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Cathérine Renouard Kivouvou : « Le Lari est officiellement la 3ème langue véhiculaire au Congo »
Cathérine Renouard Kivouvou est une femme française qui a soutenu une thèse sur lexicographie et lexicologie africaine en langue Lari de Congo Brazzaville.
Docteur en langues spécialisées, elle évoque dans cet entretien qu’elle a accordé à CONGOPROFOND.NET, les raisons d’avoir choisi cette langue pour laquelle elle envisage faire un dictionnaire Lari-Français, Français-Lari.
CONGOPROFOND.NET: Pourquoi avoir soutenu une thèse en Lari, un dialecte tiré du Kongo ?
Catherine Renouard Kivouvou: Si j’ai soutenu une thèse sur la langue lari, c’est parce que le Lari est officiellement la troisième langue véhiculaire au Congo. Cette langue qui a 1 million de locuteurs sur quatre millions de Congolais. Mais il y a très peu d’étude sur son vocabulaire. Il y a une thèse de doctorat faite par André Jaco, mais elle parlait de la morphologie et de la phonétique lari. Nullement du vocabulaire. Moi j’ai donc travaillé sur ce qu’il n’avait pas fait : le vocabulaire lari, c’est-à-dire l’étude des mots, de leur utilisation et des familles de mots.
CONGOPROFOND.NET: L’enjeu au fond c’est lequel ?
C. R. K : L’enjeu c’est de passer de l’oral à l’écrit. C’est-à-dire d’écrire les règles de fonctionnement grammatical et d’expliquer aussi l’origine des mots : pourquoi leur utilisation comme ça, pas autrement ; pourquoi les Laris parlent-t-ils comme ça.
CONGOPROFOND. NET : Quand vous soutenez une telle thèse, avez-vous des bases en lari?
C.R.K: Au départ je n’avais pas de base, mais au fur et à mesure, je les ai acquises en étudiant la seule grammaire qui existe, mais faite par un non professionnel. Puisqu’elle a été faite par un père de la communauté des pères du Saint-Esprit qui est le père Chobe. C’est là-dessus que je me suis basé en premier et sur le lexique d’André Jaco qui, lui, a fait la thèse de morphologie et de phonologie sur le Lari. Vous comprenez que c’est une langue suffisamment parlée pour qu’on s’y intéresse sérieusement et de façon scientifique. Et il y a des bases de travail pour le faire dans les archives des pères du Saint-Esprit. On a retrouvé des brouillons des dictionnaires mais qui n’ont jamais été terminés. On a donc une matière tout à fait sérieuse pour faire non seulement une thèse, mais suivie d’un dictionnaire Lari-Français, Français-Lari. Et aussi une grammaire.
CONGOPROFOND.NET : La langue pour laquelle vous entreprenez toute cette entreprise est une langue tirée de la langue-mère qu’est le Kongo. C’est une séparation du Lari d’avec le Kongo que vous aviez voulue faire?
C.R.K: Effectivement, le Lari fait partie des langues bantoues à base kikongo; de la catégorie H faite par Malcom Lutry. Mais ce qui est intéressant c’est que le Lari est entrain de se séparer de sa mère, la langue Kongo, et commence à vivre sa vie de langue vivante. Puisque des décisions ont été prises notamment dans la création de la Bible 2007, il y a des créations grammaticales qui ont été faites au niveau des verbes, des simplifications qui montrent que le Lari veut être une langue moderne, elle veut donc être une langue de son temps c’est-à-dire, de notre siècle, le vingt-unième et qui cherche des solutions pour être accessible à un plus grand de locuteurs. Il est important de savoir comment ça se passe, de savoir quelle est la solution que cette langue a trouvée pour se simplifier afin de devenir très accessible.
CONGOPROFOND.NET : Vous vous arrêtez là où il y a une suite à donner à cette entreprise ?
C.R.K : Mon premier projet c’est de faire le dictionnaire Lari-Français qui est déjà amorcé. Puisque j’avais présenté dans ma thèse la lettre B. C’était un avant-gout de ce qui allait suivre. Je fais exprès de ne pas tout présenter parce que certaines lettres présentaient certains problèmes orthographiques que je dois résoudre ou des problèmes de phonétique. Car, dans le Lari au temps l’écriture grammaticale tend vers une région kikongo, au temps la prononciation phonétique tend plutôt vers une région d’appliquée. Il y a quelques sons Batékés qui ont été introduits en Lari qu’on ne retrouve pas absolument en Kikongo. On se rend compte que le Lari parlé est très différent du Lari écrit qui, lui, ressemble plus au Kikongo ancien.
CONGOPROFOND.NET : Pour terminer…
C.R.K : J’espère pouvoir faire finalement non seulement un dictionnaire, mais également une grammaire et puis divulguer les travaux pour que d’autres puissent travailler aussi. J’aimerai ajouter que cette thèse est disponible sur www.these.fr.
Propos recueillis par Achille Schillains, CONGOPROFOND.NET/ Correspondant à Brazzaville
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Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique
Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers
Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.
À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.
Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.
Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.
Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.
Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.
Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.
Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.
Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.
À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
