À la Une
Dr Vasyl Hamianin : « La guerre de l’information, une arme plus redoutable que les canons »
En marge de la conférence tenue le 3 novembre 2025 à l’Ambassade d’Ukraine en République Démocratique du Congo, sur le thème « Soft Power russe en Afrique », le Dr Vasyl Hamianin, ambassadeur d’Ukraine en RDC, a livré un message fort sur les enjeux contemporains de la désinformation et de la guerre de l’influence.
Selon le diplomate ukrainien, le monde est aujourd’hui confronté à de nouvelles formes de menaces, moins visibles mais tout aussi redoutables que les conflits armés traditionnels.
« Ce ne sont plus les mêmes dangers que par le passé ; ce sont de nouveaux enjeux, plus complexes et plus subtils », a-t-il déclaré.
Pour l’ambassadeur Hamianin, la puissance des mots peut se révéler plus destructrice que celle des armes : « Les mots peuvent déstabiliser des nations, manipuler des peuples et détruire des sociétés, parfois plus dangereusement encore que les armes elles-mêmes. »
Le diplomate a souligné que le monde assiste aujourd’hui à une véritable guerre de l’information, où idéologies, propagande, manipulations médiatiques et instrumentalisations religieuses servent d’armes stratégiques pour influencer les peuples. Dans cette optique, il a cité la Fédération de Russie comme un acteur majeur de cette guerre d’influence, particulièrement en Afrique.
Dr Hamianin a qualifié ce phénomène de nouvelle forme de néocolonialisme, avertissant que l’Afrique, profondément marquée par l’histoire du colonialisme, doit faire preuve de vigilance : « L’Afrique connaît la douleur, les conséquences et les mécanismes du colonialisme. C’est pourquoi la vigilance est cruciale aujourd’hui. »
Face à ces défis, le représentant de l’Ukraine a appelé à renforcer l’esprit critique, à protéger la vérité et à défendre les sociétés contre toute manipulation idéologique ou géopolitique.
Son intervention a trouvé un écho particulier dans le contexte africain actuel, où la bataille pour le contrôle de l’information, les alliances diplomatiques et les perceptions populaires façonne désormais une part essentielle de la géopolitique du continent.
Régis NGUDIE/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Tshisekedi face aux journalistes : un rendez-vous à haut risque sur tous les fronts
Le Palais de la Nation se prépare à vivre un grand oral sous tension. Ce 6 mai 2026, la conférence de presse présidentielle doit affronter simultanément la crise sécuritaire dans l’Est, la controverse autour d’un éventuel changement constitutionnel, et le dossier explosif des sanctions contre Joseph Kabila. Rater cette communication reviendrait à offrir un angle d’attaque à toutes les oppositions.

Sur le plateau, la sécurité sera le premier banc d’essai. Les journalistes veulent des réponses précises sur les moyens alloués aux FARDC et la sincérité des coopérations militaires étrangères. Sur l’épineuse question de la Constitution, toute ambiguïté nourrira le soupçon d’un passage en force. Le moindre faux pas pourrait relancer les manifestations hostiles interdites dans la capitale.
Le nom de Joseph Kabila flottera inévitablement sur la salle. Félix Tshisekedi devra expliquer comment gérer cet isolement sans paraître lancer une chasse aux sorcières des anciens dignitaires. Les observateurs jugeront sa capacité à poser en chef d’État rassembleur et maître de son temps, bien au-delà des règlements de comptes personnels. Une conférence à la vie, à la mort politique.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
