À la Une
Diplomatie économique : Le DG du FPI en mission à Ottawa pour attirer des investissements en RDC
Depuis l’arrivée de Hervé Claude Batukonke à la tête du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), l’établissement public multiplie les initiatives pour renforcer son rôle dans l’industrialisation de la RD Congo.
Cette dynamique s’est illustrée par une mission économique effectuée cette semaine à Ottawa, au Canada, où le directeur général a rencontré des hommes d’affaires, des responsables officiels canadiens ainsi que plusieurs entrepreneurs mexicains intéressés par le marché congolais.

Un projet pharmaceutique de 500 millions de dollars en perspective
Au cours de cette mission, Hervé Claude Batukonke s’est notamment rendu à l’ambassade du Mexique à Ottawa. Il y a échangé avec les responsables d’une importante firme pharmaceutique qui envisage de s’implanter en RDC.
Selon les discussions engagées, cet investissement pourrait atteindre 500 millions de dollars américains. Ce projet viserait à faire de la RDC un centre de production et de distribution de médicaments pour l’Afrique, un pas important vers le renforcement de l’industrie pharmaceutique locale et la réduction de la dépendance aux importations.
Vers un forum économique RDC–Canada
Le directeur général du FPI a également eu de longues séances de travail avec Mark Kealey, expert, dirigeant et entrepreneur reconnu dans le secteur de la santé.
Dans la foulée du succès du forum économique RDC–Afrique du Sud, organisé récemment, les partenaires canadiens ont proposé la tenue d’un forum économique RDC–Canada. Cette initiative viserait à rapprocher les investisseurs des deux pays et à explorer de nouvelles opportunités d’affaires.
Mark Kealey et le Fonds de Promotion de l’Industrie devraient jouer un rôle clé dans l’organisation de ces assises. Une mission économique RDC–Canada pourrait ainsi être organisée dans les prochains jours afin d’encourager la présence des entreprises canadiennes en RDC dans plusieurs secteurs, au-delà du seul domaine minier qui domine les relations économiques depuis des années.
Un intérêt croissant des investisseurs pour la RDC
Cette dynamique n’est pas nouvelle. L’année dernière déjà, Hervé Claude Batukonke avait reçu une délégation d’investisseurs canadiens intéressés par les opportunités économiques en RDC. Le FPI continue depuis de suivre de près les opérateurs économiques qui souhaitent développer des projets dans le pays.
L’effet d’entraînement des forums économiques
Depuis la tenue du forum économique RDC–Afrique du Sud en février dernier, l’intérêt des investisseurs internationaux pour la RDC ne cesse de croître. De nombreux porteurs de projets structurants se manifestent désormais auprès du FPI.
Pour plusieurs observateurs, cet engouement s’explique par l’ouverture internationale engagée par la direction du FPI, ainsi que par le réseau de partenaires et d’investisseurs mobilisé par son management afin de soutenir l’industrialisation et la diversification de l’économie congolaise.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
