Education
EDU-NC : des agents illégaux suspendus de la paie, une enquête ouverte
La Direction nationale de contrôle, de la préparation de la paie et de la maîtrise des effectifs des enseignants et du personnel administratif des établissements scolaires (DINACOPE) s’engage dans une lutte contre les agents nouvellement mécanisés et payés au sein des bureaux gestionnaires. N’ayant pas respecté la procédure normale, ces derniers n’auront plus droit à leurs salaires à partir de la paie du mois de mars. Une enquête est en cours pour déterminer le mécanisme qui a conduit à leur intégration dans le fichier de paie des enseignants.
L’information est parvenue à la rédaction de CONGOPROFOND.NET à travers un communiqué officiel daté du 9 mars 2026 et adressé à tous les directeurs provinciaux de la DINACOPE (DIPROCOPE).
« La Direction nationale de contrôle, de la préparation de la paie et de la maîtrise des effectifs des enseignants et du personnel administratif des établissements scolaires procède actuellement à un audit interne du fichier de paie des enseignants, suite au dysfonctionnement constaté lors de la paie du mois de janvier 2026 », peut-on lire dans ce communiqué signé par Vital Lumbala Kadiata, Directeur national-chef de service.
Poursuivant son message, il précise :
« Les premières analyses révèlent que plusieurs agents administratifs affectés dans différents bureaux ont intégré le fichier de paie en dehors du mécanisme normal de mise à jour. »
Cette révélation relance le débat sur les conditions entourant la mécanisation des enseignants. Un paradoxe est décrié : pendant que dans les écoles, bon nombre de nouvelles unités (NU) et de non payés (NP) cumulent plusieurs années sans salaire, certains individus parviennent facilement à être rémunérés dans les bureaux gestionnaires.
« Je suis à ma huitième année d’attente de la mécanisation de mon école en tant que chef d’établissement. Mes enseignants sont fatigués et la qualité du travail est impactée. Par quel mécanisme des personnes sont-elles facilement payées dans les bureaux gestionnaires ? », s’interroge un préfet des études à Kisenso.

Tenant compte, d’une part, de la décision prise par la DINACOPE et, d’autre part, de la souffrance des bénéficiaires légaux, plusieurs questions se posent :
- Qui affecte les personnels dans les bureaux gestionnaires malgré la pléthore existante et facilite leur mise en paie ?
- Pourquoi les enseignants dans les écoles sont-ils ignorés lorsqu’une enveloppe salariale est disponible, au profit de personnes inconnues ?
Selon des témoignages recueillis auprès d’agents et cadres des bureaux gestionnaires (antennes DINACOPE, SERNIE, sous-divisions, etc.), certains agents nouvellement engagés arrivent directement avec leurs salaires. Ils seraient, pour la plupart, des membres de familles politiques, biologiques ou encore d’Églises. Le vice-Premier ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau Ebua, l’avait d’ailleurs reconnu par le passé.
Il convient également de signaler que les cadres organiques délimitant le nombre d’agents par bureau sont souvent ignorés, alors que dans les écoles ils sont scrupuleusement respectés et que les profils des agents conditionnent les affectations.
Une autre question demeure : quel est le nombre exact de ces nouveaux agents illégalement payés en janvier 2026 et qui sont leurs facilitateurs ? Une chose est certaine : pour être affecté à la DINACOPE, c’est le Secrétaire général à l’EDU-NC qui établit la commission d’affectation. Au niveau des sous-divisions, la responsabilité revient au directeur provincial (PROVED).
Intégration de 555 agents constatée en janvier 2026
L’effectif total des agents payés à l’EDU-NC est passé de 699 799 en décembre 2025 à 700 354 en janvier 2026, soit une augmentation de 555 agents nouvellement intégrés dans le fichier de paie des enseignants.
« L’autorité a été surprise de constater que des personnes d’origine inconnue soient payées au détriment des bénéficiaires légaux qui étaient programmés », nous a confié une source administrative.
Faits saillants après la paie controversée
Après la paie de janvier 2026, plusieurs événements ont secoué le ministère : la réaction des syndicats d’enseignants après avoir constaté une ponction de 20 000 francs congolais dans la prime de la gratuité, l’alerte du député national Willy Mishiki sur un prétendu détournement de fonds, ainsi que l’interpellation par les services de sécurité puis la suspension par la ministre d’État Raïssa Malu Dinanga du Directeur national-chef de service Boniface Mbaka Ngampembe et de son adjoint chargé du système d’information Sam Mbavu, pour des faits jugés graves.
