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Conflits Teke-Yaka à Kwamouth : pas de rentrée scolaire,deux militaires et un civil tués.
La rentrée scolaire est quasi incertaine dans le territoire de kwamouth en province du Mai-ndombe. Et pour cause : l’insécurité règne dans ce coin de la République.
Ce lundi trois personnes ont perdu la vie au village Mibe, à 40 kilomètres de Masiambio, notamment deux militaires de la 11e Région militaire dépêchée pour calmer la situation. Un civil également est mort, fils du chef de village Masiambio, selon le député ntional élu de Kwamouth, Guy Musomo.
Contacté par certains confrères, le député Guy Musomo a affirmé qu’il n’y aura pas rentrée scolaire tant que l’insécurité persiste.
« Pour qu’il y ait rentrée scolaire, il faut qu’il y ait d’abord la paix, parce que ces gens-là fonctionnent comme des araignées, ils construisent très biens leurs toits et mettent des guet-apens partout. Alors, il faudrait que l’État puisse sécuriser le territoire afin que les enfants puissent étudier », a laissé entendre Guy Musomo.
Et d’expliquer avec pessimisme : « En tout cas à Kwamouth, pour qu’il y ait rentrée, c’est difficile, parce que tout le territoire est atteint par cette milice, c’est très difficile pour que la rentrée puisse avoir lieu ».
Il sied de rappeler que ce conflit a rendu la rentrée scolaire 2022-2023 timide dans la province du Kwilu à cause des barrières érigés illégalement par les Teke sur la RN17.
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
