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Cartes visa : Kikaya, Matenda, Minaku, She Okitundu, etc., parmi les 34 pilleurs démasqués !
Après avoir longtemps nié l’existence des cartes bancaires connectées au Compte général du Trésor logé à la Banque Centrale du Congo, le gouverneur de l’Institut d’émission, Deogratias Mutombo, a fini par lâcher le morceau, sous la double pression de l’opinion publique et du ministre des Finances, Nicolas Kazadi. Au total, il a fait parvenir à la tutelle une liste de 34 « pilleurs » de la République, dont plusieurs personnalités ayant déjà quitté leurs fonctions et une flopée d’individus sans titres ni qualités.
D’aucuns pensent que le gouverneur de la BCC a pris soin de ne publier qu’un petit échantillon, afin de conférer un caractère légal aux ponctions opérées sur les finances publiques et que la liste serait longue, si l’on en croit des données disponibles du côté de l’Inspection Générale des Finances, qui a découvert le pot aux roses. On retrouve, comme par hasard, parmi les « Kuluna » en cravate, des dignitaires et technocrates du « kabilisme » n’ayant pas bonne presse au sein de l’opinion publique nationale. Il s’agit, sans surprise, des personnalités telles que Augustin Matata Ponyo (ancien Premier ministre), Alexis Thambwe Mwamba (ancien président du Sénat), Raymond Tshibanda (ancien Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Léonard She Okitundu (ancien ministre des Affaires Etrangères), Aubin Minaku (ancien président de l’Assemblée nationale), Barnabé Kikaya Bin Karubi (ancien conseiller diplomatique du Chef de l’Etat honoraire), Athanase Matenda Kyelu (ancien ministre des Finances), Jean –Baptiste Ntahwa (ancien ministre du Budget), Sele Yalaghuli (ancien ministre des Finances), etc.

Pratique illégale
Des experts en matière des finances sont formels : la pratique de connexion des personnes physiques, quelle que puisse être leur qualité, au Compte général du Trésor, est illégale. D’aucuns ont tenté de soutenir qu’elle remontait aux premières années de l’indépendance ainsi que sous le régime de la Deuxième République de Mobutu. Mais cet argumentaire a rapidement été abandonné dès qu’il leur a été fait remarquer que les cartes bancaires électroniques sont de récente création.
Pour le cas sous examen, leur entrée en application est curieusement intervenue sous le mandat d’Augustin Matata à la Primature, autour de 2013.
S’agissant de leur motivation, à savoir la mise à disposition de leurs bénéficiaires des facilités de paiement « cash » dans l’exercice de leurs missions à l’étranger, l’on continue de s’interroger sur les « prolongations » accordées aux personnalités ayant continué à utiliser ces cartes bancaires plusieurs années après avoir quitté leurs fonctions. L’autre interrogation, tout aussi pertinente, porte sur la présence, sur la liste du gouverneur de la Banque Centrale du Congo, des individus n’exerçant aucune fonction ou mission officielle.
L’on se demande aussi l’opportunité d’approvisionner des comptes des animateurs des institutions de la République dès lors que leurs séjours à l’étranger sont couverts non seulement par des frais de mission, mais aussi par des « invisibles » en espèces destinés aux imprévus. Bref, rien ne justifie l’octroi des cartes bancaires aux tiers pour des missions, réceptions ou contacts en dehors du pays.
La thèse de la maffia d’Etat confirmée
Ainsi que peut le constater tout observateur averti, une maffia d’Etat s’est installée dans les rouages des finances publiques en RDC, par le biais d’innocentes cartes bancaires qui avaient tout l’air d’outils d’utilité publique, alors qu’il s’agissait, en réalité, d’instruments de pillage des fonds publics. N’eut été la chaude alerte de l’Inspection Générale des Finances, accueillie avec des flèches empoisonnées par les mafiosi, leurs parrains et supporters, les finances publiques allaient continuer d’être ponctionnées dans une vaste complicité du silence.
C’est le lieu d’exiger, au-delà de la décision du ministre des Finances de désactiver toutes les cartes bancaires de malheur, la reconstitution de la liste exhaustive de tous ceux qui ont impunément alourdi les dépenses publiques et le transfert de leurs dossiers à la justice.
Kimp/Le Phare
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Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats
L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.
Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.
D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées
Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.
Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.
En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.
Entre interrogations et attentes
L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.
Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.
Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET
