Provinces
Butembo–Lubero : marche pacifique des étudiants pour condamner la mort par balle d’une étudiante et exiger justice
Les étudiants regroupés au sein de la Représentation des Étudiants du Congo (REC/Butembo-Lubero) ont organisé, ce vendredi 14 novembre 2025, une marche pacifique à Butembo pour dénoncer la mort de leur camarade, Kavira Vyaghula Rosette. Partie du rond-point Njiapanda, la procession a traversé le boulevard Joseph Kabila jusqu’à l’hôtel de ville, avec la dépouille de l’étudiante tuée mercredi 12 novembre par un élément Wazalendo près de l’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM/Butembo).
Dans leur mémorandum lu devant l’autorité urbaine, les étudiants ont condamné « un acte ignoble » qu’ils qualifient de grave violation du droit à la vie. « Cet acte posé contre une étudiante sans défense porte un coup fatal à la communauté académique et révèle le niveau d’insécurité qui menace désormais les étudiants de Butembo », a déclaré Isingoma Bahemuka Seth, coordonnateur de la REC/Butembo-Lubero.
Dans le même document, les étudiants formulent plusieurs exigences, notamment :
• l’ouverture d’une enquête judiciaire impartiale, transparente et approfondie afin d’identifier l’auteur du tir mortel ;
• l’arrestation et des sanctions exemplaires à l’encontre du responsable, afin qu’il réponde de ses actes devant la justice ;
• un renforcement de la protection des étudiants et de la sécurisation des sites universitaires ;
• l’éloignement des éléments Wazalendo des environs des institutions supérieures et universitaires ;
• un engagement ferme des autorités à garantir la sécurité académique.
En réceptionnant le mémorandum, le maire de Butembo, le commissaire supérieur Mowa Baeki Telly Roger, a remercié les étudiants pour le caractère pacifique de leur manifestation, tout en déplorant la perte tragique de l’étudiante. Il les a néanmoins appelés à poursuivre le deuil dans le calme et à éviter tout trouble à l’ordre public.
Kavira Vyaghula Rosette avait été atteinte par des balles lors d’une altercation entre deux factions Wazalendo, mercredi 13 novembre 2025, à MTB-Musimba, en territoire de Lubero, alors qu’elle revenait des cours à l’ISTM-Butembo. Après la marche, son corps a été acheminé dans son village natal à Kagheri, en territoire de Lubero, où elle a été inhumée.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET
Actualité
« On veut me salir politiquement ! » : Crispin Mbindule rejette les accusations de soutien aux groupes armés
Le député national Crispin Mbindule rejette fermement les accusations selon lesquelles il entretiendrait des groupes armés dans la région de Butembo, au Nord-Kivu. Face à la presse, l’élu dénonce une campagne de discrédit politique orchestrée, selon lui, pour ternir son image et réduire au silence ses prises de position sur le changement de la Constitution.
Le parlementaire affirme que son engagement auprès des militaires des FARDC et des wazalendo relève uniquement de l’effort de guerre contre les groupes armés et l’agression étrangère dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Lorsque j’achète des vivres pour les militaires FARDC et pour les wazalendo qui sont au front afin qu’ils puissent résister face à l’ennemi, le gouverneur appelle cela un soutien aux milices. C’est totalement faux », a martelé Crispin Mbindule.
Le député rappelle qu’il s’est toujours présenté comme un opposant aux rébellions ayant déstabilisé l’Est du pays, bien avant l’accession du président Félix Tshisekedi au pouvoir. Il considère ainsi son implication actuelle comme un devoir patriotique et légal en tant qu’élu national.
« Aujourd’hui, comme député national, j’ai l’obligation de contribuer à l’effort de guerre. Ce patriotisme ne peut pas être transformé en accusation politique », a-t-il déclaré.
Dans son intervention, Crispin Mbindule est également revenu sur ses anciennes relations avec l’actuel gouverneur militaire du Nord-Kivu. Il évoque notamment leur parcours universitaire commun ainsi que leur militantisme au sein d’une association de jeunes opposés à l’agression rwandaise.
Selon lui, leurs divergences seraient apparues lorsque le gouverneur aurait choisi de rejoindre la rébellion du RCD, alors que lui-même affirme être resté engagé dans la défense de l’intégrité territoriale du pays.
« Ce débat est politique et démocratique, mais il ne doit pas conduire à la persécution des opposants d’opinion », a soutenu l’élu de Butembo.
Très critique envers les méthodes du gouvernorat militaire, Crispin Mbindule appelle les autorités provinciales à privilégier le dialogue démocratique plutôt que « la voie des menaces et des services de renseignements ».
Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
