À la Une
Ebola, Monusco, échanges commerciaux, mines, guerres, élections, diplomatie, etc. : F. Tshisekedi a parlé à l’ONU ( Synthèse du discours )
Au-déla des politesses généralement quelconques que requièrent tel événement, le chef de l’État, toujours serein et combatif, a voulu attirer l’attention du monde entier vers l’Afrique en général, et la RDC en particulier, en ce qu’elles ont de positif, des efforts déjà accomplis, et des défis majeurs en terme de perspectives.
EBOLA
Le président de la république a remercié la communauté internationale qui est venue au chevet de la Rdc, avec les efforts desquels cette maladie à virus est en train d’être vaincue.
Sans oublier naturellement de louer les efforts des équipes sur terrain et du personnel local.
Il a annocé que 5 nouveaux medicaments vont être lancés pour guérir les malades atteints.
MONUSCO
Le président de la république a salué la communauté internationale pour les sacrifices consentis en faveur de la paix. Toutefois, en accord avec le SG de l’ONU, il sollicite que le mandat de cette force soit revisité par une force non pléthorique, bien équipée et forte, concentrée dans les zones de guerre, à l’image de la Brigade d’intervention rapide qui avait mis en déroute le M23 (cfr la guerre menée par le colonel Mamadou Ndala, appuyée par la fameuse brigade onusienne).
ECHANGES COMMERCIAUX
La signature du traité de la ZLEC (Zone de Libre Échange Économique de l’Afrique) au Niger récemment constitue un pas important pour les pays africains. La suppression des barrières douanières va permettre à l’Afrique d’augmenter son flux de commerce.
La RDC en particulier va s’employer à construire des routes et des débouchées pour d’abord relier le pays tout entier du nord au sud, de l’est à l’ouest, puis relier les autres pôles des pays frontaliers (cfr pont suspendu sur le fleuve Congo, de la BAD), et autres projets.
RESSOURCES MINIÈRES
« Le monde a soif du cobalt et du coltan, et la Rdc, elle, a besoin des emplois, de la formation et du transfert des technologies ».
Le président a fait voir que toutes ses ressources stratégiques ne seront plus bradées, mais que celui qui veut s’en approprier, puisse discuter d’égal à égal avec les autorités congolaises, sans quoi, les contrats léonins ne passeront plus.
EAU
La RDC possède l’une de plus grandes réserve d’eau douce au monde. Ce réseau sera désormais au centre d’enjeux économiques pour le développement du pays…
RÈGLEMENT DES CONFLITS
Sortir des sentiers battus pour un règlement des conflits d’abord à l’africaine, dans le cadre des organisations bi et multilatérales. Clin d’œil à ses propres efforts pour le règlement du conflit rwando-ougandais.
Ici, le chef de l’État a voulu mettre un accent sur la non-ingérance des puissances étrangères dans les conflits qui minent le continent, et qui en réalité se comportent plus en pyromanes pour faire ensuite le sapeur-pompier.
ELECTIONS
Le président de la république a salué l’alternance pacifique et démocratique intervenue en Rdc à son élection. Il a remercié les pays qui ont cru à ce processus, notamment le Kenya, l’Égypte et les USA, et a promis de poursuivre ce nouvel élan qui remet la Rdc dans le concert des nations civilisées.
Par ricochet, il a parlé du repsect des droits de l’homme depuis son avènement au pouvoir.
« Dans mon pays, plus personne ne s’exile pour sauver sa vie à cause de sa liberté de conscience, ou de ses opinions politiques »!
Et dans la formation du gouvernement, il a dit être celui qui a fait passer la participation des femmes du taux de 6 à 18%, et que ces efforts vont se poursuivre.
DIPLOMATIE AFRICAINE
Le chef de l’État s’est engagé à poursuivre et à consolider une politique de bon voisinage, dans le respect de la souveraineté et l’intégrité territoriale des pays voisins et tous les autres pays.
Les africains doivent réfléchir sur de nouvelles politiques d’intégration africaine pour reduire les inégalités et les tensions.
Ainsi, vexé par l’immigration clandestine qui endeuille l’Afrique avec les morts dans la Méditerranée, l’orateur a sollicité que les africains trouvent des solutions internes pour endiguer ce phénomène, notamment en promeuvant la démocratie et le respect des droits des citoyens, mais aussi la réduction de la pauvreté.
« Ainsi, je demande la levée des sanctions économiques qui frappent le Zimbabwe depuis 2002, surtout que ce pays vient d’ouvrir une nouvelle page de démocratie de son histoire », a plaidé Félix Tshisekedi.
LUTTE CONTRE LES INÉGALITÉS
Trouver des solutions pour les peuples africains, adaptées à leur situation et aux enjeux de leur propre société.
Voilà structu sensu ce qu’il y’ a à retenir.
Relevons que le discours du chef de l’État était court et consistant, et souvent entrecoupé d’applaudissements.
Quant au fond, c’est plus le panafricain, sinon le panafricaniste qui a pris la parole aujourd’hui, dans une stature plus éloquente que celui de simple chef d’État d’un pays.
Est-ce désormais sa vocation, ou simplement son rôle en tant que 2ème vice-président de l’UA?
Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET
À la Une
DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
