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Christelle Ngoy Kasanji recherchée : l’ex gouverneur tente de sauver la tête de sa fille
L’ancien gouverneur du Kasaï Oriental, Alphonse Ngoyi Kasanji, a plaidé pour la non poursuite de sa fille qui aurait agi sous le « choc » et avec émotion en apprenant l’humiliation subie par son père. » Elle n’était pas sur le lieu de l’événement… », a-t-il justifié sur Top Congo FM.
En effet, sa fille, la députée provinciale Bukumbabu Ngoyi Christelle, serait en cavale depuis qu’elle a publiquement tancé la première dame de la RDC Denise Nyakeru. C’est ce qui ressort d’un avis de recherche émis par le parquet général près le tribunal de grande instance de Kinshasa Matete, daté du lundi 17 août et qui circule déjà sur la toile.
D’après cette corresponce adressée à l’inspecteur en chef et chef de brigade criminelle de Kinshasa/Matete, le procureur général Sylvain Kaluila Muana instruit l’inspecteur en chef de la brigade d’entreprendre « d’intenses recherches » en vue de retrouver la députée provinciale.
La correspondance signifie que « l’intéressee est poursuivie du chef d’offense au chef de l’État et instruit de l’arrêter et l’amener manu militari.
La députée Ngoyi Christelle s’est rendue coupable par des injures copieuses envers la première dame Denise Nyakeru.
Dans une vidéo mise sur la toile, la fille de Ngoy Kasanji s’en est prise véhément à Denise Nyakeru, la traitant notamment d’une femme pas spéciale, et que, elle aussi, grâce à sa beauté, peut devenir première dame en RDC.
Dans une deuxième vidéo diffusée ce mardi, Christelle NGOYI a présenté ses excuses à Denise Nyakeru qu’elle a affectueusement et respectueusement appelée « maman », reconnaissant son forfait. Elle a expliqué qu’elle a été emportée par la colère et la panique à la suite de la situation qu’a vécu son père.
Émile YIMBU/CONGOPROFOND.NET
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Triangle de Bermudes budgétaire : Réformes, diplomatie et turbulences, qui perd le Nord ?
Le début de l’année 2026 devait consacrer la symphonie parfaite d’un trio gouvernemental rodé. Mais les chiffres tombés en janvier ont la dureté d’une taupe : 1.037,5 milliards de CDF de déficit, un trou de 350 milliards plus profond que prévu. Face à cette contre-performance, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se ruer vers le marché financier local pour émettre des bons du Trésor.
Dans ce triangle des Bermudes budgétaire formé par Adolphe Muzito (VPM Budget), Daniel Mukoko Samba (VPM Économie) et Doudou Fwamba (Ministre des Finances), l’heure n’est plus aux discours de façade. L’un d’eux tire visiblement en travers, et l’attelage tousse dangereusement. Adolphe Muzito incarne la rigueur budgétaire affichée. Il a réuni les partenaires techniques et financiers, promis un budget crédible et soutenable, et orchestré l’adoption d’un budget 2026 en équilibre à 54.335,7 milliards de CDF.
Sur le papier, il coche toutes les cases de l’orthodoxie financière. Mais cette discipline a un revers : le budget qu’il présente est un château de cartes si les recettes ne suivent pas. Or, janvier 2026 montre que les recettes n’ont atteint que 86% des prévisions. Adolphe Muzito n’est pas le problème, mais il est le premier à pâtir des faiblesses structurelles. Il construit de belles maisons sur des fondations qui s’effritent, et ses projections trop optimistes fragilisent son rôle de projectionniste.
Daniel Mukoko Samba, lui, joue dans la cour des grands. Son terrain de jeu, c’est Washington, les accords américains, et la diversification des partenaires pour sortir de l’emprise chinoise. Sa métaphore est élégante : “Sur un vélo, il faut deux pieds pour pédaler : l’économie et la sécurité”. Grâce à lui, la RDC tente de réussir le pari d’utiliser ses minerais stratégiques pour attirer les investissements américains. Mais pendant qu’il pédale sur le vélo de la diplomatie économique, la selle craque sous les réalités quotidiennes.
Le trou de janvier est là pour le rappeler : les caisses sont vides aujourd’hui. Le décalage est saisissant entre la hauteur de vue de ses annonces internationales et l’incapacité du pays à boucler ses fins de mois. Reste Doudou Fwamba, dont le portefeuille est le plus exposé. Il est aux commandes de la trésorerie, du paiement des dépenses, et de la régulation financière. C’est lui le réparateur qui doit actionner les leviers de l’endettement intérieur via les bons du Trésor pour combler les déficits.
Sur le fond, il tente des réformes courageuses, comme la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Mais les réformes de structure ne rattrapent pas un déficit de recettes. Le recours aux bons du Trésor, loin d’être un signe de bonne santé, est l’aveu d’une faiblesse : l’État n’a plus d’argent et doit puiser sur le marché financier local, asséchant le crédit disponible pour le secteur privé. Aujourd’hui, Fwamba est le plus fragilisé.
Il incarne la douleur immédiate, le pompier arrivé après l’incendie. Dans ce trio, si l’un d’eux ne produit pas les résultats escomptés, c’est bien celui qui est incapable de sécuriser la trésorerie au jour le jour. Mais attention : le véritable problème réside dans l’incapacité collective momentanée et peut-être à transformer les promesses de réformes et les accords internationaux en liquidités immédiatement disponibles dans les caisses de l’État.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
