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Justice

Droit : Jusqu’où va le droit de draguer sans tomber dans le harcèlement ?

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En République démocratique du Congo, comme ailleurs, la frontière entre la séduction légitime et le harcèlement devient de plus en plus un sujet d’interrogation sociale, morale et surtout juridique. Si « draguer » reste un comportement social toléré dans une certaine mesure, il ne doit jamais franchir les limites du respect de l’autre, de son consentement et de sa dignité.

D’un point de vue juridique, le droit congolais n’interdit pas l’acte de séduction en soi. Toutefois, il sanctionne sévèrement tout comportement qui devient insistant, non désiré, oppressant ou humiliant, notamment dans le cadre professionnel ou éducatif. La Loi n°06/018 du 20 juillet 2006 modifiant et complétant le Code pénal congolais réprime le harcèlement même dans son aspect sexuel (article 174d et e).

Ainsi, une simple déclaration d’intérêt ou une tentative respectueuse de séduction ne constitue pas une infraction. Mais dès lors que les avances deviennent répétées, insistantes ou dégradantes, qu’elles sont accompagnées de pressions ou de gestes déplacés, on tombe dans l’illégalité.

Dans la société congolaise contemporaine, où les dynamiques de genre évoluent et où les voix s’élèvent pour dénoncer les abus, il devient crucial de sensibiliser davantage sur cette distinction. Draguer n’est pas un crime, mais harceler en est un, qui conduit à une peine de servitude pénale de un à
douze ans et d’une amende de cinquante mille à cent mille Francs
congolais ou d’une de ces peines.

Adeodat LIKINDA/CongoProfond.net

Justice

Butembo : le COVISMAKI exige justice pour les victimes des massacres de Kikyo, 28 ans après

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« Nous demandons que justice soit faite pour les victimes de Kikyo », a déclaré Junior Mastaki Milton, ce mardi 14 avril 2026 à Butembo, lors de la commémoration des massacres du 14 avril 1998. À travers cette prise de parole, le coordonnateur du COVISMAKI a réaffirmé l’engagement des victimes et de leurs familles à obtenir réparation pour ce drame longtemps resté impuni.

Organisée à la paroisse Saint Sacrément de Lyambo, dans la commune de Kalemire, cette journée de mémoire a rassemblé plusieurs fidèles, autorités locales et acteurs communautaires. Le COVISMAKI a profité de cette célébration eucharistique pour rappeler l’importance de préserver les lieux d’inhumation et de transmettre la mémoire des victimes aux générations futures.

Dans son intervention, Junior Mastaki Milton a insisté sur la responsabilité collective face à ce passé douloureux : « Chaque 14 avril, nous entretenons les tombes pour que les traces ne disparaissent pas », avant d’ajouter que « si ces massacres ont été reconnus, il est incompréhensible que la justice tarde encore à être rendue ».

La commémoration a également connu la participation de plusieurs députés provinciaux, dont Chafi Musitu, Kambale Kibakose Moïse et Christian Mafungula, venus témoigner leur solidarité. Tous ont relayé le message de justice et de reconnaissance en faveur des victimes et de leurs familles.

Des survivantes ont livré des récits poignants, à l’image de Cécile Kavira, qui a perdu son mari enseignant lors des violences. « Il a été tué par balle en tentant de fuir et enterré près du lieu du crime », a-t-elle confié, évoquant aussi les difficultés persistantes auxquelles font face les veuves et les orphelins depuis ce drame.

La journée s’est clôturée par une procession à travers les principales artères de la ville jusqu’au cimetière de Kitatumba, où des gerbes de fleurs ont été déposées au mémorial de Kikyo. Près de trois décennies après les faits, les familles continuent de dénoncer l’absence de justice pour ces centaines de civils tués ou enterrés dans des fosses communes en 1998.

Dalmond Ndungo

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