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Commerce de l’or : Tshisekedi frappe Kagamé au portefeuille

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Il n’est plus question que de cela aujourd’hui en République démocratique du Congo. Fortunat Biselele dit Bifort, conseiller privé de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la RdC, a été limogé par le chef de l’Etat de la RdC .

 

Une sanction qui ne surprend certes pas au regard des derniers événements auxquels l’homme qui soufflait à l’oreille du boss était mêlé. Mais une sanction qui étonne par son ampleur et sa brutalité, tant l’homme avait fini par se faire passer pour un intouchable.

 

La dernière bourde de Bifort a été l’étonnante interview qu’il a récemment accordée à l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique. Dont il ressortait non seulement l’incontournabilité de l’homme, mais aussi sa place centrale dans les relations entre la RdC et le Rwanda et, surtout, entre Félix Antoine Tshisekedi et Paul Kagamé.

 

La bourde qu’il ne fallait pas, en réalité, au regard des événements les plus récents entre les deux pays, en raison de la crise du M23 soutenu par le Rwanda et surtout, d’une opinion congolaise très sensible à tout ce qui rappelle de loin ou de près l’arrogance et la nocivité du régime de Kigali.

 

Bifort n’aurait pas dû aller aussi loin, jusqu’à faire croire qu’il était indispensable au cœur du régime, mais aussi et surtout que Kinshasa avait besoin de Kigali pour accroitre sa fréquentabilité auprès des investisseurs, faute d’un carnet d’adresses conséquent. Il est vrai que l’homme ne savait pas s’arrêter alors que tout lui semblait permis, jusqu’à se croire intouchable au cœur du régime. Aveuglé par son succès vrai ou supposé, Fortunat Biselele n’a pas hésité à suggérer dans ses réponses à Jeune Afrique qu’il était ni plus ni moins le faiseur de roi et le bâtisseur des relations pourtant tumultueuses entre Kigali et Kinshasa.

 

Il a surtout oublié que son nom était mal cité dans les affaires les plus louches ayant éclaboussé le régime et fait vaciller sa crédibilité au sein de l’opinion publique, notamment en raison des tripotages dans des dossiers louches comme celui de la Sokimo, avec à la clé un siphonage monumental de près de 20 millions de dollars américains. Les réponses maladroites ou volontaires de l’ex conseiller privé ont fait croire à une certaine opinion qui n’attendait que cette opportunité pour savonner le régime, d’une part que Félix Tshisekedi qui en quémandait auprès de Kagamé n’avait pas de carnet d’adresses, et d’autre part que le deal avec le Rwanda était une affaire louche traitée en secret pour des besoins privés par Félix Tshisekedi.

 

Interpellé par les services de l’Agence nationale de renseignements (ANR), longuement interrogé, sa résidence perquisitionnée de fond en comble, jusqu’à tomber sur un passeport rwandais en cours de validité, Fortunat Biselele a vu le monde s’écrouler autour de lui comme un vieux château de cartes. L’ironie de l’histoire veut qu’il partage ainsi le sort de l’un de ses rivaux tombé en disgrâce sur un dossier d’un vrai-faux coup d’Etat dont l’opinion attend, toujours, entre barbouzeries où se sont mêlés plusieurs services, étrangers compris, coups bas et rivalités de palais, l’interminable épilogue. Bref, son dossier judiciaire est allé tellement vite qu’après son interrogatoire serré à l’ANR, l’homme a été conduit devant la Cour d’Appel de Kinshasa avant d’être « mappé » à la prison centrale de Makala

Il reste que dans ce pays où rien n’est jamais définitif, où des coupables n’entrent en prison que le temps d’une cure de détente avant d’en sortir encore plus fringant, rien ne dit que le sort qui accable aujourd’hui Fortunat Biselele est définitif, et que demain ou après-demain, il ne sortira pas du tombeau comme Lazare, tant que les différentes affaires qui pèsent sur lui n’auront pas été clarifiées. Enfin, rien ne dit que pour s’être retrouvé au mauvais moment au mauvais endroit, Bifort n’est pas en train de payer ses maladresses, son arrogance et son omnipotence. D’autant que sa disgrâce se conjugue, comme par hasard, avec une sorte de nettoyage par le vide qui s’opère au sein du cabinet de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, jamais venu au moment où l’opinion le réclamait le plus, et qui, sur le tard, pourrait malheureusement ne pas constituer la reprise en mains que chacun de nous attendait depuis longtemps.

