Provinces
Butembo : Des députés provinciaux en concertation avec l’autorité urbaine face à la montée de l’insécurité
Les députés provinciaux Chafi Musitu, élu de la ville de Butembo, et Christian Mafungula, élu de Beni, ont rencontré ce jeudi 13 novembre 2025 l’autorité urbaine de Butembo pour aborder la recrudescence inquiétante de l’insécurité dans la région.
La réunion, tenue à l’hôtel de ville en présence du représentant du maire, M. Bwambale Nyime Gilbert, chef du premier bureau, a permis aux élus d’échanger sur les multiples assassinats qui endeuillent la cité et de proposer des pistes de solution concrètes.
« Après un moment d’échanges avec le délégué du maire, nous avons évoqué la situation sécuritaire marquée par des assassinats à répétition. Nous comptons saisir le Vice-premier ministre de l’Intérieur afin de lui faire part du sous-effectif de la police et du manque de mobilité des agents de l’ordre. Par ailleurs, nous dénonçons la présence de faux Wazalendo qui sèment la terreur, alors que les vrais combattent courageusement à Beni et Lubero pour défendre l’intégrité du territoire », a déclaré Chafi Musitu à la presse à l’issue de la rencontre.
Cette initiative intervient dans un contexte particulièrement tendu, après la mort tragique d’une étudiante de l’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM/Butembo), tuée par balles lors d’une altercation entre deux factions de Wazalendo à MTB/Musimba, en territoire de Lubero, le mercredi 12 novembre 2025 vers 17 heures.
Ce drame a provoqué une vague d’indignation dans le milieu académique, entraînant la suspension des cours dans plusieurs institutions supérieures et universitaires, suite à un communiqué de la Représentation des Étudiants du Congo (REC/Butembo-Lubero).
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Lubero sous emprise : La population civile prise au piège du système “Bebesha” imposé par le M23
Dans les zones sous contrôle de la rébellion du M23, au nord de la province du Nord-Kivu, des milliers de civils vivent une réalité alarmante. Entre exploitation forcée, isolement géographique et crise économique, le territoire de Lubero s’enfonce dans une spirale de précarité et de désespoir.

Un système d’exploitation baptisé “Bebesha”
Dans plusieurs entités du territoire de Lubero passées sous contrôle des rebelles du M23, un système informel, connu localement sous le nom de “Bebesha”, s’est installé. Ce mécanisme impose aux populations civiles de participer activement à la logistique des combattants.
Dans ces zones enclavées, souvent dépourvues de routes praticables et accessibles uniquement par de petits sentiers, les habitants sont contraints de transporter à dos d’homme des charges lourdes : vivres, munitions et équipements militaires. Une tâche pénible, répétitive et imposée, qui pèse lourdement sur des communautés déjà fragilisées.
Des villages isolés et soumis
Plusieurs localités sont particulièrement touchées par cette situation, notamment Bunyatenge, Hutwe, Musiya, Pitakongo, Kateku, Ngekeni, Vyanze ou encore Luhanga. Dans ces villages, l’absence d’infrastructures routières renforce l’isolement et facilite le contrôle exercé par les groupes armés.
Les civils, privés d’alternatives, deviennent ainsi une main-d’œuvre contrainte, exposée à des conditions de vie extrêmement difficiles. Le manque de liberté de mouvement et la peur permanente accentuent leur vulnérabilité.
Une population à bout de souffle
La pression exercée sur les habitants de ces entités ne cesse de croître. Entre travaux forcés, insécurité persistante et absence de services de base, la population vit dans une précarité extrême.
Les témoignages évoquent une fatigue généralisée et un sentiment d’abandon. Les familles peinent à subvenir à leurs propres besoins, alors même qu’elles sont contraintes de soutenir l’effort logistique des rebelles.
Une crise économique aggravée par le conflit
À cette situation humanitaire déjà critique s’ajoute une crise monétaire locale. Le conflit perturbe les circuits économiques traditionnels, raréfie les ressources et accentue la pauvreté.
L’absence d’activités génératrices de revenus, combinée à l’instabilité sécuritaire, empêche toute perspective de développement durable. Les marchés fonctionnent au ralenti, et le pouvoir d’achat des ménages s’effondre.
Entre désespoir et absence d’avenir
Dans les zones sous contrôle du M23 à Lubero, l’espoir semble s’éloigner chaque jour davantage. Les populations civiles, prises en étau entre contraintes imposées et manque d’opportunités, vivent dans un climat de désespoir profond.
Sans intervention significative pour restaurer la sécurité, améliorer l’accès et protéger les civils, ces territoires risquent de s’enfoncer durablement dans une crise humanitaire silencieuse, mais aux conséquences dévastatrices.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
