Education
Rencontre REC-CENI : Les étudiants de Kinshasa disent « NON » aux violences post-électorales
Le comité directeur de la Représentation des Étudiants du Congo (REC) a plaidé, ce lundi 18 septembre 2023, lors de sa rencontre avec le président de la CENI Dénis Kadima, au siège de cette institution, pour la participation de la jeunesse estudiantine congolaise au processus électoral en République Démocratique du Congo.
« Nous avons été reçus par le Président de la CENI afin d’échanger concernant la participation des étudiants au processus électoral, mais aussi voir dans quelle mesure cette communauté estudiantine, à travers tout le pays, peut se l’approprier notamment dans le cadre de la sensibilisation », a déclaré Prince Wembolenga, premier vice-président de la REC.
Il a affirmé que la représentation nationale des étudiants a développé une collaboration avec la CENI pour que l’étudiant congolais s’approprie le processus électoral et puisse avoir une attitude citoyenne dans l’acceptation des résultats des scrutins.
« Pour ne pas se laisser faire en termes d’influence politicienne et de verser dans la violence durant le processus électoral, nous avons convenu de travailler avec la CENI et la Maison des élections. Parce qu’à chaque fin d’un processus électoral, la tendance est à la violence. Et nous ne voulons pas que cette fois-ci, l’étudiant congolais puisse verser dans les violences post-électorales », a-t-il dit.
Et de poursuivre : « En outre, nous avons aussi discuté dans le sens de mettre sur pied une collaboration entre la CENI et la REC, en vue de partager les outils de communication et sensibilisation pour que nous puissions jouer notre partition en tant que partie prenante en notre qualité de membre de la Société civile ».
Entré en action en juillet 2023, à l’issue d’une assemblée générale, l’actuel comité directeur a ouvert la voie pour une synergie avec toutes les instances du pays en vue de tout faire pour que la communauté estudiantine congolaise soit considérée comme un maillon essentiel dans la consolidation de la paix.
Exaucé Kaya/CONGOPROFOND.NET
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TENASOSP en RDC : Entre test d’orientation et examen déguisé, la grande confusion qui scandalise les enseignants
Le Test National de Sélection et d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASOSP) continue de susciter une vive polémique en République démocratique du Congo. Présenté comme un outil d’orientation destiné aux élèves finalistes de l’éducation de base, ce test national apparaît, dans la pratique, comme une véritable épreuve certificative. Une ambiguïté qui alimente l’incompréhension des enseignants, des parents et des spécialistes de l’éducation.
Au cœur de cette controverse, une question fondamentale demeure : le TENASOSP a-t-il été institué pour orienter les élèves ou pour sanctionner la fin d’un cycle scolaire ? Pour plusieurs observateurs, sa finalité reste floue et nécessite des clarifications urgentes de la part du pouvoir organisateur.

Le professeur Jean-Paul Yawidi dénonce une confusion dangereuse
Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, le professeur Jean-Paul Yawidi Mayinzambi, de l’Université Pédagogique Nationale, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une grave confusion autour du TENASOSP.
Docteur en psychologie, l’universitaire rappelle qu’un test est fondamentalement différent d’un examen.
Selon lui, un examen sert à mesurer les acquis scolaires d’un apprenant, à évaluer les connaissances reçues durant la formation, avec à la clé une logique de réussite ou d’échec.
En revanche, explique-t-il, un test vise essentiellement à identifier les aptitudes, les potentialités et le profil d’un individu afin de l’orienter vers une filière d’études ou une profession adaptée. Dans ce cas, il n’existe ni réussite ni échec.
« Le comportement à adopter face à un test est totalement différent de celui d’un examen », insiste le professeur Yawidi, avant de dénoncer une dérive inquiétante :
« Ce qui se passe chez nous, cette confusion entre examen et test, risque même de pousser certains à rejeter le TENASOSP. »
Quand le test devient une condition de passage
Dans la pratique, le TENASOSP est désormais intégré dans le calcul des points des élèves. Les résultats obtenus sont combinés avec ceux de l’école pour déterminer le passage des élèves de la 8ᵉ année de l’éducation de base vers les humanités.
Une situation qui, pour plusieurs professionnels de l’éducation, transforme un simple test d’orientation en examen sanctionnant la fin du cycle.
Cette réalité choque davantage l’opinion publique que le système éducatif organise déjà l’Examen National de Fin d’Études Primaires (ENAFEP) au cours du même parcours scolaire.
Pour beaucoup de parents et d’enseignants, la coexistence de ces deux évaluations certificatives dans un même cycle apparaît comme une surcharge inutile pour les élèves.
Des questions qui dérangent
Face à cette situation, plusieurs interrogations reviennent avec insistance :
– Pourquoi entretenir la confusion entre test et examen ?
– Pourquoi les autorités éducatives gardent-elles le silence ?
– Le TENASOSP sert-il réellement l’orientation scolaire des élèves ?
Certains responsables scolaires vont encore plus loin. Un chef d’établissement estime que les organisateurs seraient conscients de cette confusion, mais choisiraient volontairement de la maintenir.
Selon lui, derrière le TENASOSP se cacherait également une importante question financière.
Les frais de participation pointés du doigt
Officiellement, le TENASOSP est organisé moyennant des frais de participation fixés par les autorités. Mais dans la pratique, plusieurs parents dénoncent des frais additionnels imposés dans certains établissements scolaires.
À Kinshasa, les frais de participation sont récemment passés de 26.000 à 36.000 francs congolais, provoquant la colère de nombreuses familles déjà confrontées à des difficultés économiques.
Les syndicats des enseignants réclament aujourd’hui la suppression de ces frais qu’ils jugent « asphyxiants » pour les parents.
Une réforme devenue sensible
Dès la première édition du TENASOSP, plusieurs députés nationaux avaient dénoncé la double organisation des épreuves certificatives dans le cycle de l’éducation de base.
Cependant, toute suppression du TENASOSP nécessiterait une modification de la loi-cadre de l’enseignement national, ce qui complique davantage le débat.
Lors d’une conférence organisée le 5 juillet 2024 à l’Université du Lac Albert, le professeur Jean-Paul Yawidi Mayinzambi n’avait d’ailleurs pas hésité à qualifier le TENASOSP d’« escroquerie », relançant ainsi une controverse qui continue de diviser le monde éducatif congolais.
À mesure que les critiques se multiplient, la pression monte désormais sur le pouvoir organisateur, appelé à clarifier définitivement le rôle réel du TENASOSP dans le système éducatif congolais.
Jules Kisema Kinkatu/CONGOPROFOND.NET
