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Ebola : fuite en avant du ministre Ilunga !

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Si le ministre de la Santé, Oly Ilunga, croyait créer l’événement en démissionnant bruyamment d’un gouvernement dont l’ensemble des Congolais souhaite qu’il puisse débarrasser rapidement le palier, c’est raté. S’il pensait rendre le Chef de l’Etat responsable du flottement des stratégies de riposte contre la fièvre hémorragique à virus Ebola et le jeter en pâture à la communauté tant nationale qu’internationale, il s’est foutu lui-même le doigt dans l’œil.

Oly Ilunga

Comment ce membre de l’équipe Tshibala ne pouvait-il pas comprendre qu’à la lumière des résultats mitigés récoltés par les équipes de riposte, dont il a coordonné les activités pendant onze mois, soit d’août 2018 à juillet 2019, son cabinet ministériel a montré ses limites ?

Que voulait-il ? Que le Chef de l’Etat continue à le laisser faire du tourisme ou du business entre Kinshasa, Bunia, Beni, Butembo et les capitales européennes, pendant que la maladie à virus Ebola élargissait sa sphère de personnes touchées et de morts, et que les partenaires, notamment l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l’Union Européenne, les Etats-Unis d’Amérique et autres, commençaient à s’interroger sur ce qui passait réellement sur le terrain ?

Il est scandaleux de constater que le ministre de la Santé ait démissionné en évoquant, pour cause, son absence dans le Secrétariat technique mis en place par le Chef de l’Etat, sous la coordination du professeur Muyembe Tamfum, un spécialiste mondialement connu dans la lutte contre Ebola. S’il avait pris soin de s’informer sur le CV de cet expert, il se serait épargné le ridicule qui risque de le pourchasser, pendant longtemps, dans sa fuite en avant face à Ebola.

Sous un soleil de plomb, les volontaires enfilent leur équipement de protection avant de procéder à l’enterrement d’une victime du virus Ebola à Mangina #RDC

Qu’il nous soit permis de rafraichir la mémoire du ministre démissionnaire de la Santé en lui rappelant que le professeur-docteur Muyembe, microbiologiste de son état, est de tous les combats contre les épidémies en RDC comme en Afrique, depuis 1976, année de l’apparition de la célèbre épidémie de Yambuku ou de Marburg, ancêtre d’Ebola. C’est avec Muyembe comme coordonnateur des équipes de riposte que l’ex-Zaïre avait eu raison, en un temps record, des épisodes d’Ebola à Kikwit dans les années 80, sous la dictature de Mobutu, qui s’était incliné devant son expertise. Lorsque la localité de Djerba, dans l’ex-province de l’Equateur, a été récemment attaquée par Ebola, ce médecin avait fait étalage de ses connaissances et son expérience dans la lutte.

Au cours des séances de sensibilisation organisées à l’intention des membres des communautés, les volontaires de la Croix-Rouge expliquent le comment et le pourquoi de l’utilisation de sacs mortuaires pour les inhumations sans risque et dans la dignité

C’est encore lui qui était au fur et au moulin, dans la mise en œuvre des équipes de riposte contre le virus à Ebola au Gabon, en Guinée/Conackry, en Sierra Leon et au Liberia. En Afrique et dans le monde, personne n’a jamais remis en cause le travail du professeur-docteur Muyembe, devenu le point focal des partenaires extérieurs qui se mobilisent spontanément dès que l’épidémie d’Ebola s’annonce quelque part à travers le continent.

Ce n’est pas un hasard s’il pilote, depuis plusieurs années, l’INRB, Institut National de Recherches Bio-Médicales, dont l’efficacité dans les analyses des échantillons de sang, de salive et de selles prélevés sur les sujets suspectés d’être porteurs du virus à Ebola est également reconnu mondialement.

Ebola

L’ex-ministre Santé peut tout dire, sauf accuser le Chef de l’Etat d’avoir fait un mauvais choix en confiant au Dr Muyembe la direction du Secrétariat technique chargé de réactiver la lutte contre Ebola dans la partie orientale du pays. Mauvais perdant, Oly Ilunga prédit des jours sombres pour la RDC, dans son combat contre Ebola, sans en maîtriser les paramètres et, surtout, sans avouer avoir lamentablement échoué comme représentant du Chef de l’Etat dans les équipes de riposte. On retient de ce démissionnaire de dernière heure, l’image d’un lâche, qui n’a pas eu l’honnêteté ni le courage d’avouer ses insuffisances dans la gestion de son portefeuille ministériel. Il aurait dû, avant de quitter son ministère, expliquer à la communauté nationale et internationale pourquoi il pompait, au quotidien, des communiqués rassurants sur l’évolution de la riposte contre Ebola, alors que la situation virait à la catastrophe. On espère qu’il reviendra faire publiquement son mea culpa, dès que la RDC aura proclamé sa victoire sur Ebola, comme par le passé.

Le Phare

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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )

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Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.

Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?

Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.

Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.

La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.

CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?

Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.

Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.

Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.

CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?

Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.

Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.

CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.

Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.

CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?

Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.

C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.

Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.

Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.

CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?

Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.

La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.

Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.

CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.

Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.

CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?

Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.

Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?

Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.

C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.

C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.

CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?

Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.

Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.

Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.

C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

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