Santé
Couverture Santé Universelle : Le grand naufrage du Ministre de la Santé Roger Kamba
La Couverture Santé Universelle ! Ce projet phare de la présidence de Félix Tshisekedi, présenté comme le Saint Graal de la santé publique en RD Congo. À grand renfort de discours enflammés et de promesses alléchantes, on nous avait promis un avenir radieux, où chaque Congolais pourrait bénéficier de soins dignes de ce nom.
Mais voilà, après six longues années, il est temps de tirer le bilan de ce rêve éveillé : un fiasco monumental, un trou noir budgétaire qui aurait pu faire rougir les plus grands échecs de la République. Dès le départ, il était évident que cette initiative était mal ficelée. Les bases de la couverture santé n’ont même pas été posées, et pourtant, on s’est précipité à dépenser des millions de dollars dans un projet qui n’a jamais vu le jour.
Les promesses de soins accessibles à tous se sont transformées en un mirage lointain, tandis que les hôpitaux, déjà en piteux état, continuent de sombrer dans la misère. Les couloirs des établissements de santé sont devenus des cimetières à ciel ouvert où l’indifférence règne en maître. Et que dire de la gestion des médicaments ?
C’est devenu un véritable sport national, où les membres de certaines familles s’adonnent à un business florissant, au mépris de la santé des Congolais. Une mafia où l’argent fait loi, laissant les malades dans l’angoisse et la précarité. La Prévoyance Sociale, une promesse rattachée au Ministère du Travail, n’est qu’un leurre sous l’œil impassible du Ministre Roger Kamba.
L’homme a beau avoir récupéré le dossier, sa capacité à faire avancer les choses semble aussi inexistante que les médicaments dans les pharmacies. Il est grand temps que le Ministre de la Santé rende compte à la nation congolaise de ce fiasco. Où sont les résultats ? Quels sont les indicateurs de succès ? Les Congolais méritent des réponses, et surtout, des actions concrètes.
La santé n’est pas un privilège, c’est un droit. Et ce droit, aujourd’hui, est foulé aux pieds par l’incompétence crasse d’un gouvernement qui semble plus préoccupé par ses propres intérêts que par le bien-être de sa population. La Couverture Santé Universelle de Félix Tshisekedi ne sera pas seulement un échec parmi tant d’autres.
Mais un symbole de l’incapacité chronique d’un système à répondre aux besoins fondamentaux de son peuple. Et pendant que les responsables s’échangent les blâmes, ce sont les Congolais qui continuent de payer le prix de cette gestion calamiteuse. Un appel urgent à la responsabilité et à l’action s’impose.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
À la Une
HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
