Politique
Cap vers le budget-programme : Aimé Boji Sangara déterminé à asseoir le dispositif de la performance publique
Les actions entreprises par le Gouvernement SUMINWA s’inscrivent notamment en droite ligne de l’application des dispositions de la loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques, laquelle instaure une budgétisation fondée sur la logique des résultats au moyen de budget-programme.
La feuille de route relative à la migration vers le budget programme préconise un processus de migration progressif au regard du caractère complexe des innovations qui en découlent. Ceci étant, vingt Ministères pilotes éligibles à la mise en place du budget-programme ont été retenus pour leur accompagnement en vue de présenter leurs prévisions budgétaires de l’exercice 2025.
C’est dans ce cadre que le Ministre d’Etat, Ministre du Budget, Aimé BOJI SANGARA, a lancé les travaux de conférences de performance pour l’élaboration de Projet Annuel de Performance exercice 2025. Ces assises se tiennent à l’Ecole Nationale des Finances (ENF), sous les auspices de la Direction Générale Développement et Suivi des Performances du 11 au 24 juillet.
En effet, Les conférences de performance constituent une étape primordiale du processus annuel d’élaboration du Budget de l’Etat et constituent des tribunes d’analyses de la performance et de concertation entre les différents acteurs budgétaires pour l’évaluation des politiques publiques et l’orientation des choix budgétaires pour une meilleure projection des enveloppes de l’exercice n+1.
Ils sont donc le cadre propice de la mise en œuvre de la gestion axée sur les résultats. A ce titre, le Ministre d’Etat, Ministre du budget a tenu à saluer la détermination du chef de l’Etat en ces termes : « Je voudrais également profiter de cette occasion pour rendre un vibrant hommage à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Felix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO de sa ferme détermination de faire basculer progressivement la gestion de l’action de l’Etat vers une gestion axée sur les résultats. », a dit le Ministre d’Etat, Ministre du Budget dans son discours.
Les cadres d’échanges, de débats et de discussions consensuels qu’offrent les conférences de performances permettent de passer en revue, au niveau de chaque ministère retenu, les priorités, les activités, les actions, les objectifs, les indicateurs de performance et les cibles de résultats, d’une part, et de formuler des propositions d’amélioration des choix budgétaires, d’autre part, afin d’opérer les ajustements nécessaires.
« C’est ici le lieu pour moi de louer les efforts consentis par l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus visant à asseoir le dispositif de la performance publique dans notre pays, pour le travail déjà accompli et pour leur détermination à travailler au profit du parachèvement de l’instauration de la démarche de performance au sein de nos administrations publiques. », a poursuivi Aimé BOJI.
Pour conclure, le patron du Budget a assuré de son soutien indéfectible à ces assises et appelle toutes les parties prenantes à ces travaux techniques à déployer les efforts nécessaires en vue d’atteindre les objectifs escomptés.
Pour rappel, les conférences de performance sont instituées par le Décret n° 22/37 du 29 octobre 2022 portant gouvernance budgétaire. Ils vont concerner pour cette année les Ministères ci-après :
(1) Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale ; (2) Développement Rural, (3) Education Nationale et Nouvelle Citoyenneté ; (4) Infrastructures et Travaux Publics ; (5) Défense Nationale et Anciens Combattants ; (6) Pêche et Elevage ; (7) Agriculture et Sécurité alimentaire ; (8) Enseignement Supérieur et Universitaire ; (9) Environnement et Développement Durable ; (10) Transport et Voies de Communication ; (11) Industrie, PME ; (12) Ressources Hydrauliques et Electricité ; (13) Urbanisme et Habitat ; (14) Recherche Scientifique et Innovation Technologique; (15) Droits Humains ; (16) Genre, Famille et Enfant ; (17) Commerce Extérieur ; (18) Affaires Foncières ; (19) Formation Professionnelle et Métiers ; et (20) Tourisme.
Il a conclu son allocution en insistant auprès des participants aux travaux en commission sur la nécessité de ressortir dans le PAP 2025, d’une part, les indicateurs de performances en lien avec la politique CLIMAT et la politique GENRE et, d’autre part, les impacts socio-économiques des politiques publiques de 20 ministères concernés par les Conférences de performance.
Prenant la Parole, le secrétaire général au Budget, a félicité le Ministre d’Etat, Ministre du Budget pour avoir imprimé au sein de Ministères et Institutions, la notion de Performance comme une culture politique et financière dont le fondement repose sur l’obligation de résultat à partir des indicateurs et des objectifs. Il a invité les participants à manifester leur intérêt et considération tout le long de ces assises dont les lampions vont éclairer le processus et ainsi, nous mettrons à la disposition de notre pays les instruments actifs et appropriés pour l’application des principes de la migration du Budget de Moyens vers le Budget-programme.
Le secrétaire exécutif du COREF de sa part, a démontré que l’organisation de ces conférences de performance s’inscrit dans le respect du calendrier budgétaire qui est un facteur de la stabilité du processus budgétaire dans la chaine de planification stratégique. Le COREF se réjouit de l’appui logistique de la Banque mondiale à travers le Projet ENCORE pour l’organisation de ces conférences de performances qui est un cadre formel des rencontres techniques entre la Direction Générale Développement et Suivi de Performance et l’ensemble de services compètent de tous les ministères et institutions conviés à cet exercice.
Pour clore ses propos, il a rappelé que les conférences de performances portent sur l’examen des projets annuels de performances qui est un document constitutif du cadre d’engagement de responsables politiques et managers des politiques publiques en vue de justifier les ressources leur allouées par l’Etat pour atteinte des objectifs préalablement fixés et suivis au moyen des indicateurs des performances.
La journée s’est poursuivi avec différentes exposées et débat avec les Experts du Ministère du Budget autour des thèmes :
– Le rôle des conférences de performances dans la gestion des politiques publiques dans le cadre de budget- programme
– Système de suivi de performance, importance et nécessité des conférences de performance
– Budgétisation en mode programme et les outils de la gestion de performances des politiques publiques et l’organisation des dialogues de gestion.
La journée d’ouverture s’est clôturée sous la grande satisfaction des participants qui sont déterminés à produire un travail de qualité.
Sergine Rehema
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
