Société
CICR/RD Congo : 83 enfants séparés par les conflits armés enfin réunis avec leurs proches
Le CICR, en collaboration avec la Croix-Rouge de la RDC, a facilité, les 6, 7 et 8 juillet 2022, la réunification de 83 enfants âgés de 5 à 19 ans avec leurs proches. Ils avaient été séparés par les conflits armés et les violences dans le sud-est de la RDC.
A la suite de violents combats entre l’armée congolaise et le Mouvement du 23 mars (M23) dans le territoire de Rutshuru, dans l’est de la République démocratique du Congo (RD Congo), de nombreuses personnes demeurent sans nouvelles de leurs proches dont elles ont perdu la trace. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est préoccupé par un nombre croissant de demandes de recherche des membres de familles dispersés, tant au niveau de la RD Congo qu’en Ouganda.
« A ce jour, les équipes de la Croix-Rouge basées en Ouganda et en RDC indiquent que près de 800 enfants sont séparés de leur famille à la suite du regain de violence dans le territoire du Rutshuru », déplore Roman Machover, responsable des programmes et prévention pour le CICR en RDC.
Depuis le 28 mars 2022, les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et le M23 ont entrainé d’importants déplacements de populations aussi bien en RDC que vers les pays limitrophes, notamment l’Ouganda.
Selon le Cluster Protection du Nord-Kivu, une structure qui regroupe différents acteurs humanitaires opérant dans la protection de la population civile dans cette province, environ 1 000 familles se sont déplacées à l’intérieur du pays vers Kabindi, Rugabo et Rutshuru centre alors que 4 000 autres ont trouvé refuge en Ouganda.
Cabines téléphoniques de l’espoir
Le CICR et la Croix-Rouge de la RD Congo ont mis en place un dispositif de réponse qui permet d’offrir des appels téléphoniques gratuits aux personnes déplacées et séparées de leurs proches. Les volontaires de la Croix-Rouge ont dû faire preuve d’agilité pour poursuivre leur travail car eux aussi ont été déplacés à cause des affrontements.
Les déplacés n’ont souvent pas les moyens de s’acheter du crédit pour passer des appels. « Cela fait deux semaines que j’ai perdu le contact avec mon frère. Les tirs qui retentissaient nous avaient poussé à fuir dans tous les sens, dans la précipitation », raconte Irakiza Musafiri, réfugiée à Kanyaruchinya.
L’engouement pour les cabines téléphoniques, porteuses d’espoir et tenues par la Croix-Rouge de la RDC, est perceptible. « Chaque jour, plus de 100 personnes passent des appels. Ce sont généralement des parents qui cherchent à localiser leurs enfants à travers des proches. », affirme Theonest Bitakuya, volontaire de la Croix-Rouge de la RD Congo.
En Ouganda, de l’autre côté de la frontière, ils sont aussi plusieurs milliers de réfugiés à rechercher leurs proches restés au Congo ou dans d’autres camps de réfugiés comme celui de Nakivalé, Kyaka ou Rwamwanja.
Depuis le début de la crise, une vingtaine de collaborateurs de la Croix-Rouge ougandaise et du CICR ont été mobilisés afin de les aider à trouver des réponses.
Suite à l’intensification des combats en juin 2022, une grande partie des déplacés a préféré rester au centre d’accueil et de transit de Nyakabande ou au sein de communautés d’accueil, non loin de la frontière, espérant pouvoir rentrer dès que la situation sécuritaire le permet.
Depuis mars, plus de 4088 appels gratuits ont ainsi pu être émis par les réfugiés pour 2210 appels positifs, tandis que 155 enfants non-accompagnés ont pu être réunifiés avec leurs parents.
En raison de l’augmentation du nombre de réfugiés dans les communautés d’accueil, proches de la frontière, la Croix-Rouge ougandaise et le CICR essaient d’avoir le soutien des autorités en vue d’étendre ce service d’appels téléphoniques.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Société
Inondations à Selembao : à Petit Pont, des habitants abandonnés face à la colère de la rivière Makelele
Dans la commune de Selembao, précisément sur l’Arrêt Petit Pont, non loin de la prison centrale de Makala, la détresse des habitants est palpable. Après une descente sur le terrain, le constat est alarmant : plusieurs avenues, dont Masimango, Kitoko, Kinkole, etc sont régulièrement submergées à la moindre pluie. Des quartiers entiers vivent désormais au rythme des inondations, sans assistance visible des autorités, dans une commune pourtant située à proximité immédiate du centre-ville de Kinshasa.
Au cœur de cette catastrophe récurrente, la rivière Makelele. Lorsqu’elle gonfle, ses eaux débordent et envahissent les habitations environnantes, transformant rues et parcelles en véritables cours d’eau. Sur l’avenue Kitoko, au moins trois parcelles situées en aval ont été totalement abandonnées. Les familles qui y vivaient ont fui depuis les grandes inondations de 2025, laissant derrière elles des maisons englouties, des biens perdus et des vies brisées. Ceux qui sont restés vivent dans une peur permanente, chaque pluie annonçant de nouveaux dégâts.
Plus inquiétant encore, les habitants rapportent avoir subi des inondations même en l’absence de pluie locale. Le mardi dernier, alors qu’aucune précipitation n’était enregistrée à Selembao, les quartiers ont pourtant été submergés. Selon les riverains, les eaux de ruissellement provenant de communes voisines comme Ngaliema, après des pluies vers Delvaux ou UPN, convergent vers leur zone, aggravant une situation déjà critique. Un phénomène qui met en lumière l’absence d’un système de drainage efficace et coordonné à l’échelle de la ville.
Sur place, les avenues sont jonchées de boue, de déchets et de maisons abandonnées. Des familles ont été dispersées, certaines contraintes de quitter définitivement leurs domiciles faute de solutions. Les habitants dénoncent l’absence totale de curage des caniveaux, de travaux d’assainissement ou de descentes officielles depuis plus d’une année. « Nous sommes livrés à nous-mêmes », confient-ils, amers, se demandant si les autorités qu’ils ont élues se souviennent encore de leur existence.
Face à cette situation, la population de Selembao lance un appel pressant au gouvernement provincial et aux autorités urbaines. Elle réclame des actions concrètes et urgentes pour mettre fin à ce cycle de désolation : curage de la rivière Makelele, réhabilitation des avenues, aménagement des canaux de drainage et assistance aux sinistrés.
Dorcas Mwavita
