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COVID-19 : une opportunité pour ANAPEX de faire ses premiers pas
Le monde entier est secoué depuis le debut de l’année 2020 par une crise sanitaire sans précédent, en ce sens que tous les pays sont touchés directement ou par ricochet. Les secteurs de transport, logistique, production, distribution, ainsi que l’économie dans son ensemble sont fortement perturbés. Du ralentissement à la fermeture, plusieurs économies sont sous perfusion et d’autres à l’agonie.
La mondialisation, terme en vogue depuis près de 3 décennies, qui a brisé des barrières nationales, se retrouve ainsi fortement touchée et fait appel à une certaine « démondialisation ».Cette dernière semble être un contre-coup qui suppose la réduction de l’influence du libre-échange et un retour à l’économie nationale.
La démondialisation dénonce l’affaiblissement des Etats et organisations internationales, l’accroissement des écarts de plus en plus grandissants entre riches et pauvres, et par dessus tout, les dégâts environnementaux. La démondialisation est donc la fermeture des frontières, avec comme résultat moins d’importations et plus de production locale, moins d’exportations, c’est-à-dire, se concentrer sur des nouveaux produits.
Par exemple avec l’agriculture, on peut s’assurer une autosuffisance alimentaire et la sécurité alimentaire.
Au moment où beaucoup de pays sont très affectés par le Coronavirus avec l’arrêt de la production, la RDC -qui est un pays avec des potentialités agricoles énormes, capable de nourrir 2 milliards d’individus et dont la majeure partie du territoire n’est pas touchée par cette pandémie -, peut en profiter pour relancer sa production et sortir gagnant à la fin de la pandémie, avec une disponibilité des produits de qualité faits maison, les produits qui peuvent être prêts à l’exportation.
La crise sanitaire remet d’une certaine manière en valeur l’économie et la production locales, ainsi que la nécessité de garder la mainmise sur notre approvisionnement, en particulier pour les biens de première nécessité.
L’ANAPEX, qui est une oeuvre des efforts louables du ministre Jean Lucien Bussa, a vu le jour pratiquement au même moment que les premiers cas confirmés du Coronavirus en RDC. Avec l’état d’urgence sanitaire décrété par le Chef de l’Etat, et la fermeture des frontières observée partout à travers le monde, l’Anapex qui a pour mission principale la promotion des exportations de tous les produits congolais d’origine agricole, agro-industrielle et artisanale et qui assure aussi la mission de l’expansion commerciale par l’intensification des échanges, se voit confrontée dès le debut par un dilemme, celui de comment encourager les exportations en ce temps de crise sanitaire mondiale.
L’Anapex est un établissement public à caractère administratif et technique sous tutelle du ministère du Commerce extérieur. Le ministre de tutelle Jean Lucien Bussa qui le chapaute, avait envoyé des jeunes experts d’Anapex en Egypte et en Tunisie s’imprégner des stratégies et fonctionnement des agences de promotion des exportations de ces pays, et ainsi être utiles au pays.
La mission d’Anapex n’étant pas uniquement focalisée en aval à la promotion des exportations, elle agit aussi en amont, en proposant et en encourageant la production locale des produits exportables à valeur commerciale et qui peuvent concurrencer les produits existants sur le marché. Etant donné qu’il n’y a pas d’exportations sans production locale, en ce moment où les importations des produits se font rares, l’Anapex, avec ses experts mieux outillés, est une réponse appropriée pour booster l’économie congolaise, à travers sa collaboration avec différentes structures de l’Etat intervenant dans la chaîne de production.
L’apport de L’Anapex au travers de ses conseils et orientations, permettra à l’économie congolaise, rien qu’avec le secteur agricole et ses dérivés, de répondre à la demande de consommation locale en cette période de quarentaine dans un premier temps, et faire des économies en devises qui sont souvent dépensées en terme d’importations des biens de consommation. Ces conseils et orientations rendront ainsi les producteurs locaux capables de produire les biens de qualité consommables localement et qui peuvent être exportés.