 

Mais le malheur qui frappe Biselele Bifor a ceci d’emblématique qu’il constitue un signal fort envoyé au Rwanda de Paul Kagamé dont il était très proche la rébellion du RCD, ayant par la suite réussi, comme un brillant homme de l’ombre, à infiltrer aussi bien le PPRD de Joseph Kabila, pour les besoins de la cause, que l’Udps sur la voie de son triomphe historique de 2019.

 

De l’or de la rupture

 

Ce n’est donc pas un simple fait du hasard si l’affaire Biselele enregistre un tournant historique au moment où la RdC enterre définitivement son deal sur l’or congolais avec le Rwanda de Paul Kagamé. Désormais, les affaires dans ce secteur vont se conclure avec les Emirats Arabes Unis à travers la société Primeira Gold de droit dubaïote. .

 

Afin de marquer la solennité de l’événement et de tourner définitivement la page des affaires plus ou moins ambiguës avec le Rwanda, Félix Tshisekedi a personnellement participé vendredi 13 janvier 2023 à la Cité de l’Union Africaine, à la première transaction officielle entre la RdC et ses partenaires des Emirats Arabes Unis. Cette transaction concerne l’or d’exploitation artisanale en provenance de l’Est de la RdC, justement cette partie en proie aux turbulences répétitives causées par le M23 soutenu par le Rwanda, ainsi que vient de le démontrer le dernier rapport en date des experts de l’ONU.

 

 

Le président de la république a profité de cette occasion pour lever toute équivoque en mettant les points sur les i. « Ma vision, a-t-il expliqué, c’est faire profiter d’abord à la RDC et à son peuple les ressources naturelles se trouvant dans le sous-sol de ce pays. J’ai toujours mis un accent particulier sur le fait que nos ressources naturelles plutôt que de garantir notre bonheur n’ont jusqu’ici constitué que la raison de nos malheurs ».

 

 

Le chef de l’Etat a poursuivi en précisant ce qu’était sa démarche dans le partenariat avec le Rwanda : « Par la cérémonie de ce jour, nous venons d’ouvrir une nouvelle page que j’espère glorieuse et pleine de bonheur pour notre pays et son peuple. C’est exactement ce genre de partenariat que j’avais recherché avec les voisins pour mettre fin au trafic lié à la contrebande de nos minerais et pouvoir les faire bénéficier à nos populations respectives en créant cette chaîne de valeur ».
« Malheureusement, je n’ai pas été entendu, a déploré Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Certains de nos voisins ont préféré continuer à emprunter le chemin parsemé d’embûches et du sang de nos compatriotes. J’ai donc décidé de mettre fin à tous les niveaux en usant de toutes les voies : diplomatique, commerciale et militaire. Je suis convaincu qu’on finira par avoir raison parce que nous sommes dans le droit chemin ».

 

 

Le chef de l’Etat évoquait le protocole de coopération entre la société aurifère du Kivu et du Maniema (SAKIMA SA) et la société rwandaise DITHER LTD signé en juin 2021. Le président de la république avait suspendu ce partenariat une près d’une année après comme mesure de rétorsion à l’agression du M23 soutenu par le Rwanda. L’un des objectifs de ce protocole était de priver les groupes armés des revenus provenant de la filière aurifère. A l’époque, Kinshasa était d’accord que l’or congolais extrait par Sakima soit raffiné au Rwanda.
Le partenariat entre la RDC et les Emirats arabes Unis a été signé le 10 décembre 2022 dans l’objectif de lutter contre la fraude minière. De ce contrat sont nées deux sociétés dont Primera Gold DRC (or) et Primera Metals DRC (3 T : Étain, Tungstène, Tantale).

 

 

Le président de la république a dit espérer que Primera Gold deviendra un fleuron de l’économie congolaise et un modèle pour le secteur : « Nous voulons faire de cet exemple la preuve qu’au Congo on peut travailler en partenariat avec tout le monde dans un partenariat gagnant-gagnant ».

 

 

KGM/Journal L’Horizon 

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Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil

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L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.

Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.

Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.

Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.

Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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