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CICAC 2025: L’ambassadeur Zhao Bin plaide pour une coopération sino-africaine « mutuellement bénéfique »
Le colloque international Chine–Afrique centrale s’est ouvert ce jeudi à Kinshasa, dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC 2024). La cérémonie inaugurale a réuni notamment M. Zhao Bin, ambassadeur de Chine en RDC, M. Zhou Pingjian, vice-président de l’Institut du peuple chinois pour les affaires étrangères, ainsi que M. François Muamba Tshishimbi, coordonnateur du Comité de pilotage de la vision stratégique (CPVS).

Dans son allocution, l’ambassadeur Zhao Bin a mis en avant les acquis récents de la coopération sino-africaine, rappelant les conclusions du Sommet de Beijing et de la rencontre de Changsha en 2024. Selon lui, l’Afrique centrale devient « un nouveau port de croissance pour l’économie africaine », grâce à son rôle stratégique dans cette dynamique.
Revenant sur les réalisations déjà concrétisées, il a cité des projets structurants tels que la rocade de Kinshasa, la route nationale n°1 au Congo, le port de Kribi au Cameroun ou encore le stade de N’Djamena au Tchad. « La Chine s’est toujours portée avocat des pays d’Afrique centrale sur la scène internationale, en leur apportant un appui constant et désintéressé », a-t-il souligné.

Avec force, Zhao Bin a réaffirmé la philosophie guidant cette coopération : « La Chine ne recherchera jamais son développement au prix des douleurs des autres. Seule la coopération mutuellement bénéfique peut apporter un véritable succès. » Un message applaudi par l’assistance, qui y a vu un appel à un partenariat équilibré et durable.
L’ambassadeur a également mis en avant les « petits projets mais beaux », tels que des programmes agricoles, de formation technique ou encore des villages pilotes, qui participent à l’amélioration directe des conditions de vie des populations locales.

Citant un proverbe chinois « une pierre d’une autre montagne peut polir un jade », Zhao Bin a invité les responsables africains à intensifier les échanges d’expériences en matière de gouvernance et de modernisation.
Enfin, il a assuré que les cinq prochaines années, sous la coprésidence de l’Afrique centrale au FOCAC, ouvriront « une nouvelle phase d’approfondissement du partenariat stratégique sino-africain », articulée autour de la coordination des politiques, des infrastructures, du commerce, de la finance et de l’industrie.
Exaucé Kaya
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Tshisekedi face aux journalistes : un rendez-vous à haut risque sur tous les fronts
Le Palais de la Nation se prépare à vivre un grand oral sous tension. Ce 6 mai 2026, la conférence de presse présidentielle doit affronter simultanément la crise sécuritaire dans l’Est, la controverse autour d’un éventuel changement constitutionnel, et le dossier explosif des sanctions contre Joseph Kabila. Rater cette communication reviendrait à offrir un angle d’attaque à toutes les oppositions.

Sur le plateau, la sécurité sera le premier banc d’essai. Les journalistes veulent des réponses précises sur les moyens alloués aux FARDC et la sincérité des coopérations militaires étrangères. Sur l’épineuse question de la Constitution, toute ambiguïté nourrira le soupçon d’un passage en force. Le moindre faux pas pourrait relancer les manifestations hostiles interdites dans la capitale.
Le nom de Joseph Kabila flottera inévitablement sur la salle. Félix Tshisekedi devra expliquer comment gérer cet isolement sans paraître lancer une chasse aux sorcières des anciens dignitaires. Les observateurs jugeront sa capacité à poser en chef d’État rassembleur et maître de son temps, bien au-delà des règlements de comptes personnels. Une conférence à la vie, à la mort politique.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
