Santé
Dépasser l’opposition stérile entre productivité et épanouissement
Dans nos sociétés modernes, une dichotomie implicite entre productivité et épanouissement personnel persiste, alimentant l’idée fausse selon laquelle l’on serait contraint de choisir entre ces deux pôles. Cette croyance, bien que largement répandue, est en réalité une simplification abusive de la réalité humaine. En effet, l’affirmation selon laquelle la productivité conduit inévitablement à la dépression ou que l’épanouissement est incompatible avec la performance professionnelle est non seulement erronée, mais aussi potentiellement préjudiciable.
Prenons l’exemple du « Congolais productif » : il est crucial de reconnaître que la productivité n’est pas le seul déterminant du bien-être personnel. Être productif ne garantit en aucun cas le bonheur ou la satisfaction personnelle. De même, l’affirmation que « tout Congolais épanoui est forcément productif » est une généralisation simpliste qui occulte les réalités individuelles. L’épanouissement peut résulter de diverses sources et n’est pas nécessairement corrélé à des performances strictement mesurables.
En réalité, les individus sont complexes et multifacettes. Leur épanouissement dépend de nombreux facteurs, parmi lesquels figurent leurs relations sociales, leur santé mentale et physique, leurs valeurs personnelles, ainsi que leur satisfaction au travail. Ainsi, réduire la question de l’épanouissement à une simple équation mathématique ou sociale est non seulement réducteur, mais également dénué de fondement.
Plutôt que de perpétuer cette opposition stérile, il est impératif de reconnaître que la productivité et l’épanouissement sont des dimensions interdépendantes de l’existence humaine. En effet, une personne épanouie peut trouver une motivation supplémentaire à être productive, tandis qu’une activité professionnelle épanouissante peut contribuer au bien-être de l’individu dans son ensemble. De plus, une vision plus holistique de la réussite personnelle et professionnelle englobe non seulement la performance au travail, mais aussi le développement personnel, la satisfaction et la contribution à la société dans son ensemble.
En fin de compte, il est temps de briser ce faux dilemme entre production et épanouissement. En reconnaissant la complexité des individus et en encourageant des approches plus nuancées de la réussite, nous pourrons favoriser un environnement où la productivité et l’épanouissement personnel ne sont pas perçus comme des forces antagonistes, mais comme des éléments complémentaires d’une vie équilibrée et épanouie.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
À la Une
HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
