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Cyril Mutombo : « Nous avons pris l’engagement de conformer TCFF aux exigences de loi sur la sous-traitance »
Réagissant au dossier qui l’oppose Kibali Goldmine à l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP),
le Directeur pays de Barrick Gold, Cyril Mutombo, a rassuré, le lundi 29 janvier 2024, que le processus est en marche pour que l’entreprise incriminée se mette en ordre telle que l’exige la loi sur la sous-traitance.
Dans son rôle régalien de veiller au respect de la loi sur la sous-traitance, l’ARSP a révélé certaines irrégularités notamment avec l’entreprise TRADE FREIGHT FORWARDERS (TCFF), une société de sous-traitance de Kibali chargée de transport et logistique.
L’ARSP a donc initié des séances de travail entre les deux parties pour trouver une solution.
« Avec l’ARSP, nous avons initié des pourpalers pour le cas d’une société basée au Kenya, TCFF. C’est une chaîne logistique internationale et qui s’occupe de la centrale d’achats. Elle a une filiale enregistrée ici en RDC. Elle a reçu des documents en bonne et due forme de l’administration publique. Elle a même le certificat de l’ARSP l’autorisant d’évoluer et travailler. », a expliqué Cyril Mutombo. Ce dernier tenait à éclairer l’opinion sur ce dossier qui ternit l’image de Barrick et Kibali.
« Au cours des échanges avec l’ARSP, celle-ci a soulevé un certain nombre de problèmes notamment l’actionnariat de cette société qui ne respecte pas la clause de 51% de parts qui doivent être détenus par de congolais. », a-t-il dit.
En effet, la loi sur la sous-traitance exige que 51% des parts soit détenus par des congolais.
A ce sujet, l’ARSP ne lésine sur aucun moyen pour faire respecter la loi sur toutes les entreprises principales.
Des précisions sur ce dossier
Cyrille Mutombo a insisté sur certaines allégations qu’il qualifie de « non fondées » reprises par certains médias.
D’abord, il dément le fait que Barrick ne détient pas 90% de parts dans la société TCFF.
Le Directeur Pays de Barrick a souligné que Kibali dépense environ 325 millions de dollars chaque année dans la sous-traitance et les sociétés congolaises n’ont pas moins de 55%. Ce qui est même au-delà des exigences de la loi sur la sous-traitance en RDC.
« Nous avons pris l’engagement de changer ce mode de fonctionnement avec cette société », a-t-il affirmé.
Ensuite, l’ARSP a évoqué la résiliation immediate du contrat avec cette société de transport et ses filiales.
Face à cette dernière exigence, Cyril Mutombo a indiqué que Kibali importe du matériel, de la marchandise qui vient de loin et elle passe par le Kenya, l’Ouganda et c’est impossible de se passer de ces pays-là. Ce qui explique l’implication de gens originaires de ce pays pour travailler dans la filiale du transport, a-t-il noté.
« Nous avons sollicité un délai pour nous conformer et corriger ce problème. Avec l’ARSP nous avons commencé ce travail et nous avons même signé de procès verbaux de nos réunions. », a-t-il indiqué.
Kibali a toujours prôné la politique de création de millionnaires congolais
Cyril Mutombo a rappelé que depuis l’implantation de Kibali en RDC, cette entreprise minière a contribué à la création de millionnaires congolais.
A ce jour, le nombre de sous-traitants congolais s’élève à 4.106 représentant 63% contre 162 soit 2% de sous-traitants expatriés.
« Nous avons aidé plusieurs jeunes qui sont devenus aujourd’hui de très grands sous-traitants avec de chiffres très palpables. C’est le cas de MD Service ; IOB et tant d’autres. Nous avons commencé à respecter la loi sur la sous-traitance avant même que celle-ci soit plus vulgarisée. », a fait remarquer Cyril Mutombo.
D’après lui, la tâche d’huile qui a fait couler encre et salive est minime par rapport aux efforts fournis par ce géant minier.
Nadine FULA/Zoom Eco
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» Brut » : 2 policiers condamnés pour torture, la Cour sanctionne les exécutants
Si Philémon Mambabua est reparti libre du prétoire de Ndolo, le verdict prononcé ce 4 juin 2026 n’a pas épargné les 2 policiers poursuivis. La Cour militaire, après avoir rappelé le déroulé des faits ( cette intrusion nocturne de Claudien Likulia, Christopher et Noah à une soirée pyjama non autorisée par le propriétaire des lieux ), a opéré une distinction nette entre le commandement et l’exécution. Là où le doute a profité au premier, les actes matériels atroces ont été imputés aux seconds. La Cour s’est appuyée sur les articles 48 bis et 48 ter de la loi du 9 juillet 2011 portant criminalisation de la torture, qui retiennent la qualité de l’agent, les faits matériels constitutifs de souffrances aiguës, l’élément intentionnel et l’élément moral. Les déclarations des victimes, corroborées par le témoignage décisif de Sakina ( qui a qualifié les agissements des policiers de « brut » ), ont fondé l’intime conviction des juges.

Contrairement à Philémon Mambabua, pour qui l’ordre de « maîtriser » n’a pu être requalifié en instruction de torturer, les deux agents ont été reconnus coupables d’avoir infligé des souffrances aux enfants Mushobekwa et à Noah. Le nombre de policiers impliqués, bien que flou dans certains récits, n’a pas effacé la matérialité des violences retenues par la Cour. Celle-ci a souligné que les traumatismes subis par les victimes, bien que leur récit ait pu être altéré par le choc, ne faisaient aucun doute. La Cour a donc déclaré l’infraction constituée dans le chef des 2 policiers, qui avaient la garde et l’autorité immédiate sur les enfants au moment des faits. Leur dénégation constante n’a pas résisté à la confrontation avec les éléments renseignants et les dépositions concordantes.
La sentence est tombée : 2 ans de servitude pénale, une amende de 500.000 francs congolais par condamné, et la confirmation de leur maintien en détention. Sur le plan civil, la Cour, après avoir constaté l’absence totale de pièces comptables justificatives déposées par les parties civiles, a statué en équité. Elle a ramené la demande initiale de 3,4 millions de dollars américains à une somme totale de 25.000 dollars, soit 5.000 dollars par partie civile. Une décision qui sanctionne les exécutants tout en rappelant avec force que la responsabilité pénale est individuelle.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
