Musique
Congo/Brazza : Sam Samouraï bientôt en tournée européenne
Sam Samouraï, artiste rappeur et auteur compositeur, va quitter Brazzaville pour une tournée européenne avec son groupe, après une participation brillante à la 11è édition du Festival panafricain de musique (Fespam). Ce périple qui l’amènera dans dix pays, sera aussi une consécration à la préparation de son tout prochain opus. En bon maître cuisinier, il entend proposer des mets délicieux autour des mélodies au style « samouraï ».
Congoprofond.net : Vous rentrez à Brazzaville après un long moment d’absence,
Sam Samouraï : C’est l’envie d’apprendre simplement. Je suis un artiste de carrière, et je dois me développer. Je voyage beaucoup pour aller apprendre sur les contrats, l’industrie et avoir un bon développement artistique. J’ai fait deux mois.
Votre retour à Brazzaville coïncide avec la relance du Fespam. Comment est-ce que vous appréciez ce festival ?
S.S : C’est extraordinaire. C’est un espace que l’Etat congolais a mis en place pour valoriser les artistes. Je suis très content et très heureux que l’Etat reconnaisse le travail que nous faisons pour me donner la chance de prester au Fespam. Le but c’est de faire comprendre au monde entier que le Congo regorge beaucoup de talents.
Qu’avez-vous proposé au public ?
S.S : Aujourd’hui, entant que chef cuisinier de la musique congolaise, l’entrée de base c’est une salade Maranta Marero accompagné des ingrédients pépaux. Comme plat de résistance on a Sapoguin partie 1 et 2. Et comme dessert, je garde la chanson Diarrhée autour du freestyle pour amuser la foule.
Qu’est-ce que ça vous fait d’être à Mayanga, à Madibou ?
S.S : Le but du Fespam c’est nous permettre de se vendre. Je suis là pour cette raison. Les fans me voient à la télé. Avoir ce premier contact direct avec ce public, c’est un bonheur et artistiquement c’est beaucoup de choses pour moi. Personnellement, je suis très satisfait.
Pour terminer…
S.S : Nous partons pour une tournée européenne qui va couvrir dix pays. Nous irons pour deux mois. Après quoi, nous reviendrons pour un show à la Préfecture. Nous allons donc vaguer entre Paris et Brazzaville. Nous passerons un peu de temps à Abidjan qui est la plaque tournante de la musique présentement. Ce qui s’annonce pour moi ce sont les collaborations, le travail et la sortie de notre prochain album dont nous taisons encore l’intitulé.
Achille Tchikabaka/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Migration artistique : La fuite de 5 membres de Zaïko Langa Langa met à nu les failles des tournées congolaises en Europe
La disparition de 5 membres du groupe congolais Zaïko Langa Langa, survenue à l’issue d’un concert au Zénith de Paris, le vendredi dernier, dépasse le simple fait divers pour s’inscrire dans une problématique plus large : celle de la migration artistique et des fragilités structurelles des tournées africaines en Europe. Derrière cet épisode se dessine une tension persistante entre opportunités individuelles et engagements professionnels, dans un contexte où l’accès au territoire européen reste fortement réglementé pour de nombreux artistes.

Cet incident met en lumière les défis logistiques et administratifs auxquels font face les orchestres congolais. L’obtention de visas, souvent longue et incertaine, exige des garanties importantes de la part des producteurs et des responsables de groupes. À cela s’ajoutent les coûts élevés liés aux billets d’avion, à l’hébergement et à la prise en charge des artistes. Dans ce cadre, toute défection fragilise l’équilibre financier et organisationnel d’une tournée, déjà soumis à de fortes contraintes. Elle expose également les groupes à une perte de crédibilité vis-à-vis de leurs partenaires européens.
Au-delà de l’aspect organisationnel, cette fuite traduit aussi un malaise plus profond. Pour certains artistes, les tournées internationales représentent une rare opportunité de s’installer durablement en Europe, en quête de meilleures conditions de vie ou de carrière. Ce phénomène, bien que rarement assumé publiquement, alimente une forme de méfiance généralisée et place les chefs d’orchestre dans une position délicate, entre accompagnement de leurs talents et nécessité de contrôle. Il en résulte parfois un durcissement des conditions internes, susceptible d’altérer la cohésion des groupes.
Les conséquences d’un tel acte sont multiples et durables. À court terme, il perturbe le bon déroulement des tournées et peut entacher l’image des formations musicales congolaises. À moyen et long terme, il risque d’entraîner un renforcement des exigences des autorités consulaires européennes, rendant encore plus difficile la mobilité des artistes. Enfin, cet épisode pose la question d’une meilleure structuration du secteur musical congolais, notamment en matière de gestion des carrières, de contractualisation et d’encadrement, afin de concilier ambitions individuelles et responsabilité collective dans un environnement international de plus en plus exigeant.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
