Actualité
Tribune : la Chine, « poule aux œufs d’or », a 70 ans (Par Cyprien Kapuku, journaliste et chercheur en Relations internationales)
Anciennement appelée République de Chine, l’actuelle République populaire de Chine, qui célèbre, cette année, ses 70 ans d’existence, est chargée d’histoire. Aujourd’hui sur le toit du monde, la Chine des années qui ont suivi la proclamation de la nouvelle république ressemblait à peine à un vaste chantier où tout était à reconstruire. Il a fallu un parfait mélange d’abnégation teinté du patriotisme pour qu’on en arrive à cette Chine comparable à ce jour à la poule aux œufs d’or. Retour sur les faits marquants
« Le peuple chinois s’est dressé…Les Chinois ne seront jamais un peuple d’esclaves », annonçait, en grande pompe, Mao Zedong du haut de la tribune de la célébrissime Place Tian’anmen. Nous sommes, le 1 octobre 1949. C’était à l’occasion de la proclamation de la naissante République populaire de Chine. Mais Il n’en reste pas moins vrai que ce message d’espoir cachait encore trois enjeux principaux paraissaient comme de véritables défis de la nouvelle république, aux premiers rangs desquels se trouve l’édification d’un Etat central en Chine. L’atteinte de cet objectif s’accompagne avec l’établissement du parti communiste chinois implanté à tous les niveaux de l’Etat et de la société.
Evidemment, la construction du nouvel ordre politique était, entre autres, fondé sur l’élimination des zones d’influence que l’Occident avait établies au cours de 100 années précédentes, surtout dans le domaine économique, mais aussi en matière de culture et d’éducation, précise un livre collectif intitulé « La Chine au XXème siècle de 1949 à Aujourd’hui. Cette démarche que d’aucuns qualifient de « purge intérieure » a, dans une certaine mesure toute proportion gardée, conduit à la fermeture du nouvel Etat vis-à-vis du monde occidental. Après la création de la nouvelle Chine, le nouveau régime était confronté également au problème de désarmement et intégration des troupes de l’ancien régime qui continuaient encore à opposer une vive résistance.
IT/ Enjeux économiques
Autre défi auquel devrait faire face la nouvelle Chine, était de l’ordre économique. Le nouvel Etat devrait procéder à la réparation des dégâts causés par la guerre afin de relancer la production et l’approvisionnement de millions d’hommes affamés et exposés aux épidémies. Cette tendance va véritablement se confirmer vers la fin des années 70 ans, avec en toile de fond, la mise en œuvre, par l’ancien dirigeant chinois Deng Xiaoping, de la politique de réforme et d’ouverture. Cette période charnière, pourrait-on dire, entre la Chine de 1949 et celle de nos jours est considérée par beaucoup d’auteurs comme étant la « seconde » naissance de la République populaire de Chine. C’est durant cette période, affirment-ils, que la Chine a véritablement amorcé son processus de développement jusqu’à se hisser au deuxième rang de l’économie mondiale à quelques centimètres près derrière les Etats-Unis.
Un troisième défi, non de moindre, auquel devrait également faire face la nouvelle Chine, était celui des alliances avec les autres Etats du monde. Le nouveau régime de Pékin n’étant aussitôt reconnu par les Etats-Unis, va vite conclure une alliance temporaire avec l’ex-URSS afin de se prémunir des éventuelles interventions militaires étrangères, notamment celle des Etats-Unis. Son rapprochement avec l’Union soviétique entraine l’adoption du modèle soviétique. On parle de « voies classiques ».
IT/ Trois nouveautés de Xi Jinping
Si Deng Xiaoping a été le précurseur du développement de la Chine, beaucoup sont d’avis que l’actuel président chinois, Xi Jinping, est celui qui est venu accentuer et approfondir l’élan de la réforme de la Chine, en ouvrant davantage son marché vers l’extérieur. Au-delà de l’approfondissement de la réforme et de son élargissement dans tous les secteurs, Xi Jinping s’est amené avec trois nouveaux concepts : l’Initiative la Ceinture et la Route, la communauté de destin partagé et le socialisme aux caractéristiques chinoises de la nouvelle ère. En réalité, ces trois concepts sont inextricablement dépendants l’un de l’autre. Si bien que chacun d’eux dégage une saveur particulière.
