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Covid-19 : Gentiny Ngobila lâche son allié ( Tribune de Jean-Claude Mukanya Cibumba, MBA, Adm.A Consultant en gouvernance corporative Doctorant en administration des affaires)

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Le changement intervenu à la tête de l’Hôtel de Ville de Kinshasa en mai 2019 appelle absolument quelques réflexions, et exige surtout un regard critique en rapport avec l’état des lieux à la remise-reprise. Tout le monde le déplore, à juste titre d’ailleurs, en commençant par l’actuel Gouverneur GENTINY NGOBILA MBAKA lui-même. La remise-reprise était bâclée et incomplète. Cette expérience malheureuse milite en faveur des mesures strictes de passation de pouvoirs, où pendant un certain délai, les gestionnaires sortants sont absolument obligés de répondre aux éclaircissements éventuels requis par les entrants, ayant trait aux actes de gestion posés durant leurs mandats.

Faits saillants

L’actuel Gouverneur de la Ville Province de Kinshasa, Monsieur GENTINY NGOBILA MBAKA (GNM) a accordé aux journalistes de «l’équipe nationale » notamment Sylvie BONGO, NKOY BOTAMBA et Jules BULEMBI, une interview télévisée en date du 18 avril 2020. En effet, le chef de l’exécutif provincial révèle avoir hérité de plusieurs dettes contractées par son prédécesseur André KIMBUTA au cours de son mandat.

Il a expliqué, à haute voix, sans aucune crainte ni tâtonnement, qu’il a trouvé la Ville de Kinshasa sous embargo auprès des banques commerciales de la place, suite aux multiples dettes.
Il renchérit que cela fait, effectivement une année que les Députés Provinciaux de Kinshasa l’ont élu en tant que Gouverneur de la Ville de Kinshasa.
Selon l’état des lieux fait par lui et qu’il étale aujourd’hui : il a trouvé la Ville de Kinshasa endettée dans toutes les banques, sauf à la BCDC, dettes de plus de 60 millions de Dollars Américains. Le plus grand engagement facilement décelé, confirme-t-il, c’est les 14 millions de Dollars Américains de l’UBA, contractés à quelques jours des élections présidentielles et législatives nationale et provinciale en décembre 2018. Chose dramatique, il affirme ne pas connaitre jusqu’à ce jour, la destination de ce montant colossal.
Surendetté, le gouvernorat de Kinshasa ne peut plus contracter une quelconque transaction auprès d’une banque de la place.
Selon des sources bien informées, la survenance de la pandémie à Coronavirus et ses conséquences néfastes sur les finances de la Ville ont poussé le Gouverneur GNM au déballage malgré lui.
GNM a donc porté à la connaissance des Kinois que l’ancien Ministre provincial des finances sous André KIMBUTA, répondant au nom de Guy MATONDO, présentement incarcéré à la prison centrale de Makala, avait déclaré à tort devant les élus de Kinshasa que l’ancien Gouvernement Provincial n’avait contracté que 18 millions de Dollars Américains auprès des 3 banques commerciales de la place dont 12 millions à l’UBA.
Par ailleurs, en dehors du dossier d’endettement, l’actuel Gouvernement Provincial a dit avoir trouvé les fonctionnaires de l’hôtel de ville avec 36 mois d’arriérés de salaires.

Analyse des faits

Les faits ci-haut appellent de notre part l’analyse suivante :

– Coincé sur le plan financier, sans transactions bancaires en vue, sans rétrocession des pouvoirs centraux de plus de cinq mois qu’il déplore depuis son accession à la tête de la Ville, et sans taxes aéroportuaires collectées faute de trafic aérien et sans recettes des marchés publics inopérationnels, GNM doit avoir craqué.

– S’agissant du rendement de GNM, ce dernier se sentant également coincé, comme le commun de kinois ne voit pas encore ses réalisations à la tête de cette province, en dépit de quelques opérations qu’il tente d’entreprendre par-ci, par-là, il aborde la question par une dénonciation télévisée fracassante. Il se voit vilipendé alors qu’il n’y est pour rien, selon lui, il dénonce maintenant.

– Contraint par la redevabilité, GNM se sent obligé, presque une année de fonction, au nom de la Dynamique Congo Prospère DCP qu’il représenterait, de tourner vers André KIMBUTA et son gouvernement pour avoir des explications nettes et claires sur cette situation trouvée à son entrée en fonction.

– André KIMBUTA, a martelé GNM, doit dire où se trouve l’exorbitante somme de 14 millions de Dollars Américains, censée aider à la reconstruction de la Ville et contribuer à l’amélioration du social des Kinoises et Kinois.

– Entre-temps, GNM regrette dans son fort intérieur et se demande où il va trouver les moyens de sa politique pour combler le déficit criant de la Capitale RDC ; sinon, entreprendre, sans assurance, une action judiciaire pour permettre aux détourneurs de restituer l’argent de la Ville Province.

