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Bunia : le général Mbala ordonne le retrait immédiat des militaires et policiers des sites miniers
Arrivé le samedi passé à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, province confrontée à plusieurs défis sécuritaires, le chef d’Etat-major général des FARDC, le général Célestin Mbala, a fait savoir, ce lundi 14 septembre, à l’opinion une série de mesures conjointes urgentes prises par le Chef de l’Etat et le commissaire général de la Police nationale congolaise à l’issue de l’évaluation de la situation sécuritaire. Par l’entremise du porte-parole des FARDC, le général Léon-Richard Kasonga, le chef d’Etat-major de l’armée a déclaré :
- Pour les groupes armés ayant suivi la voix de la raison en signant l’acte d’engagement pour intégrer le DDR, obligation leur est faite, non seulement, de respecter l’autorité de l’Etat, mais surtout d’observer dans leur intégralité, toutes les clauses de l’Acte d’engagement qu’ils ont librement signé.
- A dater de ce 13 septembre 2020, interdiction formelle leur est faite de circuler en armes et de porter la tenue militaire et celle de la police nationale congolaise. Cette interdiction concerne également toute personne étrangère aux forces armées et à la Pnc ou toute personne non revêtue de la qualité de policier ou de militaire ;
- Toute sortie du site de transit est prohibée pour tous les éléments des groupes armés.
- En ce qui concerne les FARDC et les policiers, en vue de renforcer la discipline, toute divagation de militaire ou policier avec arme et en tenue, en dehors des heures de service, n’est pas autorisée. Sauf, pour des raisons de service et moyennant un bulletin de service signé par le commandant de l’unité ;
- En direction des opérateurs économiques installés en RDC, interdiction formelle d’utiliser les militaires et policiers dans leurs installations;
- Retrait immédiat des militaires et policiers commis au gardiennage des sites miniers et unités de production. Toutefois, les opérateurs économiques désireux de bénéficier des services des militaires et des policiers sont tenus d’adresser leurs demandes aux forces armées et à la PNC à ce sujet. Tout opérateur économique qui agirait autrement, s’expose désormais aux poursuites judiciaires;
- A la population de Bunia et de l’Ituri, en général, lançons un appel à la collaboration avec les forces loyales;
- Félicitons la vaillante population de Bunia pour sa vigilance et sa collaboration et l’invitons à appeler aux numéros verts : 0810651178/0973173062/0973173980 ; « Tous ces numéros sont installés au Centre de coordination des opérations de l’Etat-major de la région pour permettre à la population de dénoncer tout cas suspect nécessitant une intervention urgente », a expliqué le général Kasonga.
Somme toute, les FARDC rassurent enfin l’opinion qu’elles restent déterminées à protéger la population de l’Ituri et de Bunia, en particulier, jusqu’au sacrifice suprême, dans le strict respect des droits de l’homme, du droit international humanitaire et des règles d’engagement.
Godefroid Tshombe/CONGOPROFOND.NET
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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »
Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer
Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.
Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.
La société civile hausse le ton
Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.
Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.
Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage
Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.
La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.
Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.
À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.
Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net