L’initiative la ceinture et la route est ce projet intégrateur de développement économique mondial qui vise les bénéfices mutuels entre les Etats. Sur le plan politique, ce projet milite aussi en faveur du nouvel ordre des relations internationales, c’est l’idée de la communauté de destin partagé, une vision qui promeut la vie paisible en communauté où tout le monde partagerait les mêmes intérêts. Difficile de voir un Etat se lever contre un autre, parce qu’ils sont supposés lien par le même destin.
Le troisième concept, à la signification beaucoup plus interne, vise le renouveau de la Chine à travers la réalisation d’une société de moyenne aisance, avec en prime, l’éradication complète de la pauvreté d’ici 2020. Ce concept, très original, a été depuis lors, inscrits dans la charte du parti communiste chinois.
IT/ La Chine en bref, 700 millions de personnes sorties de la pauvreté
De 1949 à ce jour, la Chine a connu un de développement sans précédent. Actuellement tous les indicateurs de ce géant asiatique affichent au vert, même si le contexte économique international ne s’y prête pas. Les économies du monde se livrent actuellement une guerre économique sur fond d’augmentation des tarifs douaniers.
Mais dans cette guerre aux conséquences pas bonnes sur l’économie mondiale, la Chine part avec un léger avantage du fait de son statut du centre du commerce mondial et de la promulgation, dernièrement lors du 19ème Congrès national du Parti communiste chinois, de loi portant sur les investissements étrangers en Chine, une litanie des mesures avantageuses aux investisseurs d’ailleurs. Avec autant de chaines de production industrielle, la Chine est devenue le centre économique du monde. Sa contribution à la croissance mondiale est estimée Elle à 16,3%, les chiffres du FMI. Avec des projets d’investissement presque partout dans le monde, la Chine est le premier partenaire économique de l’Union européenne, de l’Afrique, de la Russie et de plusieurs autres pays
Sans vouloir attiser le feu, il est d’autant plus vrai que personne ne sort gagnant dans ce genre de confrontation commerciale. D’où, les appels répétés au dialogue de la communauté internationale. Chose que les deux parties peinent encore à réaliser.
Sur le plan social, dans l’intervalle de la période qui a suivi l’ouverture de la Chine jusqu’à ce jour, la République populaire de Chine a réussi à sortir près 700 millions de Chinois de la pauvreté. Ce qui représente environ dix fois la population actuelle de la République démocratique du Congo, autre grand d’Afrique qui peine encore à se relever de ses cendres.
Dans un autre registre, l’espérance de vie moyenne des Chinois a augmenté de 42 ans, passant de 35 ans en 1949 à 77 ans en 2018, selon un communiqué publié par la Commission nationale de la santé. Par extension, la Chine mise actuellement sur l’initiative dite « Chine saine », programme qui vise à améliorer la politique de santé nationale et à offrir des services de santé complets à vie pour tous les Chinois, sans exception.
L’une des dernières réalisations marquant le 70ème anniversaire de la République populaire de Chine, se trouve être le nouvel aéroport international Daxing Beijing, officiellement lancé, mercredi 25 septembre, par le président chinois Xi Jinping, un véritable joyau aéroportuaire du temps moderne, construit en moins de cinq ans.
It/ Respect et admiration
Il convient de noter également des avancées majeures réalisées dans le domaine des technologies et de l’innovation, notamment la technologie « 5 G ». La Chine est aussi l’un des pays pionniers en Intelligence artificielle et dans la fabrication de voiture à énergie nouvelle.
Autre succès de la République populaire de Chine, c’est le renforcement de son système de défense militaire.
Pour tout dire, dans les panneaux, la Chine actuelle vit dans situation meilleure que celle dans laquelle elle était durant les premières années de sa naissance.
