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F. Tshisekedi au sujet du journaliste Bujakera :  » C’est un jeune homme que j’aime bien(…), Malgré tout cela, on prend le risque de désorienter l’enquête et l’opinion… »

Le président Félix Tshisekedi a abordé la question de l’arrestation du journaliste Stanis Bujakera, rédacteur en chef adjoint de ACTUALITE.CD et correspondant de Jeune Afrique, dans une interview accordée à la presse mardi, en marge de sa participation, à New York, à la 78ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies. 

Pour avoir relayé des révélations de Jeune Afrique, le journaliste Bujakera mérite-t-il son sort actuellement devant la justice?

Félix Tshisekedi : Une interpellation d’une institution comme la justice, se constate. Pourquoi voudriez-vous que le même principe ne s’applique pas en RDC ? Par exemple, pour la presse, j’ai lu d’ailleurs quelque part qu’il y a deux ans, une journaliste française avait été interpellée et gardée à vue pour avoir divulgué des informations stratégiques.

Un peu plus loin, il y a Julian Assange qui a été traqué et s’est caché dans les ambassades notamment de Grande-Bretagne, parce qu’il avait divulgué des câbles stratégiques. Quoi de plus normal que la justice essaie de s’intéresser à ça, d’autant plus que le journaliste Stanis Bujakera, c’est un jeune homme que j’aime bien.

Pour la petite histoire, il a couvert notre campagne. Je dis « notre » parce que nous étions en coalition avec l’UNC de Vital Kamerhe. Il a couvert notre campagne. Il était  de tous les combats avec nous. Vous voyez que j’ai de la sympathie pour ce jeune homme. Je regrette ce qu’il lui arrive. Mais je ne peux pas faire entrave à la justice et ne pas permettre à celle-ci de ne pas faire toute la lumière. D’autant plus qu’on parle de mort d’homme.

Rappelez-vous, Chérubin Okende, ancien ministre, a été mon collaborateur pendant longtemps. Très apprécié d’ailleurs par moi, il est mort dans des circonstances suspectes qui, jusqu’à aujourd’hui, ne sont pas encore élucidées. Malgré que nous ayons fait appel à des enquêteurs internationaux : belges, à ma demande personnelle adressée au Premier ministre belge ; sud-africains, français aussi bien que de la MONUSCO.

Malgré tout cela, on prend le risque de désorienter l’enquête et l’opinion, je crois que ça peut intéresser la Justice.

ACP/CONGOPROFOND.NET