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Fayulu et Muzito à Beni : Décor planté pour le meeting de ce mardi au rond-point du 30 juin !
Le candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2018, Martin Fayulu, et le président de la coalition Lamuka, Adolphe Muzito, sont arrivés à Beni dans la province du Nord-Kivu ce mardi 24 décembre 2019. Ces acteurs politiques de l’opposition, indique-t-on, ont préféré passer la fête de Noël avec la population de Beni, victime de l’insécurité depuis plusieurs années.
A quelques heures de leur arrivée, le décor et déjà planté au rond-point du 30 juin de Beni où il est prévu un meeting.
D’après les cadres du parti politique ECIDé de Martin Fayulu, la délégation de Lamuka va d’abord se rendre à Masiani où s’était déroulé le dernier massacre dans la commune de Mulekera. Elle va ensuite visiter la tombe du jeune Obadi, militant de la LUCHA, tué par un policier lors des récentes manifestations contre l’insécurité dans la région de Beni. Enfin, ces leaders iront s’adresser à la population de Beni au cours d’un meeting.
La mobilisation de la population n’est pas du tout forte comme par le passé. Néanmoins, les gens sont visibles dans des balcons des bâtiments situés au rond-point car le soleil est vraiment au zénith en ville de Beni.
Pour l’instant, ce sont des musiciens qui chauffent la population en attente de la délégation de Lamuka.
Delphin Mupanda/CONGOPROFOND.NET
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IA et médias africains : Melba Orlie Nzang Meyo plaide pour la souveraineté des données culturelles
C’est à l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean, le mercredi 21 janvier 2026, que Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo a livré une communication dans le cadre de la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref 2026). Au cœur de son intervention : la nécessité urgente de valoriser les données culturelles locales dans l’usage croissant de l’intelligence artificielle par les médias africains.
Face à un auditoire composé de professionnels de l’information, d’universitaires et d’étudiants, la conférencière a mis en garde contre une adoption aveugle des technologies d’IA ( Intelligence Artificielle), souvent conçues et entraînées loin des réalités africaines.

Les données locales, nerf de la guerre de l’intelligence artificielle
Pour Mme Nzang Meyo, la question des données n’est pas accessoire : elle est centrale. « Sans données locales, l’intelligence artificielle appliquée aux médias risque de devenir un instrument d’acculturation plutôt qu’un levier de développement », a-t-elle souligné.
La majorité des modèles d’IA aujourd’hui utilisés dans le monde, qu’il s’agisse de génération de textes, d’images ou d’analyses, sont entraînés sur des bases de données largement dominées par des contenus occidentaux. Une réalité qui pose un problème majeur pour les médias africains soucieux de produire une information ancrée dans leurs contextes nationaux.
Des contenus déconnectés des réalités africaines
Le risque est réel : recourir à une intelligence artificielle non nourrie de données locales peut conduire à la production de contenus historiquement approximatifs, socialement hors-sol ou culturellement inadaptés. Articles de presse, illustrations, analyses ou récits médiatiques peuvent alors refléter des schémas exogènes, éloignés des réalités géographiques, linguistiques et sociopolitiques du Gabon ou d’autres pays africains.
À l’inverse, la valorisation des archives nationales, des productions médiatiques locales et des savoirs endogènes permettrait à l’IA de mieux saisir les nuances du français gabonais, l’usage des langues vernaculaires, ainsi que les subtilités culturelles propres aux sociétés africaines.
Raconter l’Afrique avec ses propres algorithmes

L’enjeu est aussi politique et symbolique. « Si les médias africains ne valorisent pas leurs propres données, ils deviennent dépendants d’algorithmes étrangers pour raconter leur propre histoire », a averti la conférencière. Une dépendance qui pourrait, à terme, fragiliser la souveraineté narrative du continent et uniformiser les récits médiatiques.
Pour Melba Nzang Meyo, il est donc impératif que les rédactions, les institutions culturelles et les États investissent dans la structuration, la numérisation et la protection des données locales, afin que l’intelligence artificielle devienne un outil d’émancipation et non de dilution identitaire.
Qui est Melba Melba Orlie Nzang Meyo ?
Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo est une spécialiste des enjeux numériques et culturels, engagée sur les questions de médias, innovation technologique et valorisation des patrimoines africains. Son travail s’inscrit à la croisée de la communication, de la culture et des nouvelles technologies, avec une attention particulière portée à la souveraineté informationnelle et à la place de l’Afrique dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
