation nationale », déplore Kibuka, soulignant le sacrifice consenti par ces jeunes athlètes pour défendre les couleurs du pays.
Un appel urgent à la responsabilité collective

Face à cette situation, Didon Kibuka interpelle à la fois les autorités publiques et les partenaires privés. Il appelle à une prise de conscience sur le rôle de ces athlètes, qu’il considère comme de véritables ambassadeurs de la RDC.
Il dénonce également le contraste avec d’autres disciplines mieux soutenues, estimant que les combattants de MMA méritent un minimum de considération au regard des risques qu’ils prennent et des résultats qu’ils obtiennent.
Son message se veut clair : soutenir ces jeunes, c’est investir dans l’image et l’avenir sportif du pays. « Ils ne demandent pas des privilèges, mais simplement de ne plus être seuls », insiste-t-il.
À travers cet appel, c’est toute la question de la valorisation du sport en RDC qui est posée. Alors que le MMA connaît une croissance rapide sur le continent, le pays risque de manquer une opportunité stratégique pour sa jeunesse si rien n’est fait.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