C’est en temps de crise que les solutions durables sont envisagées.
CT Hervé Landry Kinkani
Doctorant
CONGOPROFOND.NET
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Condamnation de Kamizelo “Maîtrisable” : Me Éloi Mubilansam dénonce un jugement “fondamentalement injuste” et annonce un appel
Le Tribunal de paix de Ngaliema a condamné Kamizelo Parole, dit « Maîtrisable », à 2 ans de servitude pénale principale (SPP). Une décision que son avocat, Éloi Mubilansam, considère comme excessivement sévère.
Lors d’un point de presse tenu à Kinshasa, Me Mubilansam a vivement critiqué la décision rendue par la juridiction, estimant que les juges ont appliqué la peine la plus lourde possible dans cette affaire.
« Je vais faire appel d’un jugement fondamentalement injuste », a déclaré l’avocat, annonçant officiellement son intention de contester la décision devant une juridiction supérieure.

La défense annonce un recours en appel
Selon Me Mubilansam, l’équipe de défense de Kamizelo Parole prépare déjà la procédure d’appel afin d’obtenir la révision du jugement.
Pour l’avocat, plusieurs éléments du dossier démontrent que la décision du tribunal mérite d’être réexaminée. Il soutient notamment que les juges auraient fait preuve d’une sévérité disproportionnée dans l’application de la sanction.
Un procès à connotation politique ?
Au-delà de la question de la peine, la défense estime que l’affaire pourrait avoir une dimension politique.
« Dire que ce procès est politique n’est pas exagéré », a affirmé Me Mubilansam, évoquant ce qu’il considère comme des éléments laissant planer des doutes sur la neutralité de la procédure.
Selon lui, son client n’aurait pas bénéficié d’un procès respectant pleinement les garanties d’indépendance et d’impartialité prévues par les normes juridiques nationales et internationales.
La question juridique de “l’offense au Chef de l’État”
Me Mubilansam rappelle également que l’infraction d’offense au Chef de l’État ne figure pas explicitement dans la Constitution actuelle de la République démocratique du Congo.
D’après lui, cette incrimination trouve son origine dans l’ordonnance-loi n°300 du 16 décembre 1963, adoptée à l’époque et historiquement liée aux dispositions relatives à la sûreté de l’État durant le régime de Mobutu Sese Seko.
L’avocat souligne par ailleurs que la sanction prévue par ce texte est relativement limitée, allant de 2 000 à 10 000 francs congolais.
Absence de plainte du Chef de l’État
Autre point soulevé par la défense : la poursuite pour cette infraction serait, selon Me Mubilansam, conditionnée par une plainte préalable de la victime, en l’occurrence le Président de la République, Félix Tshisekedi.
Or, affirme l’avocat, l’examen des pièces du dossier n’aurait révélé aucune plainte formelle du Chef de l’État.
Cette exception d’ordre public, qui selon la défense devait entraîner l’irrecevabilité de l’action, aurait toutefois été rejetée par le tribunal, au même titre que plusieurs autres arguments soulevés par les avocats.
Appel aux garanties d’un procès équitable
Au regard de ces éléments, Me Mubilansam estime que son client n’a pas bénéficié d’un procès conforme aux standards juridiques garantissant le droit à un procès équitable.
Il cite notamment plusieurs instruments juridiques qui consacrent ces garanties :
– la Constitution congolaise ;
– la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (article 7) ;
– le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (article 14) ;
– la Déclaration universelle des droits de l’homme (article 10).
Pour l’avocat, l’ensemble de ces textes impose le respect strict des droits de la défense et de l’impartialité des juridictions.
Une bataille judiciaire qui se poursuit
En attendant l’examen de l’appel annoncé par la défense, l’affaire Kamizelo Parole, dit « Maîtrisable », pourrait connaître un nouveau rebondissement judiciaire dans les prochaines semaines.
Le dossier s’annonce déjà comme un nouvel épisode sensible du débat sur la justice, la liberté d’expression et les droits de la défense en République démocratique du Congo.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
