Infrastructures
Butembo : Le député Mbindule Crispin lance les travaux de l’église catholique du sous-secteur Vulindi
Le député national Mbindule Mitondo Crispin a lancé ce lundi 2 février 2026, les travaux de l’église catholique du sous-secteur Vulindi en paroisse de Kitatumba.Peu avant ce lancement des travaux, le curé de cette paroisse, Père Jean-Baptiste Katheheruka, a remercié l’élu de Butembo pour ce soutien matériel en faveur de l’église et toutes ses interventions resteront gravées dans leurs cœurs des bénéficiaires avant d’indiquer que la construction de cette église est un besoin.
« Vos interventions financières et matérielles resteront gravées à jamais dans nos cœurs.Avec une joie renouvellée, nous avons encore appris que vous avez promis construire une église pour les chrétiens de Vulindi et c’est la raison de notre présence aujourd’hui à ce lieu.Effectivement, la construction de cette église est un besoin et un projet des longues années, voici que ce rêve se réalise aujourd’hui grâce à vous« , a-t-il déclaré.
L’élu de Butembo a de son côté, salué les efforts des chrétiens pour l’acquisition de la parcelle pour la construction de la chapelle avant de les inviter à unir leurs forces ensemble avec lui pour l’aboutissement des travaux de cette bâtisse de Dieu.
« Je dis de mettre les efforts ensemble pour commencer la construction de l’eglise, nous savons comment les travaux de construction se déroulent.Soyons unis et nous allons les achever petit à petit.J’ai pas beaucoup à dire si ce n’est que remercier l’église et les fidèles pour l’acquisition de cette parcelle pour la construction de la chapelle« , a laisser entendre le député national Mbindule Mitondo Crispin, avant de procéder à la pose de la première pierre pour lancer officiellement les travaux de construction de l’église du sous-secteur catholique de Vulindi.
Cette église aura une capacité d’accueille de 1500 personnes et les travaux qui vont durer 15 mois, seront exécutés par l’entreprise de construction Majengo Compagny Express, a-t-on appris.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Pénombre africaine face à l’étincelle congolaise : Le paradoxe de « Satonge » au carrefour de l’ODD 7 ( Tribune de Aldo Kamwanga, membre du Think Tank national CEVIST, Cedrhyc et international CARPEM)
Le rapport AFREC 2025 vient de paraître, couvrant la période charnière 2017-2023. Entre un bond spectaculaire de la desserte en RDC porté par les dynamiques nationales et le surplace relatif du continent, l’expert Aldo Kamwanga analyse ce « monstre » de paradoxes qui hante notre secteur énergétique.

Le document était attendu : l’AFREC (Commission africaine de l’énergie) a enfin mis à la disposition du public son bilan d’étape. En tant qu’organe technique spécialisé de l’Union africaine (UA), l’AFREC assure la coordination des politiques énergétiques et la validation des statistiques des 55 États membres. Son rôle est déterminant pour mesurer le chemin restant vers l’Objectif de Développement Durable n°7 (ODD 7) : un accès universel à une énergie abordable et durable d’ici 2030.
Pour l’observateur, les données révèlent une similitude troublante avec Satonge, ce personnage des légendes de Kinshasa : mi-homme mi-monstre, possédant un seul œil et une seule jambe. Une image saisissante de notre secteur : un géant qui voit grand, mais dont la marche est entravée par des déséquilibres structurels mondiaux.
L’étincelle congolaise : Un élan à confirmer
92 %. C’est le taux d’accès mondial à l’électricité mis en perspective par l’AFREC. Ce succès planétaire masque une fracture géographique : l’Afrique subsaharienne concentre désormais environ 559 millions de personnes sans accès, soit plus de 80 % du déficit mondial, contre 50 % il y a dix ans.
Pourtant, une lueur jaillit de Kinshasa.
Le rapport confirme une accélération majeure : en RDC, la proportion de la population ayant accès à l’électricité a plus que doubler en moins de dix ans. Cette performance contraste avec la moyenne de l’Afrique Centrale, qui stagne à 28 %. Cette « musculation » de la jambe de Satonge est le fruit de réformes structurelles courageuses.
Toutefois, la rigueur analytique impose une nuance : si la « desserte » progresse statistiquement, le défi de la stabilité du réseau demeure la prochaine frontière, une course contre la montre que le leadership national mène de front avec détermination.
Le Mythe du Marché face au mur du Capital
L’AFREC déconstruit le mythe du « marché » providentiel. Nous vivons une rupture de paradigme : le passage d’une économie de « flux » (brûler de la biomasse traditionnelle, responsable de 500 000 décès prématurés par an en Afrique) à une économie de capital. Comme je l’analysais déjà lors de la mutation des majors pétrolières, les fondamentaux ne changent pas : l’énergie moderne est une question d’infrastructure lourde.
Pour la RDC, le paradoxe est alimenté par les rigidités du marché mondial : alors que le pays fournit les minerais critiques essentiels à la transition globale, l’accès aux financements pour ses propres infrastructures reste entravé par une architecture financière internationale inadaptée. Il s’agit désormais d’ajuster cette architecture pour favoriser une synergie réelle entre l’extraction des ressources critiques et le développement des capacités énergétiques nationales. Le rôle central de la RDC invite à repenser les flux de capitaux : relever les défis du financement des grands projets hydroélectriques est l’étape clé pour aligner le potentiel industriel du pays avec les objectifs climatiques globaux.
La dette : Le « membre fantôme » de l’efficacité
Le rapport souligne l’urgence du GPL comme combustible de transition. Pour protéger nos forêts, le modèle de l’Afrique du Nord démontre que seule une adoption massive soutenue par l’État permet d’atteindre les cibles de cuisson propre, trop souvent sacrifiées. Ici, la souveraineté passera par une logistique robuste capable d’irriguer le pays profond.
Pourtant, l’injustice est inscrite dans les flux : 83 % des financements vers l’Afrique sont constitués de dettes. On demande à la RDC de résoudre son « trilemme énergétique » avec des chaînes aux chevilles imposées par un système financier qui peine à s’ajuster. Le succès du doublement de la desserte, malgré ce carcan, prouve que la fatalité peut être vaincue lorsque la vision régalienne rencontre une exécution rigoureuse. Satonge est en train de retrouver sa seconde jambe à travers l’action de l’ANSER.
Loin d’être un simple vœu pieux, la mise en œuvre des réformes institutionnelles actuelles tracent la voie d’une véritable renaissance. Le défi n’est plus seulement technique, il est celui d’une fierté retrouvée : transformer notre pays en un pôle de souveraineté énergétique. Si la solidarité internationale doit encore s’ajuster, l’étincelle congolaise, elle, est bien allumée. Le génie africain, debout sur ses deux pieds, n’aura bientôt plus besoin de béquilles pour marcher vers sa destinée.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