– GNM prétend à haute voix ignorer l’utilisation de l’emprunt de 14 millions de dollars par son prédécesseur à la veille des élections de décembre 2018. Comment faire avaler à la population kinoise l’utilisation d’une telle somme qui ne soit pas retracée par l’Hôtel de Ville pour qu’il s’en plaigne ? Donc, pas d’excuse pour GNM. Son aveu dénote d’un esprit de protectionnisme de son allié dans l’opération de remise-reprise.

Révélations

Tant qu’on y est, à quoi aurait servi des sommes aussi colossales, détournées par les anciens gestionnaires de la Ville Province de Kinshasa ?
Les langues commencent à se délier.

1. Le détournement d’argent aurait financé depuis toujours leurs entreprises au CANADA ;

2.L’argent de la taxe dans les aéroports de la RDC et tant d’autres auraient servi des intérêts propres dont l’achat des villas en Europe et en Afrique du Sud et que savons-nous encore, des immeubles dans la Ville de Kinshasa et à l’intérieur…

3. Beaucoup de biens seraient au nom des tiers ;

4. Les Kinois exigent qu’ils doivent être mis en examen et rendre au Gouvernorat l’argent indûment utilisé.

Actions possibles

Pince sans rire, GNM aurait dû être interpelé par une saisine d’office des instances judiciaires, à la suite de ces imputations si tardives et coupables.

Peut-on se demander si GNM, avait pris en ce moment-là, la dimension réelle de la gestion d’une province comme Kinshasa pour effectuer une remise-reprise incomplète ? N’avait-il pas simplement le souci d’être installé et de couvrir la gestion d’un allié politique dont la mauvaise gouvernance était notoirement décriée par tous les kinois ?

Pour se disculper, GNM prétend avoir relevé le défi de la situation trouvée, celui d’avoir jusque-là, payé régulièrement le personnel administratif.
Tout observateur averti constatera que GNM, n’a pas pris la dimension du changement et la nouvelle vision, prônées par le Président Félix TSHISEKEDI. Il s’est, dès le départ, montré complaisant en n’ayant pas exigé à son prédécesseur, une remise-reprise conforme.

Ça fait partie pourtant de l’exigence de profil d’un bon candidat gouverneur, auquel cas ceux qui l’ont recruté se verront renvoyer à recourir aux candidats beaucoup moins complaisants et capables de réclamer des éléments appropriés d’une bonne remise-reprise.

L’objectif de cette chronique n’est pas de couler davantage l’homme. Loin de là. Il faut absolument remonter les finances de l’institution.

Il y a simplement lieu de tabler et mettre en exergue l’importance des opérations de remise-reprise bien faites dans les institutions et entités publiques, telles que présentées dans notre article paru dans plusieurs journaux de la place dont L’Avenir n° 7327 du lundi 06 avril 2020 et Forum des As n° 6123 du jeudi 09 avril 2020 et qui, du reste, peuvent être enrichies.

La finalité est d’asseoir la bonne gouvernance. En substance, dans la vision du Président Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO qui accorde une part importante à l’Etat de droit : instaurer de bons mécanismes des opérations de remise-reprise dans les institutions et entités publiques, en vue de dresser des états de lieux qui constituent leur photographie réelle, à mettre à la disposition des pouvoirs publics et, qui sait, des bailleurs de fonds, y compris les dirigeants sortants eux-mêmes, pour leur fierté personnelle, ainsi que leurs remplaçants, pour une meilleure transparence et une bonne prise en main par la suite.
Qu’à cela ne tienne, il appartiendra maintenant à GNM de mettre l’accent sur l’élaboration de bons rapports de gestion et sur les états des lieux périodiques.

Meilleures pratiques

Dans tous les cas, toute l’intelligentsia congolaise en général, et celle des partis politiques pourvoyeurs de ces dirigeants antipatriotes en particulier, devrait désormais se concerter pour arrêter définitivement la gabegie des finances publiques. Il faudrait que dorénavant et, de manière définitive songer à mettre en place des hommes capables d’appliquer une discipline financière et l’orthodoxie budgétaire partout.

D’où, le renforcement du cadre de remise-reprise dans les institutions de l’Etat, assorti d’autres engagements supplémentaires à l’endroit des dirigeants publics sortants et entrants.

Il n’y aura plus question de produire, à la hâte, des documents de remise-reprise bâclés, difficile à exploiter par les nouveaux venus comme c’est le cas à l’Hôtel de Ville de Kinshasa.
Peu importe la durée de l’opération de remise-reprise, il devait être stipulé que le rapport y relatif doit être sanctionné par un procès-verbal, signé par les gestionnaires sortants et entrants, après certification de tous les documents réunis par l’équipe chargée de la supervision.

Le rapport de remise-reprise doit inclure par exemple les difficultés encourues durant les 3 dernières années, les dossiers en instance et surtout les engagements en force détaillés.
Par ailleurs, vers la fin de leurs mandats, il ne sera plus question que les mandataires sortants se précipitent pour liquider leurs indemnités de sortie, parfois en recourant à l’endettement. Cette pratique doit être interdite strictement à tous les niveaux. Il revient aux remplaçants de veiller à l’exécution de cette obligation statutaire.

A bon entendeur, salut !

Jean-Claude Mukanya Cibumba, MBA, Adm.A Consultant en gouvernance corporative Doctorant en administration des affaires.

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