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Exploitation forestière illégale en RDC : Inquiétudes concernant l’accord forestier de 500 millions de USD signé par Boris Johnson
L’exploitation forestière illégale en RDC suscite des inquiétudes concernant l’accord forestier de 500 millions de dollars signé par Boris Johnson.
Les critiques disent que l’argent du Royaume-Uni, de la Norvège, de la France et de l’Allemagne pourrait être gaspillé alors qu’un rapport accablant révèle des illégalités, de la corruption et des crimes environnementaux.
Des groupes environnementaux ont fait part de leurs inquiétudes concernant un accord de protection des forêts de 500 millions de dollars (380 millions de livres sterling) signé par Boris Johnson lors de la Cop26, après un rapport accablant sur le secteur de l’exploitation forestière « anarchique » de la République démocratique du Congo. Johnson a signé la lettre d’intention au nom de la Central African Forest Initiative (Cafi) pour un accord de 10 ans qui comprend des objectifs de protection des forêts et des tourbières de grande valeur.
Sur les 200 millions de livres sterling engagés pour protéger le bassin du Congo par le Royaume-Uni lors de la Cop26, 32 millions de livres sterling ont été versés à Cafi à partir du budget de l’aide.
Début avril, le gouvernement de la RDC a publié un audit tant attendu de l’industrie forestière du pays.
Il a constaté que six ministres successifs avaient illégalement attribué au moins 18 concessions forestières, rompant un moratoire de près de 20 ans sur les nouveaux abattages industriels dans la deuxième plus grande forêt tropicale du monde.
Plus de 3 millions de dollars de redevances n’ont pas été versés au gouvernement par les opérateurs en raison d’une « situation chaotique », selon l’audit, qui marque la première étape de l’accord entre la RDC et 12 donateurs signé le premier jour de la Cop26 en Glasgow qui va débloquer 500 millions de dollars pour protéger le vaste écosystème.
Des groupes environnementaux ont déclaré que l’argent des contribuables du Royaume-Uni, de Norvège, de France et d’Allemagne pourrait être gaspillé si aucune mesure n’est prise sur les concessions illégales. Le moratoire sur l’exploitation forestière industrielle devant être levé à la fin de cette année.
Le ministère de l’Environnement de la RDC a publié un examen de tous les contrats de concession forestière après l’audit, mais les groupes environnementaux exigent des suspensions et des poursuites en cas de violation.
Connue comme les poumons de l’Afrique, la forêt tropicale du bassin du Congo abrite des éléphants de forêt et des gorilles en voie de disparition et constitue un énorme réservoir de carbone qui soutient les précipitations jusqu’en Égypte et abrite environ 80 millions de personnes. Il absorbe environ 4 % des émissions mondiales annuelles de carbone.
Irene Wabiwa Betoko, responsable des forêts du bassin du Congo pour Greenpeace, a déclaré : « L’audit révèle un cirque d’illégalités, de corruption et de crimes contre l’environnement. Greenpeace Afrique exige une enquête judiciaire sur tous les responsables du pillage de la forêt tropicale et, le cas échéant, la levée de leur immunité parlementaire. Malgré l’interdiction de toute nouvelle exploitation forestière industrielle, la RDC a l’un des taux de déforestation les plus élevés au monde, perdant 490 000 hectares (1,2 million d’acres) de forêt tropicale primaire en 2020, selon Global Forest Watch ».
Lord Goldsmith, ministre de l’environnement international, s’est rendu dans la région le mois dernier après que la RDC n’a pas réussi à respecter la première étape de l’accord Cop26 et à publier l’audit début janvier.
Dans un communiqué, il a déclaré que son voyage était une excellente occasion de parler aux dirigeants de l’une des régions les plus importantes et les plus riches en biodiversité de la Terre.
« Le leadership des pays du bassin du Congo à la Cop26 a eu un impact considérable, où de grandes promesses ont été faites à la fois par les pays donateurs et les pays du bassin du Congo. Je suis déterminé à ce que ces promesses soient tenues», a-t-il déclaré.
Cafi, la coalition de pays donateurs qui a conclu l’accord de 500 millions de dollars avec la RDC, a salué la publication de l’audit mais a déclaré qu’aucun argent n’avait encore été débloqué.
Dans une déclaration au Guardian, il a salué la publication du rapport de l’Inspection générale des finances de la RDC sur les concessions forestières et a déclaré qu’il continuerait à travailler en collaboration avec le gouvernement de la RDC sur le renforcement de la gouvernance forestière. « Cafi reste déterminé à soutenir la RDC pour aider à garantir que les objectifs et les engagements énoncés dans la lettre d’intention 2021-2031 soient atteints », a-t-il déclaré.
Article de theguardian.org écrit par Patrick Greenfield et Fiona Harvey publié lun. 18 avr. 2022 12.11 BST/ traduit par Bishop Mfundu
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
