Analyses et points de vue
ECC-CENCO/Kagame/Tshisekedi : Le dialogue qui risque de dérouter de la vraie question ( Édito d’Henry MUTOMBO MIKENYI/Ecrivain, Chercheur en fiscalité et en Géostratégie)
Comme un disque enrayé ayant tourné des millions des fois, voici remonte sur le rail le dialogue, l’autre mot qu’adorent les politiques congolais, car celui-ci est le prénom d’un autre substantif à savoir le partage du pouvoir. C’est l’autre nom de la démocratie congolaise, qui fonctionne sur la contestation systématique de Tout, le refus de la perception républicaine de la réalité et l’attente du moment de la dégradation du climat politique pour faire venir l’astuce infaillible du dialogue.

Tous veulent du dialogue, cependant chacun y donne un contenu qui correspond à leur charge virale politique. Face à la menace d’une véritable balkanisation à cause de l’agression rwandaise, le Président Félix Tshisekedi a lancé un appel à l’unité nationale, à une mobilisation de toutes les forces vives de la nation en vue de faire face à cette guerre qui augmente chaque jour le nombre de morts.
Comme une forme d’union sacrée, il a demandé que tous puisent dans leur amour de la patrie pour donner un appui aux efforts de reconquête. C’est cela qu’il a, en tout cas, dit lors de son dernier message à la nation, le 29 janvier 2025, au lendemain de la prise de la ville de Goma par l’armée rwandaise et ses supplétifs, les terroristes du M23. Une prise, non sans conséquence, car les humanitaires et les services gouvernementaux ont dénombré 3000 morts, et des nombreuses victimes des viols perpétrés par l’armée d’occupation.
Mais voilà que la Cenco y voit un rôle de médiateur comme s’il lui était demandé d’organiser un dialogue à l’instar de celui de 2016 qui devait gérer à l’époque la fin du mandat de l’ex chef de l’Etat joseph Kabila pour une période de transition de deux ans avant les élections de 2018. Ce fut un moment de la mise en place d’un consensus calendaire, qui était précédé des répressions sanglantes innommables.
Aujourd’hui les opposants entendent dans cet appel un moyen d’obtenir une décrispation du climat politique qu’ils estiment être construit sur l’oppression car le régime et non le pouvoir est aujourd’hui exercé sans respect des normes. C’est pour eux, prétendent-ils, une occasion d’apporter leur contribution dans la gouvernance. Car selon eux le rôle constitutionnel de l’opposition n’est plus possible. Ils doivent avoir accès aux rênes du pouvoir pour préserver ce qui est encore possible.
La question que la population se pose c’est de savoir si ce dialogue que la CENCO se prédispose à organiser va aussi toucher le pouvoir de Kigali ? Car ce sont des militaires rwandais qui sont présents à Goma, à Bukavu et ailleurs.
Maintenant qu’elle a rencontré le président du Rwanda, qui est le véritable patron du M23 et de l’AFC de Corneille Nangaa, quelle force aurait-elle pour imposer une paix au Rwanda qui a un autre agenda ? rappelons que cet agenda n’a qu’une seule motivation, à savoir la désintégration de la République Démocratique du Congo, dont l’objectif est irréversiblement ; la poursuite du pillage systématique des ressources naturelles de la RDC et la politique du remplacement des peuples. En se proposant comme médiateur la cenco accepte ipso facto la balkanisation du pays car elle n’est pas sans ignorer la demande d’autonomisation que réclame le M23.
Comment les prêtres peuvent avoir l’audace de simplifier une question aussi grave qui a déjà été couverte d’une dimension militaire aiguë ? La cenco est-elle au courant que derrière le Rwanda il y a des puissances occidentales dont l’agenda est dévoilé chaque jour dans les différents parlements ? Même si Tshisekedi, fayulu, Katumbi et d’autres redevenaient copains cela empêcherait-il la machine de rapine internationale de tourner ?
On peut réaliser à la veille de cette rencontre que la dimension géostratégique du dossier échappe aux évêques dont la bonne foi ne suffit pas pour résoudre la grande contradiction, la principale qui oppose aujourd’hui la RDCongo au Rwanda. Dans le cas d’une crise, voire d’une guerre, il ne doit pas y avoir de contestation de leadership car une armée divisée comme un pays divisé ne peut faire face à l’adversité. Il y en a qui pensent que le moment est venu pour punir le Président de la République, Felix Tshisekedi, pour des raisons qui leur sont propres, oubliant que ces apocalypses qui nous fragilisent aujourd’hui, résultent d’une planification extérieure contre le développement, l’unité nationale et l’intégrité territoriale de la RDC, portée par Monsieur Paul Kagame qui est la tête de pont de l’occident.
A l’instar de Chiang Kai-Chek, cet homme politique chinois qui lors de l’invasion japonaise en Chine, avait abandonné son opposition et son adversité à Mao Zedong Tsé-toung en s’alliant à celui-ci sans se cramponner à la querelle des responsabilités dans le seul but de faire échec à la menace de conquête des territoires portée par son puissant voisin la République japonaise. Le résultat de ce véritable front commun patriotique était la victoire de la chine sur le Japon. Nous savons ce que représente la Chine aujourd’hui sur la scène internationale.
La République Démocratique du Congo a toujours été à la conjonction des intérêts mondiaux, son salut ne viendra que dans l’unité de son peuple. Son élite qui doit reprendre à la masse ce qu’elle exprime avec confusion afin de le lui restituer en termes de vision claire, a le devoir sacré de construire sa communauté destin dans le diapason de l’appel de la grandeur de la RDC.
Occulter avec atermoiements, cette mission de la vocation de la nation congolaise, donnerait raison à ceux qui pensent que nous ne méritons pas ce pays, et qu’il faut nous le dézinguer. La fin de cette guerre d’agression ne repose pas essentiellement sur un quelconque dialogue dont les recettes sont connues, le choix des animateurs, la reconsidération de notre politique extérieure et la prise de conscience nationale, sont là les potentiels facteurs névralgiques à la construction d’un Etat congolais fort, susceptible de mettre fin au statut d’un peuple faible et inorganisé à qui on doit rappeler que ce sont les hommes qui fabriquent les frontières…
Henry MUTOMBO MIKENYI
Ecrivain, Chercheur en fiscalité et en Géostratégie
Analyses et points de vue
RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)
Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.
Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.
En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.
CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.
Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.
Le Processus de Réinsertion
Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.
A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.
Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.
Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.
Suivi psychologique pour les violences
Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.
La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.
Zagor Mukoko Sanda