« Il m’a été donné de constater que des faits graves vous sont reprochés dans l’exercice de vos fonctions à la tête de la DINACOPE, notamment le manquement aux devoirs de votre état et l’obstruction à la mise en œuvre des politiques, des décisions et des actions des pouvoirs publics, faits susceptibles de compromettre le bon fonctionnement du service et la crédibilité du ministère », a écrit la ministre d’État à l’EDU-NC, Raïssa Malu Dinanga.
Cette suspension, à titre conservatoire, renforce les soupçons de ceux qui estiment que le fichier de paie des enseignants géré par la DINACOPE comporte de nombreuses irrégularités.
Cependant, il est curieux de constater qu’après plusieurs opérations de toilettage, ce fichier n’a jamais été totalement assaini. Les promesses faites aux enseignants NP ne sont toujours pas tenues. Doivent-ils continuer à espérer alors que la masse salariale ne cesse d’augmenter ?
En somme, les dispositions prises par le nouveau Dinat Vital Lumbala Kadiata, visant la suspension des salaires des nouveaux agents illégalement intégrés, pourraient permettre de faire la lumière sur les réseaux mafieux qui perturbent la budgétisation des bénéficiaires légaux.
Jules Kisema Kinkatu / CONGOPROFOND.NET
Actualité
Mongala : Près de 10.000 finalistes lancent la conquête de l’Examen d’État 2026
Au total, 9 991 élèves finalistes prennent part, ce lundi 4 mai, aux épreuves hors session de l’Examen d’État édition 2026 dans la province éducationnelle Mongala 1, au nord-ouest de la République démocratique du Congo, selon des sources officielles.
Prenant la parole, le directeur provincial de l’Éducation, Jean-Claude Kilonga, a salué l’engagement des autorités nationales en faveur du secteur éducatif.
« Je salue la détermination du Président de la République dans sa vision pour l’éducation, mise en œuvre par la ministre d’État, la professeure Raïssa Malu Dinanga, qui œuvre à apporter des innovations pour booster l’éducation de notre jeunesse », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que ces épreuves ( dissertation, oraux de français et d’anglais, ainsi que les pratiques professionnelles ) constituent une étape décisive pour les finalistes du secondaire et les autodidactes.
« Ces épreuves sont le couronnement de votre parcours scolaire. Abordez-les avec calme, discipline et honnêteté. Refusez toute forme de tricherie : seule la réussite méritée vous ouvrira les portes de l’avenir », a-t-il exhorté, appelant également les encadreurs au respect strict des consignes et de la rigueur professionnelle.
De son côté, l’inspectrice principale provinciale, Françoise Mombo, a mis en lumière deux innovations majeures introduites cette année :
– l’instauration de l’oral d’anglais pour toutes les filières du cycle long ;
– la numérisation complète du processus de l’examen.
« Cette numérisation couvre toute la chaîne : de l’enrôlement des candidats à la publication des résultats, en passant par la collecte des données, le suivi des absences et la correction », a-t-elle expliqué.
Elle a précisé que la province éducationnelle Mongala 1 compte 30 centres d’examen répartis en 16 filières, pour un total de 9 991 candidats, filles et garçons confondus. Les épreuves se déroulent du 4 au 18 mai 2026.
Présidant la cérémonie de lancement, le gouverneur de province, Jean Colin Makaka Pap’ekaka, a invité les candidats à faire preuve de sérieux et de patriotisme :
« Travaillez avec discipline et honnêteté. La qualité de notre province se mesure aussi à notre niveau intellectuel. Nous attendons de vous que vous serviez dignement la nation », a-t-il affirmé, avant de lancer officiellement les épreuves.
La cérémonie s’est tenue au lycée Monzoto Mwa Tongo, en présence du président de l’Assemblée provinciale, des membres du comité provincial de sécurité et des autorités éducatives. Elle a débuté par le serment du citoyen, suivi d’une ronde dans plusieurs centres de la sous-division Lisala 1.
Jonas Mboli Egbokolimba/CONGOPROFOND.NET
