Education
EPST : Aucune lueur d’espoir sur la concrétisation des engagements pris lors des travaux de la commission paritaire à Bibwa
Les derniers travaux de la Commission paritaire entre le banc syndical des enseignants et le banc gouvernemental, convoqués à Kinshasa-Bibwa au nom du Premier Ministre, par le Ministre sortant de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, Tony Muaba Kazadi, du samedi 24 février au samedi 16 mars 2024, s’étaient clôturés avec sept actions prioritaires, coulées sous forme d’engagements pris par le Gouvernement de la République et dont la concrétisation est prévue en cette fin du mois d’avril 2024.
Il s’agit principalement des engagement suivants : l’ajout de 20 mille francs congolais dans le salaire de chaque enseignant, le réajustement de la prime de la gratuité des enseignants du primaire, le paiement des grades transposés, le paiement des enseignants NP du secondaire et des bureaux gestionnaires, la mise en retraite des enseignants, la mécanisation de la prime d’encadrement de la paie au profit des agents et cadres des services centraux de l’EPST et le paiement de la prime pour fonction spéciale en faveur des Inspecteurs et celle spécifique pour les agents d’appoint de l’Inspection générale.
En effet, dans les écoles et bureaux gestionnaires, les enseignants se posent des questions sur la réalisation de ces promesses par le Gouvernement, étant donné qu’ils sont à l’approche de leur paie. A travers la presse, les déclarations de mécontentement fusent de partout et la dernière en date est celle de l’Union Nationale des Enseignants de l’Education de Base (UNEP), le samedi 20 avril dernier.
Son porte-parole, Alpha Menga, a indiqué ce qui suit : « En ce qui concerne les travaux de Bibwa, l’UNEP s’en tient aux résolutions pertinentes coulées dans le protocole d’accord signé entre le Gouvernement et le banc syndical, le 16 mars 2024 et attend son exécution sans faille ».
Ce syndicat qui salue la nomination de Judith Suminwa Tuluka en tant que Premier Ministre, dans l’espoir que son arrivée à la tête du Gouvernement changera le social de l’enseignant congolais, soutient la position de l’Intersyndicale des Syndicats des enseignants et se dit prêt à prendre part à l’Assemblée générale extraordinaire qui sera convoquée au cas où le Gouvernement ne prendrait pas ses responsabilités en cette fin du mois d’avril 2024.
Contactée par la rédaction de CONGOPROFOND.NET pour obtenir la version officielle de la tutelle sur cette question, la Cellule de Communication du Ministre de l’EPST n’a pas réagi.
Rappelons simplement qu’à la clôture desdits travaux, Tony Muaba Kazadi a promis de faire un suivi pour la concrétisation, dans un meilleur délai, de tous les engagements pris.
« Je m’engage à ne ménager aucun effort pour assurer un suivi efficient et permanent auprès du Ministère du Budget et celui des Finances, en vue de l’exécution sans faille de toutes les actions prioritaires en faveur de l’enseignant, telles que convenues au cours de ces assises et cela, dans les meilleurs délais », avait-il déclaré.
Notons que la montée au créneau des enseignants, vu le silence du Gouvernement, laisse présager un avenir sombre pour les activités scolaires et ce, à deux mois de la clôture de l’année scolaire 2023-2024. Hormis la Synergie des Syndicats des enseignants, qui rejette en bloc toutes les résolutions issues de ces assises et qui s’en remet au nouveau Premier Ministre, les autres Syndicats ne jurent que par la concrétisation des engagements.
Au stade actuel, aucune lueur d’espoir sur la concrétisation par le Gouvernement, des engagements pris lors de ces derniers travaux de Bibwa et ce, au vu des indicateurs objectivement vérifiables, notamment la non sortie des listings de paie, le silence du Ministre Tony Muaba qui a l’habitude d’écrire pour annoncer les nouvelles actions à réaliser et la difficulté qu’éprouve actuellement le Gouvernement de la République dans la paie des agents et fonctionnaires de l’Etat.
Jules KISEMA KINKATU/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Haut-Uele : Après la suspension du préfet des études, les cours reprennent à l’Institut Surur de Durba
Les activités scolaires ont repris ce mardi 10 mars 2026 à l’Institut Surur de Durba, dans le territoire de Watsa, province du Haut-Uele, après deux jours de paralysie consécutifs à un mouvement de protestation des élèves.
À l’origine de cette situation figure la suspension du préfet des études de cet établissement scolaire, décidée par la hiérarchie éducative à la suite d’un contrôle financier effectué au sein de l’école.
Contacté par CONGOPROFOND.NET, Nyamuliko Zeru, sous-PROVED de la Sous-division de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté Watsa 1, avait apporté des éclaircissements sur cette décision administrative.

Un contrôle financier à l’origine de la suspension
Selon lui, contrairement aux rumeurs ayant circulé dans la cité minière de Durba, la Sous-division n’a procédé à aucun remplacement du préfet des études. Il a précisé que la mesure de suspension fait suite à un contrôle financier initié par l’Inspecteur principal provincial de la province éducationnelle Haut-Uele 2.
D’après les premières conclusions de cette mission, un présumé détournement d’une somme importante d’argent aurait été constaté.
Face à cette situation, la hiérarchie a décidé de suspendre provisoirement le responsable concerné afin de lui permettre d’apporter des explications.
« Le préfet des études a été suspendu pour lui permettre de rechercher les fonds concernés et de les reverser. Après cela, il pourra être rétabli dans ses fonctions », avait expliqué Nyamuliko Zeru.
La colère des élèves et la fermeture des salles
Malgré ces explications, les élèves de l’Institut Surur ont manifesté leur mécontentement en paralysant les activités scolaires depuis le samedi 07 mars 2026.
La tension s’est poursuivie le lundi 09 mars, premier jour de la semaine, où les cours sont restés paralysés pour la seconde fois. Selon plusieurs sources locales, certains élèves auraient acheté des cadenas pour fermer des salles de classe et brandi des banderoles de couleur rouge portant l’inscription « Toboyi Kabuli », afin d’exprimer leur opposition à la décision de la hiérarchie.
Cette situation a suscité des inquiétudes au sein de la communauté éducative, notamment en ce qui concerne le respect du calendrier scolaire dans cet établissement secondaire de Durba.
Un intérim pour assurer la continuité des cours
Après plusieurs échanges entre les responsables scolaires et la hiérarchie éducative, le calme est finalement revenu et les activités scolaires ont repris normalement ce mardi 10 mars 2026.
Dans une interview exclusive, DG Van la Grâce Likaka, directeur des études à l’Institut Surur, a confirmé la reprise effective des cours.
Il a indiqué que la hiérarchie éducative lui a confié l’intérim afin d’assurer la continuité administrative et pédagogique de l’établissement en attendant la décision finale des autorités compétentes.
« La hiérarchie a décidé que le directeur des études assure l’intérim pour garantir la continuité des activités. Les cours ont repris normalement », a-t-il affirmé.
Appel aux parents et aux élèves
Il a également lancé un appel aux parents et aux élèves afin de favoriser une reprise sereine des activités scolaires.
« Nous demandons aux parents d’envoyer leurs enfants à l’école et aux élèves qui avaient peur de revenir de reprendre le chemin de l’école, car la situation est désormais revenue à la normale », a-t-il rassuré.
Le responsable scolaire a enfin insisté sur la nécessité de poursuivre normalement l’année scolaire entamée depuis le 02 septembre 2025, afin de préserver la continuité pédagogique et d’éviter toute perturbation du calendrier scolaire.
Junior Kasamba / CongoProfond.net
