Actualité
EPST/Pratique de la clé de répartition : Charles Mbutamuntu passe outre les instructions de Tony Mwaba
Le Ministre provincial en charge de l’Education de la Ville de Kinshasa, Charles Mbutamuntu Lwanga, vient de fixer une clé de répartition sur les frais scolaires perçus dans les écoles, attribuant une quotité aux bureaux gestionnaires et ce, contrairement à la décision du Ministre national de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, Tony Muaba Kazadi.
A travers une note circulaire référencée N°MIN.PGRPEM/CABMIN/CML/EDUC/001/JNM/2022, datée du 03 septembre 2022 et dont la copie est parvenue à la rédaction de CONGOPROFOND. NET, Charles Mbutamuntu s’est adressé à tous les Directeurs provinciaux (PROVED), pour imposer une clé de répartition des frais, dans les écoles publiques.
Hormis le tableau d’affectation des frais d’appui au fonctionnement, avec ses dix rubriques, Charles Mbutamuntu, au point 11 de sa circulaire dit ce qui suit : » Les frais d’appui aux besoins des enseignants concernent les enseignants debout et assis « .
Aussi, poursuit-il dans le même point : » Dans les 100% des frais d’appui aux besoins des enseignants, 90% reviennent aux enseignants débout et 10% aux enseignants assis, dans le cadre de la supervision au respect des instructions hiérarchiques « .
Cependant, le Ministre Tony Muaba Kazadi, qui d’ailleurs était très applaudi et félicité, dit ce qui suit : » Il est formellement interdit aux Comités Provinciaux de l’EPST de proposer à l’Autorité Provinciale, dans leurs projets d’arrêté, les clés de répartition pour les frais de fonctionnement perçus au niveau des établissements publics « .
De ce fait, ajoute-t-il : » Ces frais scolaires payés par les élèves du niveau maternel, secondaire général, cycle court et des humanités restent totalement à l’école « .
C’est à travers une note circulaire signée le 25 juillet 2022 , au point 1.4, que Tony Muaba Kazadi s’était exprimé.
Malheureusement, le ministre provincial fait abstraction de la décision de l’Autorité nationale.
Par ailleurs, signalons que le document de Charles Mbutamuntu vient de violer un principe de droit, celui du parallélisme des formes et des compétences. Il appartient à Tony Muaba Kazadi, avocat de surcroit, de recadrer les choses, pour ne pas être qualifié de complice.
Aussi, soulignons que la raison de supervision évoquée par Kinshasa pour justifier sa décision, ne tient pas débout, car les superviseurs (agents et Inspecteurs) qui seront déployés sur terrain sont déjà pris en charge par le trésor public. Ils ont chacun un salaire.
En guise de conclusion, notons que la pratique de la clé de répartition des frais scolaires a déjà été supprimée sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo.
Jules KISEMA KINKATU/CONGOPROFOND.NET
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
