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Butembo : Grève des enseignants du primaire public, les élèves renvoyés chez eux ce lundi matin
Un mouvement de grève est observé dans les écoles primaires publiques de Butembo, au Nord-Kivu, depuis ce lundi 13 avril 2026, en raison du retard de paiement des salaires du mois de mars. Cette action fait suite à un mot d’ordre lancé le week-end par le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), section de Butembo.
Selon une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET dans plusieurs établissements, de nombreux élèves se sont retrouvés livrés à eux-mêmes dans les cours d’école, contraignant les responsables scolaires à les renvoyer à domicile.
Le directeur de l’École primaire Matengenzo, M. Sivyasira Paluku, confirme cette situation : « Nous venons de renvoyer les écoliers à la maison parce que les enseignants sont mécontents du retard de paiement du salaire du mois de mars. Certains enseignants étaient présents, mais sans dispenser les cours. Face à l’absence d’encadrement, les enfants ont commencé à rentrer. Mon adjoint et moi ne pouvons pas gérer à nous seuls 27 classes », a-t-il déclaré.
Ce responsable scolaire regrette que cette perturbation survienne à l’approche de la fin de l’année scolaire, avec des conséquences possibles sur le respect du calendrier et l’exécution des programmes. Tout en reconnaissant le bien-fondé des revendications des enseignants, il les appelle à privilégier l’intérêt supérieur des apprenants en cette période cruciale.
Par ailleurs, M. Sivyasira Paluku interpelle le gouvernement congolais, l’exhortant à assurer le paiement régulier des salaires afin d’éviter de telles situations.
Pour sa part, le SYECO/Butembo avait annoncé, samedi 11 avril 2026, lors d’une assemblée générale extraordinaire, le déclenchement de cette grève à partir du lundi 13 avril 2026. Selon son secrétaire, M. Benito Mighaso, la reprise des cours reste conditionnée au paiement effectif des salaires en retard par l’État.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
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Réhabilitations à répétition des routes de desserte agricole : L’expert Firmin Kiala met en garde contre les solutions improvisées
L’amélioration durable des routes de desserte agricole en République démocratique du Congo passe impérativement par des études techniques approfondies, adaptées aux réalités géotechniques du pays et accompagnées d’un renforcement des compétences locales. C’est le message central défendu par Firmin KIALA KI-N’SOKI, consultant international et point focal de l’étude sur la qualité et la durabilité des routes de desserte agricole réhabilitées.
S’exprimant lors de l’atelier de synthèse du rapport provisoire de cette enquête nationale organisé du 6 au 7 mai 2026 au Cercle Elais, l’expert a dressé un état des lieux des infrastructures rurales réhabilitées à travers le pays tout en mettant en garde contre une généralisation précipitée de certaines techniques de stabilisation des routes.
« Il faut y aller progressivement », a insisté Firmin Kiala, estimant que plusieurs procédés techniques nécessitent encore des évaluations adaptées aux contextes locaux avant toute application à grande échelle.

Une étude nationale menée dans les 26 provinces
Selon le consultant, cette vaste enquête de terrain a mobilisé des équipes pendant près d’une année dans différentes régions du pays. L’objectif était d’évaluer les routes réhabilitées, d’identifier les forces et faiblesses des interventions réalisées et de capitaliser les meilleures pratiques observées sur le terrain.
L’étude a couvert un échantillon représentatif des 26 provinces de la RDC, réparties à travers sept grandes zones géotechniques. Une approche qui permet aujourd’hui de disposer d’une lecture plus précise des défis liés à la durabilité des infrastructures rurales.
Pour l’expert, il devient urgent de sortir des méthodes classiques afin d’adopter une approche globale et holistique des routes de desserte agricole. Celle-ci doit intégrer des chaussées adaptées aux besoins d’évacuation des produits agricoles en toutes saisons vers les centres de consommation, tout en tenant compte du trafic potentiel attendu.
Drainage, protection et entretien : les clés de la durabilité

Au-delà des travaux de réhabilitation, Firmin KIALA KI-N’SOKI insiste sur la nécessité d’intégrer des mesures de protection efficaces telles que les barrières de pluie, les dispositifs de lutte antiérosive ainsi qu’un système de drainage performant.
Refusant ce qu’il qualifie de « désinvestissement » consistant à revenir régulièrement sur les mêmes axes quelques années après leur réhabilitation, le consultant estime qu’avec une amélioration adéquate des sols de plateforme et un drainage efficace, une route bien exécutée peut tenir au moins dix ans avant l’apparition des premières dégradations majeures.
Dans cette logique, il recommande également la promotion du système d’entretien par Niveaux de Services (GeNis), considéré comme une alternative efficace pour assurer un suivi permanent des infrastructures rurales.
« La sagesse et l’expérience au service de la Nation »
À travers cette démarche, Firmin KIALA KI-N’SOKI confirme sa volonté de mettre son expertise au service du développement des infrastructures rurales congolaises. Une vision qui privilégie la durabilité, l’anticipation technique et la valorisation des solutions adaptées aux réalités du territoire national.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
