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Dr Hermione Bolumbe à Accra : « L’Afrique ne doit rien au monde, c’est le monde qui doit à l’Afrique ! »
La capitale ghanéenne Accra a accueilli, du 27 au 29 août 2025, la 5ᵉ édition de la Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCoDD), organisée par le Forum africain sur la dette et le développement (AFRODAD). Un rendez-vous stratégique qui a rassemblé des jeunes leaders politiques et parlementaires du continent autour d’une question cruciale : le poids écrasant de la dette africaine et les mécanismes à mettre en place pour en sortir.

Parmi les voix marquantes de cette session figurait celle de la députée nationale de la RDC, Dr Hermione Bolumbe, médecin et parlementaire, qui a livré un plaidoyer sans concession.
« Passer des discours à l’action »
« L’Afrique ne doit rien au monde. C’est le monde qui doit à l’Afrique », a martelé la députée, rappelant que le continent paie déjà un lourd tribut non seulement par la dette, mais aussi par les guerres et les crises orchestrées de l’extérieur.
Hermione Bolumbe a exhorté ses pairs à rompre avec la simple rhétorique pour entrer dans une dynamique d’actions concrètes.
« C’est bien de dénoncer et d’en parler, mais il est temps d’agir. Trop c’est trop ! Nous devons mettre en place des mécanismes solides. L’Afrique ne peut pas rester éternellement spectatrice de sa propre dépossession », a-t-elle insisté.
La dette ou l’illusion d’une dette ?

La députée congolaise a par ailleurs invité à un réexamen radical de la notion même de dette africaine. « On nous parle de pays endettés, surendettés. Mais la vraie question est : cette dette existe-t-elle réellement ? Aujourd’hui, l’Afrique doit exiger une justice réparatrice. En vérité, c’est le monde qui a une dette envers l’Afrique, pas le contraire. »
Les jeunes, fer de lance de la transformation
Le forum d’Accra a également mis en avant le rôle stratégique de la jeunesse africaine. Les jeunes parlementaires, réunis en quatre grandes régions du continent, ont pris l’engagement de relayer les résolutions issues de la conférence auprès de leurs institutions nationales.
Pour Hermione Bolumbe, l’heure est venue pour la jeunesse africaine de prendre ses responsabilités : « Le développement d’un pays passe par ses jeunes. Nous devons nous réveiller, comprendre notre rôle et lutter contre les formes modernes de colonisation qui, malgré les discours officiels, persistent encore aujourd’hui. »
3 jours d’échanges pour un avenir souverain

Pendant trois jours, les délégués ont analysé la crise de la dette africaine, en la replaçant dans le cadre plus large de la justice réparatrice et de la réparation historique. Un espace de réflexion qui, selon ses organisateurs, doit déboucher sur des actions coordonnées et sur une nouvelle approche du développement africain, centrée sur l’autonomie, la souveraineté et la dignité.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique
Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers
Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.
À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.
Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.
Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.
Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.
Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.
Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.
Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.
Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.
À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