D’un Etat économiquement faible et politiquement et sécuritairement instable, la Chine, comme à l’aide d’un coup de baquette magique, est présentement dans sa zone de confort, déjouant tous les pronostics de tous ceux qui ne juraient que par sa mort prématurée. Rien d’être un fait du hasard, la remontée spectaculaire de la Chine est le fruit du travail de longue haleine, lui conférant l’étiquette de la « poule aux œufs d’or », suscitant respect et admiration. C’est tout le monde qui vient vers elle. Certains pour se ressourcer, d’autres pour s’inspirer. Bref, la Chine de l’ère Xi Jinping mérite bien un hat trick.
Cyprien Kapuku, journaliste et chercheur en Relations internationales
Politique
DPS Kwango : Jean Dilonga affirme avoir refusé des tentatives de corruption liées à un dossier de détournement
Le dossier de détournement et malversations au sein de la Division provinciale de la Santé qui a secoué notamment des responsables des Programmes spécialisés de santé publique a risqué de s’enterrer et d’être classé « sans suite ». Cette situation est monnaie courante au Kwango, où certains médecins érigés en chefs coutumiers à la tête de certains programmes ont eu l’habitude de corrompre les autorités pour garder les postes et même monter en grade au grand dam des faits parfois tangibles.
Les gris-gris de Kimafu n’ont pas fonctionné cette fois
Quatre médecins chefs de programmes ont été mis en cause : Dr Deo Lulengwa, coordonnateur du Programme National pour la santé sexuelle et de la reproduction (PNSR), est accusé d’avoir détourné une importante somme d’argent et des matériels (ordinateurs, médicaments, etc). Il a détourné 19.000 ampoules de Carbétocine, une molécule destinée aux femmes. Dr Lulengwa, en lieu et place d’utiliser le médicament dans le cadre du programme, a choisi de le vendre et se faire de l’argent.
Il n’a organisé aucune activité de supervision des activités de son programme alors qu’il est financé par les partenaires ; Dr Serge Kandi (coordonnateur provincial du Programme National de Lutte contre les Maladies Tropicales Négligées à Chimiothérapie Préventive MTN-CTP) a été audité autour d’une fuite d’information sur l’utilisation des fonds du partenaire End-Fund Ufar.
L’audit a donc révélé un vol de 18.000 $ destinés à la formation de formateurs ; Dr Théo Kulonda (coordinateur du Programme National de Transfusion Sanguine, PNTS) est reproché de mégestion et de détournement des fonds. Selon l’inspecteur provincial de la santé, son programme ne fonctionne pas. Il est inexistant. Pas d’activités, il s’est transformé en commerçant des poches de sang et se fait du fric.
Il y a aussi Dr Abbé Marc Lukanzu, médecin et prêtre du diocèse de Kenge qui a reçu la charge de conduire la coordination provinciale du programme national de santé de l’adolescent (PNSA). Il lui est reproché des erreurs minimes d’administration. Il a été recadré et orienté. Il reste le seul jugé clean parmi les médecins audités.
Dr Lulengwa, Kandi et Kulonda ont écopé d’une suspension et sommés de restituer les sommes et les matériels détournés avant d’espérer la réintégration. Les autorités provinciales sont déterminées à piocher jusqu’au dernier voleur de la DPS pour éradiquer le mal dans la système de santé au Kwango dont la qualité de soins de santé ne bouge jamais d’un iota malgré l’implication des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers, à cause des détournements protégés des complices et des marabouts. C’est un empire qui s’effondre !
Selon des informations à notre possession, les médecins visés par l’audit de l’inspection provinciale de la santé du Kwango sont revenus à la charge. Des sommes d’argent ont circulé pour convaincre certaines autorités à taire le dossier. Le chef de l’Inspection provinciale de la santé du Kwango, M. Jean Dilonga, a confié à CONGOPROFOND.NET que certaines personnes l’ont contacté avec des enveloppes à la clé pour obtenir l’enterrement du dossier.
« J’ai refusé tous les avantages en nature comme en argent qui m’ont été présentés par ces médecins qui sont venus me corrompre », a-t-il dit. M. Dilonga a révélé qu’il a été plusieurs fois contacté au téléphone et reçu des visites à sa résidence pour effacer le dossier.
« L’impunité ne régnera pas toujours », a-t-il pensé, renvoyant « les corrupteurs les mains vides. » En l’en croire, il faut que cet empire de voleurs s’effondre.
Émile Yimbu
