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Décès à Paris du guitariste « Ping-Pong », pilier historique de Viva La Musica de Papa Wemba
La musique congolaise vient de perdre l’un de ses maîtres discrets, mais essentiels.
Tshimpanga Wetu, plus connu sous le nom de « Ping-Pong », l’un des guitaristes emblématiques de Viva La Musica, s’est éteint à Paris, selon plusieurs sources proches du milieu musical. Sa disparition marque la fin d’une époque et ravive le souvenir d’une génération d’artistes qui ont façonné la rumba moderne aux côtés du légendaire Papa Wemba.

Le rythme de l’âme Viva La Musica
Arrivé au sein de Viva La Musica à l’âge d’or du groupe, Ping-Pong s’est rapidement imposé comme un maître de la guitare rythmique, un orfèvre des arpèges limpides et syncopés qui donnaient à chaque morceau cette couleur si reconnaissable.
Sa touche subtile, presque murmurée, mais d’une précision redoutable, a accompagné certains des titres les plus marquants du répertoire : Bakwetu, Impression, Amour Fou, Chérie Alpha, sans oublier le mythique refrain “Kamusolo ka pingi ponga Kamusolo a yude”, devenu culte dans les concerts de Papa Wemba.
Ses riffs faisaient vibrer les salles de Kinshasa, Abidjan ou Paris, tout en définissant la trame sonore de Viva La Musica, ce laboratoire d’innovations musicales où sont passés les plus grands noms de la scène congolaise.
De Kinshasa à Paris, un parcours discret mais profond
Né à Kinshasa, Ping-Pong fait partie de cette génération de musiciens formés dans l’école exigeante des orchestres de quartier avant d’être repérés par Papa Wemba.
Artisan de l’ombre, il a accompagné les tournées internationales du groupe et participé à plusieurs enregistrements studios et concerts mémorables, dont certains diffusés sur les ondes européennes dans les années 80 et 90.
À Paris, où il s’était installé depuis plusieurs années, il continuait de collaborer ponctuellement avec d’anciens musiciens de Viva La Musica, tout en transmettant sa passion à de jeunes guitaristes congolais de la diaspora.
Une corde essentielle s’est tue
Avec sa disparition, c’est une part de l’âme rythmique de Viva La Musica qui s’éteint.
“Ping-Pong, c’était la respiration du groupe, la régularité du battement de cœur derrière la voix de Papa Wemba”, confie un ancien compagnon de scène.
Son nom restera associé à cette génération d’instrumentistes qui ont su marier la tradition de la rumba congolaise à la modernité urbaine, en donnant à la guitare un rôle à la fois chantant et percussif.
Ses pairs et admirateurs lui rendent déjà hommage sur les réseaux sociaux, saluant un musicien “humble, fidèle et talentueux”, qui aura marqué les mémoires sans jamais chercher la lumière.
Hommage final
Ping-Pong rejoint ainsi son “chef” Papa Wemba et d’autres figures de cette grande école musicale congolaise.
À travers chaque accord de Bakwetu, chaque solo de Amour Fou, chaque pulsation de Kamusolo, résonnera désormais le souvenir de Tshimpanga Wetu, un artisan du groove éternel.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Kasaï-Central: 6.571 policiers, dont 710 femmes, formés contre les VBG à Kanyuka
Présente depuis ce lundi à Kananga, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a donné le ton d’une action résolument tournée vers l’impact. Sans transition, elle s’est rendue au centre de formation de Kanyuka où elle a conduit une vaste séance de sensibilisation sur les Violences Basées sur le Genre (VBG) à l’intention de 6 571 policiers en formation, dont 710 femmes. Par cette initiative, la ministre place d’emblée les forces de l’ordre au cœur de la stratégie nationale de prévention et de protection.

Face à ces futurs agents appelés à servir au plus près des populations, la ministre a insisté sur leur rôle déterminant dans la lutte contre les VBG. Elle a rappelé que chaque policier doit être à la fois protecteur, relais d’information et acteur de confiance pour les survivants. L’activité de sensibilisation s’est articulée autour des notions clés de prévention, de prise en charge et de respect des droits humains, avec un accent particulier sur l’écoute et l’orientation adéquate des victimes vers les structures compétentes.

Au cœur des échanges, Micheline Ombae Kalama a mis en lumière l’importance des Centres Intégrés de Services Multi-sectoriels (CISM), qui offrent une prise en charge holistique et gratuite : soins médicaux, accompagnement psychologique, assistance juridique et réinsertion socio-économique. Elle a exhorté les policiers en formation à devenir les premiers guides vers ces services, afin de garantir une réponse rapide et efficace aux cas de violences.

Cette campagne, soutenue par KOICA, s’inscrit dans une dynamique plus large de sensibilisation communautaire au Kasaï-Central. En ciblant les centres de formation comme celui de Kanyuka, la ministre entend renforcer durablement les capacités des forces de sécurité et instaurer une culture de tolérance zéro face aux VBG, avec des chiffres qui traduisent déjà l’ampleur de la mobilisation engagée.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
