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EDINGWE « MOTO NA NGENGE », le Roi des catcheurs congolais, raconté par le journaliste Nila Mbungu

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J’ai eu la grâce de connaitre personnellement ce vaillant guerrier, de patrouiller avec lui pendant de longues années à Matete et Lemba. J’ai suivi ses débuts au WBC (foyer de Matete où s’entraînaient les sportifs des différentes disciplines). Que des souvenirs ! Pour une raison que je ne peux expliquer, Edi me traitait avec respect. De la Revue « Jeunes où Aller » MOLENDE (1973-1974) de Jackson Pululu à Visa 2000 ( septembre 1974- mars 1999 ), via « Elima-Dimanche » (avril 1974-juin 1981), « Salongo »(septembre 1981-janvier 1998), « Compatriote-Détente »(février 1998- août 1998) et « EBENE Magazine » de Paris (Juin 1999-2020), j’ai beaucoup écrit sur cette légende du catch.

EDINGWE alias « La Locomotive qui fume » a réalisé en République Démocratique du Congo une carrière aussi mythique que UNDERTAKER au RAW. Pendant longtemps il a tenté d’affronter HULK HOGAN. C’est authentique… La WWE l’a ignoré. Si on lui avait accordé la chance d’évoluer dans ce prestigieux championnat, le monde aurait découvert ses pouvoirs. Rassurez-vous. Le fait de recourir à la magie noire ne veut pas dire qu’il était mauvais lutteur. Aussi redoutables qu’ils furent, Prince Zephy et Puma Noir subissaient sa loi à Kinshasa.
Cela n’a pas empêché LUBUELA alias PRINCE ZEPHY, devenu célèbre avec son impressionnant Python Royal, de décrocher le titre mondial des mi-lourds en 2000.

On connaît aussi le parcours remarquable de BOTOWAMUNGU et NDONDA dit PUMA NOIR en Europe. Le public américain raffole de toute façon des catcheurs mystiques. Et exulte en voyant des serpents, des lampes magiques et autres cercueils.
N’avez-vous pas l’impression de voir Edingwe en regardant Undertaker faire son entrée sur le ring ? Même démarche, même gueule, même rituelle pour impressionner l’adversaire. Puisque Edingwe a commencé le catch avant Undertaker, qui imite l’autre ? Certainement pas Moto na Ngenge…

L’autre marque déposée de EDINGWE c’est sa crinière. Le « Roi des catcheurs Congolais » peut s’enorgueillir d’avoir influencé la PLANETE avec cette coiffure qui le distingue depuis 30 ans. Edingwe est de la race de grands champions. Ceux qui connaissent ses débuts savent que c’est un redoutable lutteur et un bon judoka. Il maîtrise la technique au sol et cogne très fort.

Comme Randy Orton avec sa fameuse prise R.K.O, le coup de tête est depuis toujours l’arme fatale de « Ya’EDI ». Sa taille (2m10) et son poids (120 kilos) représentaient aussi un argument de taille face aux supers stars de la WWE. Rappelons surtout qu’il est résistant et n’a jamais été mis K.O.

Quand Edingwe a commencé à hypnotiser et à faire danser ses adversaires sur le ring, d’aucuns dénoncèrent une imposture. Mais après une domination de plus de 40 ans, tout le monde a compris qu’on se trouvait en face d’un vrai phénomène. Cet homme était quasiment sans contrôle émotionnel. Tout Maindombe sait que ses fétiches étaient un héritage familial.

Ces dernières années, il a franchi la ligne rouge de la sorcellerie en révélant ses pouvoirs d’hypnose et de suceur de sang. Comparé au fameux Undertaker que le monde du catch vénérait avant le « 21-1 » contre Brock Lesnard, Edingwe apparaît plus démoniaque.

En effet, ses derniers numéros réalisés en Europe furent étranges.
On l’a vu figer et dénuder ses adversaires. Le public ne comprenait pas comment il arrivait à terrasser ses adversaires d’un coup de tête asséné à distance (comme dans les films des Mutants) et à les obliger à se dénuder, et à pisser sur le ring !
Il aurait fait ces numéros à la WWE, sa place parmi les IMMORTELS du catch était assurée.

Edingwe Moto na Ngenge alias « La Locomotive qui fume » nous a quittés. Il est décédé au Maroc, le lundi 13 janvier 2025 après une longue maladie.

Paix à son âme et toutes mes condoléances à sa famille.

Nila Mbungu

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Tshisekedi face aux journalistes : un rendez-vous à haut risque sur tous les fronts

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Le Palais de la Nation se prépare à vivre un grand oral sous tension. Ce 6 mai 2026, la conférence de presse présidentielle doit affronter simultanément la crise sécuritaire dans l’Est, la controverse autour d’un éventuel changement constitutionnel, et le dossier explosif des sanctions contre Joseph Kabila. Rater cette communication reviendrait à offrir un angle d’attaque à toutes les oppositions.

Sur le plateau, la sécurité sera le premier banc d’essai. Les journalistes veulent des réponses précises sur les moyens alloués aux FARDC et la sincérité des coopérations militaires étrangères. Sur l’épineuse question de la Constitution, toute ambiguïté nourrira le soupçon d’un passage en force. Le moindre faux pas pourrait relancer les manifestations hostiles interdites dans la capitale.

Le nom de Joseph Kabila flottera inévitablement sur la salle. Félix Tshisekedi devra expliquer comment gérer cet isolement sans paraître lancer une chasse aux sorcières des anciens dignitaires. Les observateurs jugeront sa capacité à poser en chef d’État rassembleur et maître de son temps, bien au-delà des règlements de comptes personnels. Une conférence à la vie, à la mort politique.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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